LES ÉTUDES QUÉBÉCOISES
à l'Université du Québec à Trois-Rivières
Des programmes axés sur l’histoire du Québec, dans des perspectives comparatives et interdisciplinaires

Une équipe professorale multidisciplinaire et prestigieuse, dans un environnement dynamique

Étudiants diplômés



Marilyne Caouette, Maitrise en études québécoises (avec mémoire) (2017)

L’affaire Daigle contre Tremblay :  l’avortement comme débat de société à la fin des années 1980

Dir. : Bachand, Marise

Décriminalisé depuis 1988, l’avortement continue pourtant d’être une pratique controversée. À l’été 1989, l’affaire Daigle contre Tremblay déclenche un débat public qui concentre dans un même espace la grande majorité des arguments et des considérations rattachés à l’avortement. Entre le 17 juillet et le 8 août 1989, Chantal Daigle et Jean-Guy Tremblay s’affrontent en Cour afin de déterminer si la jeune femme peut recourir à un avortement après que Jean-Guy Tremblay, père du futur enfant, ait requis une injonction pour l’en empêcher. Le 8 août 1989, les jugements des Cours supérieure et d’appel sont renversés et la Cour suprême du Canada annule l’injonction. Chantal Daigle décide cependant de mettre un terme à sa grossesse avant cette décision ultime en dépit des peines dont elle est passible. Jusqu’à aujourd’hui, la décision de la Cour suprême influence l’encadrement de l’avortement. De façon directe, elle s’est prononcée sur les droits des fœtus et des pères. De façon indirecte, elle a aussi pris position sur les droits des femmes et des mères. Si la littérature scientifique portant sur l’avortement est abondante, le cas Daigle contre Tremblay fait l’objet de peu d’études. Ce mémoire propose d’étudier l’enjeu de l’avortement autrement, soit à travers une étude de cas. L’affaire ayant été amplement médiatisée, les journaux québécois sont principalement mis à profit pour rendre compte des discours d’une grande variété d’intervenants, à commencer par les groupes de pression. Tous ces acteurs permettent de provoquer un débat public qui va au-delà de l’avortement. Les évènements de l’été 1989 se déroulent très rapidement. Les jugements, par exemple, sont rendus en une fraction du temps habituel. Ce mémoire montre que la dynamique des multiples intervenants autour de la grossesse de Chantal Daigle provoque un sentiment d’urgence qui teinte l’ensemble du débat et le transforme en affaire de société.
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Gaston Côté, Doctorat en études québécoises (2017)

Domestiquer le sauvage : chasseurs sportifs et gestion de la grande faune au Québec (1858-2004)

Dir. : Castonguay, Stéphane

Depuis la fin du XIXe siècle, la chasse au Québec fait l’objet d’un encadrement réglementaire avec l’objectif avoué d’assurer la survie à long terme du gibier sauvage. Dans cette thèse, nous montrons qu’en visant la pérennisation des ressources cynégétiques en même temps que leur exploitation intensive, les mesures de gestion faunique et les pratiques de chasse sportive exercent une « action domesticatoire » sur la faune sauvage, depuis les premières lois sur les clubs de chasse et pêche en 1858 à l’adoption du plan de gestion du caribou toundrique en 2004, en passant par la mise sur pied du service de la chasse et des pêcheries en 1883. L’objectif de cette thèse est d’examiner ces changements de rapports à la nature dans la société québécoise. Notre démarche repose sur l’examen des pratiques de chasse sportive et des mesures gouvernementales de gestion faunique, ainsi que sur une étude de l’évolution des populations de gros gibiers.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’épuisement des populations de certaines espèces de grands gibiers et la mise en cause de la chasse de subsistance pour ce déclin présumé des ressources fauniques poussent le gouvernement provincial à légiférer. Des mesures réglementaires mènent à une restriction de l’accès au territoire par la location des droits exclusifs de chasse et de pêche sur les terres publiques au profit de clubs privés dominés par des chasseurs sportifs provenant des élites urbaines. Notre traitement statistique des données contenues dans le registre des clubs et les rapports annuels des ministères concernant les baux sportifs met en lumière les modalités de la participation des chasseurs sportifs résidents et étrangers à ce mode de gestion du territoire dénommé le « système des clubs privés de chasse ». Il expose également comment ce régime instaure une hiérarchie entre les chasseurs sportifs selon leur provenance géographique et, conséquemment, selon leur statut économique. Bien que les chasseurs étrangers bénéficient grandement du mode de location des droits de chasse instauré par le gouvernement québécois, des chasseurs résidents obtiennent un bail pour chasser sur les terres publiques. Toutefois, leur territoire est généralement plus petit que celui auquel accèdent les chasseurs non-résidents. Ces derniers jouissent d’un succès de chasse élevé plus longtemps que ne le font les chasseurs résidents, car ils sont en mesure d’établir une plus faible densité de chasseurs.

Bien qu’une démocratisation de l’accès aux ressources cynégétiques soit en marche depuis le début du XXe siècle et s’accélère au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de chasseurs sportifs résidents n’ont toujours pas accès à un territoire de chasse au début des années 1970. À l’époque, la généralisation de la chasse sportive auprès de la population québécoise mène à une pression de chasse inédite sur les populations de grands gibiers. Cette situation alimente la grogne populaire contre le système des clubs privés et oblige le gouvernement à revoir ses pratiques de gestion faunique qui repose toujours sur le mode de location de droits de chasse instauré dans les années 1880. Le service faunique du gouvernement provincial entreprend alors d’articuler des savoirs en écologie des populations pour assurer la pérennité des ressources cynégétiques ainsi qu’une exploitation faunique toujours plus intensive. La chasse sportive devient alors le principal outil de régulation des populations fauniques. L’implantation d’un système de suivi des populations conjuguée à la volonté gouvernementale de modifier les populations fauniques afin qu’elles répondent aux besoins de la société en terme de succès de chasse et de développement économique sont au coeur de ce changement. En analysant les dynamiques des populations propres à chaque espèce et en implantant des modalités de chasse sélectives ainsi que le contrôle des prédateurs, la gestion de la faune intervient dans la protection des populations de gros gibiers ainsi que dans leurs structures, contribuant ainsi à la domestication du sauvage.
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Roxane De Grandpré, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2017)

Le thé à l’heure du régime britannique : portrait de la consommation du thé au Bas-Canada, 1760-1840

Dir. : Turcot, Laurent

Le projet que nous vous proposons ici s’intéresse au commerce et à la consommation de thé dans la colonie canadienne durant le régime britannique. Durant le régime français, le thé était méconnu des colons et n’était présent dans leur inventaire qu’en très petite quantité, à titre d’herbe médicinale. C’est avec l’arrivée de nouveaux colons anglais et de Loyalistes dans la colonie, au lendemain de la Conquête et de l’Indépendance des États-Unis que le thé pourra s’implanter de façon plus substantielle dans la colonie. Cet essai cherche à présenter le thé comme un objet de culture britannique et se propose comme un tour d’horizon de l’histoire de cette denrée en terre canadienne. C’est à travers un bilan historiographique exhaustif et l’observation de facteurs commerciaux, mais aussi culturels, linguistiques et sociaux que nous explorerons l’univers du thé dans une colonie qui ne le connaissait guère avant le changement de régime.
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Louis Lacroix, maîtrise en études québécoises (avec essai) (2017)

L'État québécois et les éleveurs des vaches canadiennes enregistrées, 1867-1914

Dir. : Castonguay, Stéphane

Cet essai porte sur l’action de l’État québécois en agriculture, du milieu du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale. Tandis que l’historiographie nous présente un État soumis aux impératifs du laisser-faire, nous étudions la place des vaches Canadiennes dans l’intervention gouvernementale pour montrer les efforts que déploie l’État au Québec dans l’encadrement du milieu agricole. En ce sens, la question de l’enregistrement de la généalogie des bovins Canadiens éclaire cette part négligée de l’intervention étatique en agriculture. D’autant que les livres de généalogie, présentés par les historiens comme un simple moyen de préserver la vache Canadienne, semblent être également, aux yeux des acteurs de l’époque, un moyen pour les agriculteurs québécois de participer à un commerce hautement lucratif.

Depuis la crise agricole du XIXe siècle, l’État québécois adopte des mesures pour le redressement de l’agriculture bas-canadienne en misant notamment sur l’élevage du bétail, dont la vache Canadienne. Lorsque, à la Confédération de 1867, l’agriculture devient une compétence partagée entre le gouvernement fédéral et les provinces, l’État québécois répond à sa mission agricole avec une organisation décentralisée compte tenu de la taille restreinte de son personnel. De plus, le Conseil d’agriculture, un organisme consultatif de nomination partisane, accapare la politique agricole aux dépens du gouvernement. L’État amorce toutefois la reprise en main de ce domaine à partir de1876. Il limite d’abord l’action du Conseil d’agriculture, puis s’investit dans l’industrie laitière en mettant en place la Société d’industrie laitière (SIL) en 1882. À l’intérieur de la SIL, des agents gouvernementaux recommandent l’établissement d’un livre de généalogie des bovins Canadiens en 1886, et obligent le Conseil d’agriculture, qui refuse de reconnaître ces animaux, à administrer ce livre. En 1895, lorsque l’État met fin à son implication concernant l’enregistrement des animaux, la Société générale des éleveurs de la province de Québec (SGÉPQ), créée sous les auspices du gouvernement provincial, reprend ses activités, tandis que le Dr Joseph-Alphonse Couture, médecin vétérinaire officiel du gouvernement, reçoit le contrôle des droits d’enregistrement associés aux livres de généalogie qu’administrait l’État. Devant le désintérêt du gouvernement provincial, le Dr Couture et les éleveurs de vaches Canadiennes optent pour intégrer les livres de généalogie animale québécois à l’administration fédérale en 1906 pour continuer de mettre en valeur les caractéristiques de leurs animaux et accentuer l’aspect commercial de l’enregistrement animal. Entretemps, l’action du gouvernement provincial a mené à la reconnaissance officielle de la vache Canadienne et à son intégration dans la politique agricole par le biais d’organismes et d’associations fondées par l’entremise du ministère de l’Agriculture.
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Vincent Bernard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2016)

Entre nature et société : les représentations et les usages des rivières en milieu urbain. Le cas de la grande région de Saint-Hyacinthe et de sa rivière, la Yamaska, 1945-1980

Dir. : Castonguay, Stéphane

Cette étude s’intéresse aux usages de la rivière Yamaska dans la grande région maskoutaine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle est menée essentiellement par l’analyse d’articles tirés du journal Le Courrier de Saint‑Hyacinthe, et de fonds d’archives municipaux. L’objectif principal est de décrire les interactions entre les différents acteurs interpellés par la Yamaska, pour comprendre les modalités de prise en charge de cette rivière. La présente recherche s’inscrit dans le champ de l’histoire environnementale urbaine et amène un nouvel éclairage sur les rapports entre société et environnement et, plus précisément, sur l’interrelation qui unit une ville à sa rivière.
À travers l’étude historique de la Yamaska, trois types d’usages ressortent et composent le présent mémoire. Associé aux installations sanitaires des localités urbaines sises le long de la rivière, le premier usage soulève des conflits « intermunicipaux » nécessitant l’intervention du gouvernement provincial. Ces interventions ponctuelles suivent une logique individuelle propre aux besoins de chacune des municipalités de la région maskoutaine. Au tournant des années 1960, un glissement du pouvoir décisionnel relatif aux usages sanitaires de la rivière s’opère. Désormais, le gouvernement provincial impose aux municipalités sa vision de ce qu’est et ce que devrait être la rivière, notamment avec la création de la Régie des eaux du Québec.
Le second usage est d’ordre économique. Issue du Projet d’aménagement des eaux du bassin versant de la Yamaska déposé en 1972, cette appréhension économique de la rivière vise à centraliser les pouvoirs reliés à la gestion et à l’aménagement des eaux. Ce projet a pour effet d’imposer une nouvelle échelle d’appréhension de la rivière aux autorités municipales. Auparavant, il était simplement question d’une rivière qui traversait la ville. Dorénavant, son bassin versant est aussi considéré. Or, les municipalités visées par le plan Yamaska retardent sa mise en place et l’empêche d’être efficient.
L’usage récréatif est le troisième et dernier usage considéré. Il est associé à la prise de conscience du problème environnemental par la classe moyenne émergente des années d’après-guerre. Au départ, la lutte à la pollution fluviale s’articule autour de considérations utilitaires issues des élites de clubs de chasse et pêche. Au tournant des années 1970, un changement survient dans leur façon d’appréhender la rivière. Les actions qu’ils entreprennent ne le sont plus uniquement pour le bénéfice de leurs membres, mais visent plutôt l’ensemble des citoyens. Ils cherchent alors à démocratiser l’accès à la rivière. Ce dernier objectif rejoint divers groupes de pression citoyens qui se mobilisent pour lutter contre le problème de contamination fluvial. L’étude de ces usages permet donc de nuancer l’idée d’une soudaine prise de conscience des problèmes affectant l’environnement durant les années 1970.
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Jacinthe De Montigny, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2016)

La conquête du Canada était-elle «préméditée»? : Une étude de l’opinion publique dans les magazines londoniens entre 1744 et 1763

Dir. : Turcot, Laurent

La conquête est un évènement marquant dans l’histoire canadienne. Alors que certains croient que le sort de la Nouvelle-France s’est joué lors de la bataille des plaines d’Abraham, nous entendons remettre en place les éléments qui ont permis la conquête de cette colonie. La prise de possession du Canada est avant tout une volonté britannique qui s’inscrit dans la longue durée, il s’agit d’un long processus politique, économique, social et culturel pour asseoir sa domination sur sa rivale, la France. Pour plusieurs historiens, la conquête du Canada est synonyme des ambitieux projets politiques de William Pitt, l’ancien, premier ministre britannique. Ce dernier a, en effet, remué ciel et terre pour prendre possession du Canda lors de la guerre de Sept Ans. Au-delà de cette volonté, les trois magazines londoniens étudiés, the British Magazine, or Monthly Repository for Gentlemen & Ladies, The Gentleman’s Magazine, and Historical Chronicle, The London Magazine, or Gentleman’s Monthly Intelligencer, nous indiquent une nouvelle vision de cette conquête. Dans notre mémoire de maîtrise, nous avons analysé les journaux britanniques de 1744 à 1763, afin de voir et comprendre comment le cas canadien est présenté à la population sur les Îles Britanniques. À l’aide de ces sources, nous avons mesuré l’impact de l’opinion publique dans les modalités de la guerre, notamment dans le projet de la conquête du Canada et de l’ensemble des colonies françaises en Amérique du Nord. De ce fait, bien avant les premiers coups de fusil, bien avant que les premiers bateaux traversent l’Atlantique en 1755, et bien avant que William Pitt l’ancien expose son projet d’envahir le Canada, les médias écrits influencent la pensée de l’opinion britannique. Il s’agit ici de voir comment les journaux vont utiliser l’information pour promouvoir la Conquête du Canada et cela avant, pendant et après la guerre de Sept Ans. Non seulement ce projet s’inscrit dans la longue durée, mais il permet de saisir une nouvelle façon de comprendre la politique impériale de l’Angleterre au milieu du XVIIIe siècle, où les termes sécurité et prospérité ainsi que la peur de l’invasion deviennent centraux dans la définition de l’Empire britannique. Enfin, tout cela dans l’optique d’apporter un regard nouveau sur cet épisode de l’histoire du Canada.
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Nancy Leclerc, Doctorat en études québécoises (2016)

La culture de la pratique bouddhiste au sein d'un centre tibétain au Québec

Dir. : Ferretti, Lucia

Au Québec, il y a 52 385 bouddhistes répertoriés dans l’enquête nationale sur les ménages de 2011 ; cela représente 0,7 % de la population. En Occident, le bouddhisme, peu étudié à ce jour et encore moins au Québec, est pratiqué par deux groupes de personnes, soit celles d’origine asiatique et celles d’origine occidentale, et les recherches portent souvent exclusivement sur l’un ou l’autre de ces groupes.
Comme l’ont mis en évidence certains écrits, le bouddhisme a d’abord intéressé les intellectuels occidentaux à la fin du XIXe siècle. Depuis environ trente ans, nous assistons à une recrudescence importante des groupes et des centres bouddhistes. Les études sur le bouddhisme en Occident ont porté davantage sur les traits d’un bouddhisme occidental, sur les types de pratiquants et sur l’implantation et la réception du bouddhisme dans les pays d’accueil.
L’objet de recherche de cette thèse est de comprendre la pratique du bouddhisme au Québec chez des pratiquants bouddhistes d’origine québécoise, tibétaine et vietnamienne à travers leur expérience de pratique dans un centre bouddhiste tibétain. Le centre bouddhiste à l’étude est le centre Manjushri de Longueuil qui a été fondé en 1996. Deux moines, formés au monastère de Sera Mey en Inde et nommés par le dalaï-lama pour venir s’installer au Québec, partagent la responsabilité de ce lieu, y enseignent selon la tradition gélougpa, et dirigent les célébrations et autres activités du Centre. Nous nous intéressons plus particulièrement au bouddhisme tibétain puisque les conflits politiques au Tibet, le prix Nobel de la paix du dalaï-lama, l’attrait de personnalités connues pour le bouddhisme tibétain et l’importante médiatisation du Tibet, des Tibétains et du bouddhisme tibétain ont contribué à différencier le bouddhisme tibétain des autres formes de bouddhisme.
Afin de mieux comprendre la pratique bouddhiste des Asiatiques et des Occidentaux dans un même lieu de pratique, c’est par une recherche qualitative de type étude de cas et de nature exploratoire que nous avons abordé la question de recherche : selon la perception des trois groupes de pratiquants, comment la culture de la pratique bouddhiste se révèle-t-elle dans la pratique des pratiquants d’origines occidentale et asiatique au sein d’un même centre bouddhiste tibétain ?
Les objectifs de cette démarche sont les suivants: 1) repérer et comprendre les pratiques individuelles, celles de chacun des trois sous-groupes, et celles du groupe dans son ensemble qui sont présents au centre Manjushri ; 2) interroger les pratiquants sur les transformations survenues dans leur vie en relation avec leur pratique du bouddhisme tibétain au Québec ; 3) identifier les appartenances culturelles que se reconnaissent les pratiquants des divers groupes qui sont présents au centre Manjushri ; et 4) dégager la culture de la pratique du centre Manjushri telle qu’elle se révèle à travers ces pratiques, transformations et appartenances. Nous avons cherché à comparer les trois groupes à l’étude, à savoir les pratiquants bouddhistes d’origine occidentale québécoise (BOQ) (n=4), les bouddhistes d’origine asiatique vietnamienne (BAV) (n=3) et les bouddhistes d’origine asiatique tibétaine (BAT) (n=3) afin d’identifier les similarités et les distinctions entre eux.
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Alexandre Léonard, maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2016)

La justice civile dans le district de Trois-Rivières, 1795-1805: litiges et règlements de conflits à l'époque préindustrielle.

Dir. : Nootens, Thierry

L’objectif principal de ce mémoire est d’observer le travail accompli par une cour de justice civile à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Pour ce faire, cette étude propose d’examiner la nature des litiges entendus et les jugements rendus par la Cour provinciale de Trois-Rivières. Après la Conquête, le district de Trois-Rivières disparaît. Une trentaine d’années plus tard, suite aux pressions des citoyens sur le gouvernement, le district de Trois-Rivières est rétabli et doté de différentes instances judiciaires. La Cour provinciale est mise en fonction en 1794 et elle a pour mission de traiter toutes les affaires civiles dont les sommes en jeu sont inférieures à dix livres sterling.
Pour cette étude, un total de 448 dossiers de cour ont été analysés pour les années 1795 et 1805. Ces dossiers ont ensuite été classés en dix catégories, en fonction de la nature des litiges entendus. Les poursuites relatives à des échanges commerciaux représentent près du quart du contentieux de la Cour provinciale. L’analyse des dossiers démontre que ces poursuites opposent principalement des commerçants qui tentent de récupérer des créances accordées à des cultivateurs. On y découvre également que l’usage des billets promissoires est populaire chez les Canadiens. Tout comme les litiges relatifs à des échanges commerciaux, les litiges à caractère foncier représentent eux aussi le quart du contentieux de la cour. Ces litiges concernent l’acquisition de biens fonciers, les droits seigneuriaux, les baux et les travaux agricoles. Au troisième rang se retrouvent les réclamations pour des dommages. Bien que ces dommages soient majoritairement matériels, les réclamations peuvent aussi concernées des dommages moraux ou physiques. Sinon, on retrouve quelques poursuites liées aux affaires familiales ou à des transactions mobilières et des contrats. Une minorité des poursuites concerne les affaires professionnelles, juridiques, étatiques et des dettes indéterminées.
L’analyse des jugements de la cour permet de voir que, de manière générale, les commerçants obtiennent gain de cause. En outre, dès qu’il lui est possible de le faire, la cour adopte une attitude conciliatrice. Elle essaie de faire en sorte que les ouvrages soient complétés, les contrats honorés, les fautes réparées et les actes de donations respectés. Dans le cas des dommages matériels, plusieurs causes sont renvoyées faute de preuve. En revanche, dans les poursuites pour dommages moraux, les demandeurs obtiennent généralement réparation d’honneur lorsque leur honneur a été bafoué. En ce qui a trait aux autres types de litiges, les jugements varient en fonction de la nature des conflits.
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Ian Mercier, maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2016)

La propriété résidentielle et le logement ouvrier en contexte d'industrialisation, 1900-1930

Dir. : Nootens, Thierry
Codir. : Rousseau, Yvan

L’urbanisation et l’industrialisation du Québec au début du XXe siècle changent les modes de production; on délaisse progressivement une économie fondée sur la culture du sol pour une économie s’appuyant sur la capacité des entreprises industrielles à mobiliser des capitaux et la force de travail à une échelle de plus en plus grande (1). L’apparition de la grande industrie transforme les enjeux reliés à la propriété, car, d’une part, le territoire doit être aménagé afin de permettre son implantation et, d’autre part, parce qu’elle bouleverse l’utilisation du sol et la répartition de la propriété. De plus, le pouvoir attractif de la ville et des centres de production entraîne une poussée démographique et l’émergence de nouvelles pratiques dans le domaine de l’habitation. Notre étude vise à mieux comprendre, en se penchant sur l’exemple de Drummondville durant le premier tiers du XXe siècle, en quoi la transition rapide au capitalisme industriel modifie les rapports et enjeux reliés à la propriété et au logement.

Le premier chapitre se consacre à l’aménagement du territoire et à l’implantation de réseaux de services publics et de transport. On remarque que les infrastructures urbaines se développent de manière inégale dans la ville et ses environs immédiats. Par ailleurs, l’implantation de réseaux de transport, essentiels à l’industrie, va transformer le paysage urbain et provoquer la réaction négative de bien des propriétaires. Ainsi, les intérêts financiers et parfois publics justifiant l’aménagement du territoire vont s’opposer au droit à la propriété. Le second chapitre traite des transformations du milieu de l’immobilier en période d’industrialisation. L’élite drummondvilloise instrumentalise la Corporation municipale pour règlementer le bâti résidentiel afin de maintenir la croissance des valeurs immobilières de certains secteurs, créant ainsi une ségrégation de l’espace. De plus, l’identification des principaux propriétaires et l’étude de leur profil socioéconomique témoignent de différentes stratégies d’investissement dans le domaine foncier et de l’habitation. Leur étude permet de comprendre comment se mettent en place des mécanismes de reproduction sociale propre à cette période de forte industrialisation. Par ailleurs, la planification du logement est principalement l’affaire des industriels et de la Corporation municipale et vise essentiellement à offrir des logements aux cadres et à la main-d’œuvre qualifiée, laissant le logement ouvrier se développer de manière chaotique et improvisée. Le troisième chapitre examine l’adaptation des ménages aux nouveaux modes d’habitation. Nous y analysons l’évolution des pratiques résidentielles en portant une attention particulière aux non-propriétaires et aux ouvriers. Une des originalités de notre recherche tient du fait qu’elle superpose différentes échelles d’analyse, car nous analysons conjointement l’implantation des structures reliées à l’industrialisation et leurs répercussions sur la propriété et le logement.
(1) Yvan Rousseau, « Drummondville et Victoriaville au XXe siècle : d’une transition à l’autre », dans Claude Bellavance, Yvan Rousseau et Jean Roy, dir. Histoire du Centre-du-Québec, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2013 : 497.
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Carol-Ann Rouillard, Maitrise en études québécoises (avec mémoire) (2016)

Les désignations de la maladie mentale dans le discours courant : Quand les non‑spécialistes de la psychiatrie s’approprient les termes spécialisés

Dir. : Laforest, Marty

Pour les spécialistes, la maladie mentale est un concept permettant de classer ce qui est considéré comme anormal sur le plan du comportement individuel. L’utilisation des termes relatifs à la psychiatrie n’est toutefois pas réservée aux psychiatres : les termes issus de la psychiatrie sont employés dans une foule de contextes de la vie courante, parfois pour parler d’une maladie de façon plus scientifique, parfois de façon plus courante, qui n’a plus de lien direct avec la psychiatrie. L’emploi que font les non‑spécialistes des termes issus de la psychiatrie est révélateur de leur propre classement de l’anormalité. En effet, le rapport à l’inusité est propre à chaque culture. Les représentations de la maladie mentale qui en découlent sont donc propres à la société dans laquelle nous nous trouvons.
Inscrit dans le cadre de l’analyse de discours, ce mémoire se propose de retracer la trajectoire des termes issus de la psychiatrie, par le biais des désignations de la maladie mentale, dans le discours écrit des non‑spécialistes et d’évaluer l’appropriation qu’ils font de ces termes. Nous nous proposons d’aborder trois aspects plus en détail : les processus par lesquels il est possible de rendre compte des différents niveaux de progression dans l’usage courant que connaissent les désignations de la maladie mentale; les modifications sémantiques qui surviennent au cours de ce parcours; les néologismes de forme, qui témoignent à leur façon d’une appropriation des termes par les locuteurs. Nous sommes amenés à conclure que les non‑spécialistes emploient les désignations de la maladie mentale pour classer l’anormalité d’une façon bien distincte de la psychiatrie. Des contextes plus formels aux contextes de la vie courante, les désignations de la maladie mentale subissent des modifications de sens et ne servent plus uniquement à qualifier des personnes, mais également des choses, des sentiments, voire même de nouvelles façons de voir le monde. L’appropriation que se font les non‑spécialistes de la maladie mentale se manifeste également par l’emploi de nouvelles formes lexicales, issues de l’innovation des locuteurs.
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Lysandre St-Pierre, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2016)

«Fais donc comme font les autres»: formation d'une culture élitaire dans une petite ville en industrialisation, Joliette 1860-1910.

Dir. : Bachand, Marise

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, Joliette s’impose comme le plus important centre de développement régional de Lanaudière. Le nombre d’habitants passe de 600 en 1840 à 2500 en 1860 et atteint 4 220 habitants à la fin du XIXe siècle. Industriels, notables et marchands venus prendre part à l’industrialisation exercent rapidement un contrôle politique, économique et culturel sur la ville. L’historien Jean –René Thuot (2003 et 2008) s’est déjà penché sur le positionnement social des hommes de l’élite lanaudoise à travers le cumul de charges publiques. Ce mémoire contribue à enrichir ces études en portant le regard sur l’informalité des réseaux de sociabilité masculins, mais aussi féminins et mixtes. Les bourgeois ne font pas qu’occuper des postes d’autorité au sein d’institutions publiques ou privées. Ces hommes et les autres membres de leur famille, à commencer par leurs épouses, se définissent quotidiennement comme faisant partie de la classe dirigeante.
Comment la sociabilité permet-elle la formation d’une culture élitaire à Joliette dans la deuxième moitié du XIXe siècle? Ce mémoire montre qu’un processus individuel et collectif de distinction et de reproduction de la classe sociale représente le travail d’une vie et se poursuit même après la mort. En nous basant sur le cadre d’analyse développé par Thomas A. Markus (1993), nous étudions l’influence des hommes et des femmes sur la création de l’identité bourgeoise à travers leur capacité respective à accéder à différents lieux de sociabilité. Le genre guide leurs comportements et le choix de leurs loisirs. En intégrant les modèles associés à l’élite, ils ont la légitimité de s’imposer comme des exemples à suivre pour le reste de la population et de construire la ville à leur image. Comme ce phénomène n’est pas quantifiable, nous l’analysons à travers des récits construits par l’élite (correspondance, livres de compte, rubriques mondaines des journaux locaux), ses manières d’habiter l’espace domestique (demeure, mobilier, photos) et les normes qui lui sont prescrites dans les journaux locaux.
Joliette demeure très peu étudiée par les historiens. Son caractère à la fois rural et urbain et sa proximité avec Montréal en font un lieu intéressant pour examiner les rapports ville‑campagne en matière de mécanismes de distinction et de perméabilité des frontières entre les classes et entre les genres. En étudiant les hommes et les femmes en interrelation, plutôt que séparément, et durant plusieurs cycles de leurs vies, ce mémoire apporte un éclairage différent sur la sociabilité élitaire. Cette étude s’inscrit dans les tendances récentes en histoire culturelle en mettant au cœur de la réflexion les notions de genre, d’acceptabilité sociale et d’honorabilité. L’objectif est de dresser le portrait le plus fidèle possible des stratégies et méthodes mises en place par les hommes et les femmes de l’élite pour se distinguer en tant qu’individu, en tant qu’unité familiale et en tant que classe sociale.
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Louis-Étienne Villeneuve, Maitrise en études québécoises (2016)

Conforme? Une histoire sociale du vêtement masculin chez les élites de Montréal (1837-1918)

Dir. : Turcot, Laurent

Le présent mémoire se concentre sur la pratique du vêtement chez les élites montréalaises de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Plus précisément, cette enquête vise à identifier, à l’aide d’un matériel d’archives encore sous-exploité par l’historiographie, le rapport ayant uni les hommes de l’élite montréalaise à leur apparence, rapport duquel peuvent se lire les attentes adressées au comportement masculin et les règles sociales de la mise en scène de soi. L’absence de travaux spécifiques permettant de saisir dans le détail les logiques internes de la tenue masculine à Montréal a motivé un tel projet.
Pour combler ce vide historiographique, trois questions ont ici été adressées au vêtement bourgeois montréalais : 1) « comment se déclinent les codes de la décence vestimentaire chez les élites montréalaises au tournant du 20 e siècle? », 2) « Quelles formes prend la consommation du vêtement chez la bourgeoisie métropolitaine à l’aube de la production de masse du vêtement? » et, plus généralement, 3) « Quelles ont été les conditions de possibilité, matérielles et culturelles, ayant orienté la pratique du vêtement masculin à Montréal à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle? ». En s’appuyant sur un corpus d’archives composé de manuels de savoir-vivre, de photographies du studio Notman et de livres de commandes du tailleur Gibb and Co., il est ici défendu que la tenue masculine, malgré sa conformité apparente, participe toujours chez les élites montréalaises aux enjeux de distinction, enjeux qui se trouvent en vérité renforcés par les traits mêmes de la simplification et de l’uniformisation de l’habit.
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Annie Carle, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

L'entreprise privée face à la nationalisation : le cas de la Dominion Steel and Coal Corporation

Dir. : Lanthier, Pierre

Par le biais de l’histoire des entreprises, nous étudions les motivations qui incitent une entreprise privée à vendre ses installations à un gouvernement. L’entreprise en question, Dosco, a laissé nationaliser ses actifs en 1968 par plusieurs gouvernements, dont celui du Québec, qui confia ses nouvelles acquisitions à l’entreprise d’État Sidbec. Dosco oeuvrait dans la production de l’acier, dans l’exploitation de mines de charbon, dans la construction navale et de ponts en plus de la fabrication d’objets métalliques et de matériel ferroviaire.

Plusieurs sources telles que les rapports annuels de l’entreprise, des articles de périodiques et de journaux et d’autres sources primaires et secondaires nous ont permis de retracer l’histoire de Dosco. En 1957, un constructeur d’avions, A.V.Roe Canada Ltd, acquiert 77 % des actions de cette compagnie. Le groupe au sein duquel oeuvre désormais Dosco a un impact décisif sur son devenir. Nous étudierons donc également les holdings de Dosco, soit A.V.Roe Canada et Hawker Siddeley Group. De même, le rôle des acteurs importants oeuvrant au sein de ces entreprises sera mis en lumière afin de déterminer les motifs de leurs décisions dans la vente des installations de Dosco au secteur public.

L’interruption du projet Arrow sur lequel misait A.V. Roe Canada a contraint ce dernier à miser davantage sur la modernisation et l’accroissement des actifs de Dosco. Cette décision, dans un contexte mondial où la concurrence est de plus en plus vigoureuse, a mené Dosco à engendrer d’importants déficits qui ont affecté le groupe dans son ensemble. Dosco sera alors démantelée. Ses mines de charbon seront nationalisées par le gouvernement fédéral en 1967. La même année, ses aciéries situées en Nouvelle-Écosse seront également nationalisées par le gouvernement de cette province. Ses actifs situés en Ontario et au Québec seront vendus à Sidbec. Ces nationalisations ne résultent donc pas d’une confiscation, mais bien d’une transaction libre entre l’entreprise et le secteur public.

Cette recherche propose ainsi d’exposer les changements administratifs, structurels et financiers qui se sont produits au sein de Dosco et qui ont motivé la vente des installations au gouvernement québécois. Les négociations et les aspects de la transaction entre les deux parties seront également examinés pour éclairer les avantages et/ou les désavantages que retire le groupe de la nationalisation des actifs de Dosco.
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Lauréanne Daneau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

La régionalisation de l’immigration au Québec : le débat pulbic entre le gourvernement et la société civile à l’origine de la politique, 1987-2000

Dir. : Taschereau, Sylvie

À la fin des années 1980, dans le cadre de consultations publiques préparées par le ministère de l’Immigration, plusieurs acteurs de la société civile québécoise expriment leurs préoccupations face à la de la population immigrante à Montréal. En effet, plus de 87 % des immigrants établis au Québec vivent alors dans la métropole. Dès 1990, le gouvernement québécois annonce son intention de favoriser la régionalisation de l'immigration dans une perspective de développement régional. Or, la concentration métropolitaine des immigrants n'est ni un phénomène récent ni propre au Québec. Pourquoi dans ce cas devient-il, à cette époque, un problème public ?

Une analyse de politique publique basée sur le modèle théorique séquentiel développé par Charles Jones nous permet d’étudier le processus par lequel la concentration métropolitaine de l'immigration au Québec est construite socialement et politiquement comme un problème public par les autorités gouvernementales et des représentants de la société civile. Ce processus est analysé à travers quatre consultations publiques organisées par le ministère de l'Immigration du Québec en 1987, 1991, 1997 et 2000. Il est étudié à travers des mémoires présentés à ces consultations, ainsi que des publications gouvernementales. Procédant d’abord à une analyse de contenu de ces documents, puis à une analyse de discours, nous mettons en lumière l’influence que les débats politiques dominants des années 1980 et 1990 ont sur celui de la régionalisation de l'immigration. Soulevés par la montée du nationalisme québécois, les débats constitutionnels sur l'avenir du Québec au sein de la fédération canadienne sont aussi entretenus par le déclin démographique de cette province, particulièrement prononcé à l'extérieur de la région métropolitaine. La régionalisation de l'immigration apparaît alors comme une double solution. Elle permettrait d’une part de contrer la forte anglicisation des immigrants et de favoriser leur intégration à la majorité francophone beaucoup plus présente en région. Elle agirait d’autre part comme un moteur démographique et économique propre à stimuler le développement régional.

Notre analyse de discours révèle un moment de rupture entre la formulation initiale du problème par des acteurs de la société civile qui, en 1987, demandent une «démétropolisation » de l'immigration, et la décision que prend le gouvernement d'élaborer une politique de « régionalisation ». Tandis que les premiers insistent sur la forte présence d'immigrants à Montréal, et l’insuffisance de leur intégration à la société francophone, le discours étatique met plutôt de l'avant le fait que les régions soient privées de l'apport positif des immigrants. L'avis du Conseil des Communautés culturelles et de l'Immigration y est pour beaucoup. Ce groupe d'experts agit à titre de conseillers auprès des ministres de l'Immigration et propose cette orientation stratégique en 1989. Par ailleurs, malgré la connotation plus positive qu’a la notion de «régionalisation », les discours du gouvernement, comme ceux des représentants de la société civile, ont tendance à instrumentaliser les immigrants en les présentant comme une ressource pouvant répondre à des problèmes auxquels, a priori, l’immigration n’est pas liée.
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David Ferron, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

La société d’étude et de conférences, section de la Mauricie (1967-2008)

Dir. : Ferretti, Lucia

L’objectif principal de ce mémoire est d’analyser les 41 premières années d’un groupe culturel féminin en milieu régional, la Société d’étude et de conférences de la Mauricie (SECM-Mauricie) (1967-2008). Trois aspects du groupe sont développés : son organisation, ses activités et son réseautage par le biais des diverses activités de ses membres. Ces trois éléments servent à comprendre comment un tel groupe assure son rayonnement et sa perpétuité. Cette association est née à une époque, celle de la Révolution tranquille, où les instances gouvernementales soutiennent la production et la diffusion de la culture dans toutes les régions, afin de la rendre accessible à la population en général. Les racines de la SEC-Mauricie, quant à elles, remontent aux années 1940 alors que de jeunes femmes issues de l’élite intellectuelle et économique se réunissent entre elles, à Montréal. Ainsi, l’étude de cet organisme s’avère l’occasion de faire le pont entre deux époques : de celle d’une culture prise en charge par et pour l’élite à celle favorisant la démocratisation de la culture par les gouvernements. L’organisme mauricien, malgré les obstacles rencontrés au fil des ans, tire son épingle du jeu et devient même un acteur incontournable, quoique méconnu, de la scène culturelle régionale.
La SEC-Mauricie, durant les 41 ans étudiés, met sur pied plusieurs activités afin de favoriser son essor et celui de la vie culturelle régionale : concours littéraire, conférences, voyages, expositions, partenariat avec d’autres organismes (comme le Festival international de la poésie, le Salon du livre, la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, les instances municipales). Pour mieux comprendre son évolution, le mémoire comprend quatre chapitres : les débuts prometteurs (1967-1971), l’expansion et l’apogée (1971-1979), le déclin et la remise en question (1979-1989), et la renaissance accompagnée d’un rayonnement accru (1989-2008). Cette association, reconnue comme organisme culturel par la Ville de Trois-Rivières en 1995, va tout faire pour se débarrasser d’une certaine étiquette élitiste en endossant le rôle d’un regroupement visant à ce que le plus grand nombre de Mauriciennes s’intéressent à la culture. Des femmes de tous les horizons rejoignent les rangs de la SEC-Mauricie : elles proviennent des arts, du milieu juridique, des affaires, du monde de l’enseignement ou de celui de la santé. L’expertise de ces femmes, enrichie d’un réseau qu’elles tissent au fil des ans grâce à leurs implications diverses, permet de renforcer la crédibilité de l’association en plus d’assurer son rayonnement et sa perpétuité malgré les épreuves rencontrées.
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Mathieu Frappier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

Identité canadienne et symboles nationaux dans les années 1960

Dir. : Taschereau, Sylvie

Ce mémoire traite de l’identité canadienne dans les années 1960. Nous l’étudions par le truchement des discours d’opinion qui portent sur les symboles nationaux canadiens présents dans les éditoriaux et les lettres de lecteurs de La Presse, du Devoir, de The Montreal Gazette et du Globe and Mail entre 1962 et 1967. Plus précisément, nous analysons la représentation que projettent ces journaux dans les années 1960 de ce qu’est ou devrait être le Canada et les Canadiens à travers les discours d’opinion qui portent sur trois symboles nationaux canadiens importants durant cette décennie : le drapeau, la monarchie et le centenaire de la Confédération.
Le choix d’étudier l’identité canadienne au cours des années 1960 repose sur le fait qu’il s’agit d’une époque où les Canadiens commencent à redéfinir leur société et leur identité. C’est également durant cette décennie qu’est adopté le drapeau unifolié que nous connaissons aujourd’hui. La reine Élisabeth II fait deux visites officielles au Canada au cours de ces années. Enfin, l’année 1967 sur laquelle se conclut notre étude marque le centenaire de la confédération canadienne, dont l’évènement commémoratif principal est l’Exposition universelle de Montréal. Nous analysons la façon dont ces symboles s’inscrivent dans le discours identitaire canadien et ce qu’ils peuvent nous apprendre de l’identité canadienne durant cette période.
C’est aussi pendant cette décennie que le néonationalisme québécois prend véritablement son essor. Mais l’attention que l’on a portée jusqu’à présent à l’identité québécoise francophone qui s’affirme de plus en plus à cette époque a laissé en partie dans l’ombre les rapports forcément complexes et contradictoires que les Québécois francophones entretiennent au même moment avec l’identité canadienne. De même, de nombreuses études ont analysé l’évolution de l’identité canadienne durant cette période sans tenir compte des Canadiens français et des Québécois francophones en particulier. Notre analyse porte donc sur une facette jusqu’ici négligée du discours identitaire canadien dans les années 1960, soit la participation des Canadiens de langue française à ce discours et à sa redéfinition. Nous mettons en lumière les éléments qui structurent ce discours et qui caractérisent la représentation que les Canadiens francophones et anglophones ont de leur identité et de l’identité de leur pays, plus spécifiquement l’interprétation qu’en donnent les éditoriaux et les lettres de lecteurs des journaux que nous étudions. Nous déterminons ainsi les traits, normes, positions, valeurs, traditions et idéaux associés, aux symboles qui représentent le Canada. Enfin, nous sommes attentifs aux concordances et divergences qui existent à ce propos, de même qu’aux confrontations voire aux échanges indirects qui, à travers les journaux, participent à la redéfinition de l’identité canadienne.
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Simon Leduc, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

L'expérience de captivité des canadiens-français prisonniers de guerre sous l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre Mondiale

Dir. : Lanthier, Pierre

Durant la Seconde Guerre mondiale, près de 9000 soldats canadiens sont capturés par les forces de l’Axe. Une portion de ce nombre inclut les militaires canadiens-français qui se retrouvent prisonniers en Allemagne nazie. Comment ces individus vivent-ils leur captivité incarcérés dans des camps où les règles sont appliquées par l’armée allemande et les prisonniers sont majoritairement anglophones? Dans quelle mesure l’identité canadienne-française se manifeste elle au travers du quotidien derrière les barbelés?
La captivité du prisonnier de guerre en Allemagne se présente sous de nombreux aspects. L’alimentation, l’hygiène, les loisirs et les relations interpersonnelles en sont quatre fondamentaux où l’identité des groupes présents offre des occasions de se manifester. Pourtant, malgré quelques cas isolés, l’identité canadienne-française tend à s’effacer au profit de comportements relevant davantage de la culture occidentale.
Cette réalité s’explique par différents facteurs tels que l’esprit de coopération, la camaraderie militaire, le fardeau commun de la captivité et la tolérance marquée face à la différence de la part des prisonniers. Même les éléments essentiels de l’identité tels que la langue française et la religion catholique perdent de l’importance soit par l’utilisation majoritaire de l’anglais ou la pratique du culte avec des individus de la même confession, mais de nationalités différentes. Les sociabilités qui s’établissent autour de la nourriture ou des loisirs démontrent également que les Canadiens français ne se limitent pas aux gens appartenant seulement à leur groupe national, mais socialisent avec tout un chacun.
La situation inverse est également vraie, car l’on constate que les gardes de l’armée allemande ne traitent pas les prisonniers canadiens d’une façon différente des autres prisonniers issus du Commonwealth. Aucun comportement de la part des Canadiens français ne suscite une attitude différente chez les geôliers, autant dans la distribution des privilèges que des punitions.
En définitive, sur le plan identitaire, l’expérience de captivité des prisonniers de guerre canadiens-français en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale ne se distingue pas réellement. L’importance des comportements majoritairement occidentaux et l’absence d’attitudes intolérantes envers eux amènent les Canadiens français à s’adapter au quotidien en cherchant plutôt à réduire les aspects négatifs de leur sort et à favoriser les opportunités.
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Adrien LeToux, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

Le port de Trois-Rivières sous l'administration de la première génération de commissaires (1882-1911)

Dir. : Normand, France

Devant les besoins croissants du commerce de la ville et de la région, le port de Trois-Rivières, à l’instigation des élites locales, est détaché de la juridiction de Montréal pour être doté, en 1882, de sa propre Commission du havre (CHTR). Mandaté pour administrer et aménager le port, le nouvel organisme sera confronté à de nombreux défis. Le principal objectif de notre recherche est de vérifier dans quelle mesure la nouvelle corporation réussit à répondre aux attentes qui ont motivé sa création, entre son établissement et l’année 1911. Partant d’infrastructures privées développées sans cohésion depuis plusieurs décennies, les membres de la Commission, tous issus des élites trifluviennes, ont déployé diverses stratégies pour maintenir et renforcer la place du port de Trois-Rivières sur le Saint-Laurent. La tâche s’est avérée particulièrement ardue, avec le ralentissement économique des dernières décennies du XIXe siècle et la compétition croissante entre les ports. Bien que les commissaires aient établi plusieurs projets d’aménagement visant à mettre en valeur l’espace portuaire, tant pour son exploitation technique que commerciale, leurs réalisations ont souvent été incomplètes ou insuffisantes, faute de financement adéquat. Malgré ce constat, nous avons cherché à saisir l’impact de leurs réalisations, même partielles, sur les aires de relations et l’attractivité du port. L’examen du mouvement des navires étrangers au port a montré une légère hausse entre 1882 et 1914. Sans, pour autant, pouvoir établir de lien causal entre les engagements des commissaires et l’augmentation du commerce extérieur, nous avons mis en évidence des initiatives souvent concertées entre la Commission du havre et de la Chambre de commerce de la ville en vue de favoriser la diversification des exportations et l’élargissement des partenaires commerciaux du port.
L’implication des commissaires était cependant moindre lorsqu’il s’agissait de promouvoir le développement de la navigation intérieure et du service de « la Traverse », pourtant essentiel aux relations avec la Rive-Sud. Ils préférèrent concentrer leur attention sur la consolidation de l’arrière-pays de la vallée du Saint-Maurice, en misant très fortement sur l’interconnexion du havre avec les chemins de fer, dont ils stimulèrent le développement dans la région.
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Benjamin Mathieu, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

Les relations intergénérationnelle dans Le Temps d'une paix : ruptures et continuités

Dir. : Nootens, Thierry

Le présent mémoire propose une analyse des relations intergénérationnelles dans Le Temps d’une paix, une oeuvre télévisuelle québécoise ayant marqué le paysage médiatique des années 1980. Considérant la nature de cette saga terrienne, le choix d’une telle oeuvre permet une mise à jour des représentations des relations intergénérationnelles au sein d’une fiction historiquement ancrée. Les générations coexistent. Elles entretiennent des rapports hiérarchiques. L’analyse vise à déterminer en quoi consistent ces rapports ? Et quels rapports entretiennent les personnages avec le passé, le présent et l’avenir ? La mise au jour de ces rapports permet de manifester les ruptures et continuités qui affectent les personnages. Le Temps d’une paix n’est évidemment pas une source historique. Cette analyse est révélatrice tant de l’époque représentée (1919-1931) que de l’époque représentante (1980-1986). Tout projet d’analyse de fiction historique, ou de récit d’anticipation, doit inclure la prise en compte de l’époque de la création de l’oeuvre, le point d’ancrage. Les valeurs de cette dernière s’y trouvent toujours, ici et là. Le mémoire est divisé en trois parties : le passé, le présent et l’avenir. La « présence » des personnages « sans visage » révèle la place accordée par le récit à la pré-histoire des familles du Temps d’une paix, familles axées sur la reproduction à l’identique. Le testament de Cyrille Savary, quant à lui, permet d’observer la mécanique de succession testamentaire, mécanique qui, dans Le Temps d’une paix, met à mal la génération pivot. Puis, il y a Mémère Bouchard, l’ancêtre contemporaine, qui incarne la présence du passé dans le présent, mais aussi l’incontournable force de l’avenir. L’analyse de la génération pivot, génération IV intermédiaire entre la jeunesse et la vieillesse, génération de Rose-Anna Saint-Cyr et de Joseph-Arthur Lavoie, personnages principaux du Temps d’une paix, permet de démontrer quels sont les rôles et les responsabilités des chefs de famille sur les plans de l’ordre et de la discipline, de l’éducation et de l’établissement des enfants de même que de la prise en charge des aînés. Le couple Raoul Savary/Juliette Saint-Cyr, pour sa part, illustre comment les parents peuvent « faire » le mariage de leurs enfants et comment on accède à la génération pivot. Sans oublier le curé Chouinard, le père des pères de famille, dont la place dans le récit révèle la limite de la juridiction des chefs de famille. Quant aux héritiers du Temps d’une paix, comment vivent-ils la gouverne du chef de famille ? Comment résolvent-ils les problèmes liés à cette posture ? L’ensemble de l’analyse met en relief les deux phénomènes qui fondent principalement les rapports entre les générations, ceux de reproduction et d’ascension sociales.
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Sandra Nadeau Paradis, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

La petite bourgeoisie de La Tuque et son rôle dans l’exercice du pouvoir local (1907-1939)

Dir. : Lanthier, Pierre

En 1910, Le Bien Public affirme que « La Tuque est évidemment destinée à devenir une des villes manufacturières les plus importantes du nord de Québec.1» La jeune paroisse représente un nouveau foyer de colonisation pour les Canadiens français. Attirés par la construction de l’usine de la papetière américaine Brown corporation, ils sont nombreux à s’établir dans ce territoire neuf où tout est à construire.
Ce mémoire propose d’observer la formation d’une petite bourgeoisie francophone au sein d’une ville de compagnie de 1907 à 1939. Principalement composée de gens d’affaires, de petits commerçants et de membres de professions libérales, la petite bourgeoisie de La Tuque est principalement issue du monde rural. Forte de ses expériences antérieures, elle parvient à s’imposer dans l’exercice du pouvoir local par le biais de ses activités dans les sphères politique, économique et associative. Cette étude démontre comment les réseaux de sociabilité, faisant écho aux liens de parenté, contribuent à la cohésion d’un noyau élitaire.
Or, les élites francophones doivent également composer avec les dirigeants de la Brown Corporation. Cette dernière, en tant que moteur économique, revendique un droit de regard sur l’administration municipale afin de veiller à ses intérêts. Les interventions de la compagnie dans le développement urbain sont alors teintées d’un paternalisme intéressé. Les exemptions de taxes, les emprunts municipaux, la gérance municipale ainsi que la municipalisation des services publics constituent des enjeux révélateurs de la nature des relations entretenues entre les deux grands acteurs du pouvoir local. Ces questions provoquent également des tensions au sein même de la petite bourgeoisie.
En somme, ce mémoire dévoile les différentes stratégies individuelles et collectives mises en œuvre par la petite bourgeoisie francophone afin de se positionner en tant qu’élite et de jouer le premier rôle au sein des instances décisionnelles locales. Il se veut également l’occasion de pallier les lacunes de l’historiographie en proposant d’ouvrir à nouveau le champ des recherches portant sur le pouvoir local et la petite bourgeoisie dans les villes de compagnie au début du XXe siècle. Le cas de La Tuque s’avère particulièrement propice à une telle étude compte tenu de son isolement géographique et de ses caractéristiques socioéconomiques. 1 «La Tuque», Le Bien public, Trois-Rivières, 14 juin 1910, p. 6.
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Geneviève Pagé, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

«How many is too many»? Le débat public canadien et québécois sur l’arrivée massive des réfugiés indochinois, juin à décembre 1979

Dir. : Taschereau, Sylvie

La fin de la guerre du Vietnam, en avril 1975, marque aussi le début de l’exode d’une partie de sa population. Les conflits qui se développent entre le Vietnam, le Cambodge et la Chine provoquent le départ des Boat people, les réfugiés qui quittent ces pays de l’Asie du Sud-Est par la mer. Ce phénomène crée rapidement une crise mondiale. Plusieurs pays occidentaux participent à la relocalisation des réfugiés. Le Canada pour sa part en accueille 60 000 en deux ans, entre 1979 et 1980. Les mois de juin à décembre 1979 représentent une période charnière dans le dénouement de cette crise et c’est à ce moment qu’on en discute le plus dans les journaux canadiens. Ainsi, dans les quatre quotidiens québécois (et montréalais) que nous avons étudiés, soit La Presse, Le Devoir, le Montreal Star et The Gazette, et dans le journal pancanadien qu’est le Globe and Mail, c’est durant cette période de sept mois que le débat est à son plus fort. En effet, le nombre d’articles que nous avons relevés sur cette question est saisissant. Il nous a d’autant plus étonnée que les chercheurs ont plutôt souligné jusqu’ici le peu de place fait par la presse canadienne contemporaine aux évènements internationaux. Ainsi, en ce qui concerne la crise des réfugiés indochinois, notre étude les contredit : le drame des Boat people a été intensément couvert. Notre étude examine le débat suscité par l’exode des Boat people et par l’arrivée de milliers de ces réfugiés au Canada tel que le présentent les journaux mentionnés ci-dessus. Des quelques 1 400 articles de tous genres qu’ils publient sur ce sujet entre les mois de juin à décembre 1979, nous avons retenu les textes d’opinion, éditoriaux et lettres des lecteurs, auxquels nous avons joint aussi les caricatures et les publicités qui, à leur manière, commentent ces évènements. Notre analyse nous permet de dégager les récurrents de ce débat, tel l’aide humanitaire, l’économie canadienne, l’implication des politiciens et la peur d’un contrecoup pour le pays. Elles mettent en évidence le fait que la majorité de ses acteurs, au Québec comme ailleurs au Canada, est en faveur de l’arrivée de ces réfugiés. Il apparait clairement aussi que l’attention des journalistes se concentre le plus souvent sur les interventions du gouvernement fédéral, première autorité il est vrai en matière de politique envers les réfugiés, et rendent plus rarement compte du rôle pourtant actif du gouvernement québécois dans l’accueil de beaucoup de ces réfugiés.
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Mathieu Plante, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

La représentation des sports dans la presse montréalaise (1875-1890)

Dir. : Turcot, Laurent

La perception que les Canadiens ont de leur propre identité nationale se définit dans la période entre 1875 et 1890. Dans le cas montréalais, ce processus est rendu possible par la presse, qui dans le traitement de l’information, fait des sports et loisirs des éléments essentiels de l’expérience de vie canadienne.
Notre étude a pour objectif de déterminer comment les divertissements sont utilisés pour consolider l’identité nationale. Nous verrons plus particulièrement que les sports et loisirs sont intrinsèquement associés aux notions de patriotisme, de démocratie, et aussi d’amour du plein air. Afin que cette vision se concrétise, nous assisterons à une valorisation des racines coloniales du pays, à une idéalisation du militarisme par les clubs sportifs, et à une implication desdits sportifs dans la diplomatie canadienne. De plus, la période étudiée est marquée par une transition entre un modèle sportif élitiste vers une conception beaucoup plus inclusive de la notion de divertissement. Si cet idéal est exprimé dans les journaux, son application dans les faits est un processus qui s’échelonne sur toute la période étudiée. Cette définition de l’identité canadienne se fait d’ailleurs dans des limites bien définies. L’ouverture faite aux femmes, bien qu’elle fasse figure de nouveauté au XIXe siècle, se limite à des créneaux bien précis du monde sportif. Dans le même ordre d’idées, les Amérindiens font figure d’exclus dans ce nouveau projet identitaire, malgré leur contribution à la diffusion de la crosse au pays. Ces derniers ne sont pas dépeints comme des Canadiens, mais bien comme des vestiges de la nature jadis vierge et sauvage.
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Jonathan Ricard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

L'intégration d’une usine régionale à l’intérieur des grandes sociétés internationales : le cas de la belgo (1967-2007)

Dir. : Lanthier, Pierre

Le présent travail de maîtrise porte sur l’intégration de la Belgo, une usine régionale située à Shawinigan, à l’intérieure d’une grande société. Au cours de ma période d’étude, plusieurs changements administratifs ont eu lieu entre 1967 et 2007. Ces changements administratifs répondent à des besoins spécifiques. Au cours de cette période, trois fusions entre deux grandes corporations ont eu lieu. Il cherche à atténuer la baisse de la demande de papier journal, d’accroître les bénéfices nets et de conquérir de nouveaux marchés.

Face à ces nombreux changements, une analyse sera faite sur la situation de la Belgo. Elle a dû faire à une concurrence interne de plus en plus féroce. À un tel point qu’ils ont cessé leur activité en 2007. La productivité est très importante pour les gestionnaires. La Belgo était de moins en moins rentable en raison des équipements vieillissants qu’elle possédait. Plusieurs événements se sont succédé pour arriver à cette fin fatidique.

Au départ, plusieurs raisons ont mené les investisseurs étrangers à investir dans la Vallée du St-Maurice. Les ressources naturelles sont abondantes, le prix de l’électricité est abordable, la main-d’œuvre est à bon marché et cette région se situe près des régions consommatrices de papier journal. Ces avantages tactiques ont disparu avec les années. Les ressources naturelles coûtent plus cher à s’approvisionner. La masse salariale des travailleurs est plus élevée, en raison du syndicat qui a augmenté les salaires et a amélioré les conditions de travail. Sans oublier que la Belgo exporte dans le monde entier. Elle a aussi dû investir dans la protection de l’environnement.

La fermeture de cette usine a des répercussions directes sur la région. La perte des emplois a un impact sur la situation économique de la région. Plusieurs intervenants ont défendu les intérêts de la région. Il faut dire que la Belgo a toujours eu des liens étroits avec son milieu.
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Hubert Samson, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2015)

Les rapports de territorialités entre les Atikamekw et les Allochtones en Haute-Mauricie (1900-1930)

Dir. : Castonguay, Stéphane

Les Atikamekw occupent la Haute-Mauricie depuis des temps immémoriaux. Ils se répartissent en groupes de chasse semi-nomades afin d'assurer leur subsistance sur le territoire. À partir du milieu du XIXe siècle, ils sont toutefois confrontés à la présence accrue des allochtones sur leurs terrains de chasse et de trappe. Avec le début de la seconde industrialisation — une période marquée par l'exploitation intense des ressources naturelles dans la région — les allochtones étendent leurs activités à travers la vallée du St-Maurice. Ce faisant, ils empiètent progressivement sur le territoire ancestral des Atikamekw.

Notre mémoire vise à retracer la dépossession territoriale des Atikamekw par les allochtones entre les années 1900 et 1930 principalement. À cet égard, nous cherchons à définir comment les activités industrielles modifient profondément l'accès au territoire et à ses ressources et comment il devient difficile pour les Atikamekw de maintenir et de perpétuer leurs pratiques ancestrales. Nous nous intéressons tout particulièrement aux répercussions sociales et environnementales découlant de la mise en exploitation du territoire par les allochtones afin de saisir l'ampleur des bouleversements territoriaux en Haute-Mauricie au cours de cette période. Aussi, en faisant du territoire l'objet central de notre étude, nous souhaitons mettre en lumière le contact entre les Atikamekw et les allochtones sous l'angle des rapports de territorialités. Il s'agit entre autres de définir en quoi les imaginaires géographiques des autochtones et des allochtones se distinguent.

Nous définissons d'abord les fondements de la territorialité chez les Atikamekw en accordant une attention particulière à leurs activités de subsistance et à leur mode d'organisation socio-territoriale. Nous traitons ensuite des pratiques territoriales des allochtones lors de la mise en place d'une structure industrielle à travers la vallée du St-Maurice au tournant du XXe siècle. En analysant les discours de développement des décideurs — ceux de l'État québécois et de la grande entreprise — ainsi que leurs projets d'aménagement et d'exploitation, nous sommes en mesure de déterminer comment les allochtones imposent leur présence en Haute-Mauricie. Pour finir, nous discutons plus spécifiquement de la dépossession territoriale des Atikamekw. Nous démontrons que les allochtones s'approprient le territoire en produisant des connaissances techniques sur le terrain, en construisant des infrastructures et en exploitant les ressources naturelles. Ils remplacent ainsi les marqueurs d'occupation des Atikamekw dont la disparition constitue une manifestation de leur perte d'assises territoriales.
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Charles Audet, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2014)

L'émergence de la notion de terroir dans l'espace public au Québec : définitions et mises en application (1991-2012)

Dir. : Castonguay, Stéphane

Bien connue en Europe, la notion de terroir apparaît dans l’espace public au Québec dans les dernières décennies du 20e siècle. Ce mémoire met en lumière le processus de négociation qui s’opère dans la mise en forme et la mise en pratique de la notion de terroir au Québec. Il s’intéresse à comprendre comment les différents acteurs, à savoir les autorités politiques, les associations œuvrant dans le secteur du développement rural, les producteurs spécialisés et les consommateurs tentent de s’approprier cette notion de terroir et de la mettre en action dans l’espace public. Plus spécifiquement, nous nous attardons à la manière dont ces différents acteurs ont participé au processus législatif, ainsi qu’aux stratégies que chacun privilégie afin d’imposer son interprétation de la notion de terroir dans l’espace public. Dans un contexte de marginalisation économique des zones rurales provoquée par l’implantation généralisée du modèle productiviste en agriculture, alors que les acteurs du monde rural recherchent de nouveaux modèles de développement et voient dans la notion de terroir un levier pour insuffler de nouvelles dynamiques de développement dans les territoires ruraux, l’État québécois s’inspire du modèle européen pour adopter une politique des terroirs par le biais de différentes mesures, dont une loi sur les appellations réservées et la promotion des produits du terroir québécois. La mise en œuvre de cette politique se heurte toutefois à l’absence de consensus autour de la notion de terroir, alors que les différents acteurs du monde rural font valoir diverses définitions de la notion à laquelle ils accolent différents objectifs. Le gouvernement doit alors procéder à des refontes de la loi pour obtenir l’appui des différents acteurs. L’étude des filières cidricole et fromagère nous permet d’illustrer cette mésentente concernant la notion de terroir. Ces filières d’implantation plutôt récente au Québec sont toutes deux dominées par quelques producteurs industriels face auxquels des producteurs artisans tentent de se démarquer en valorisant le lien entre leurs produits et les terroirs dont ils sont issus. Il ressort que la notion de terroir se révèle nécessairement à travers un système de certification des appellations réservées. L’appellation réservée fournit d’abord une reconnaissance officielle de l’authenticité du produit du terroir et son ancrage territorial, ce qui contribue à sa renommée et à sa notoriété, mais plus encore, elle protège cette réputation contre les possibles usurpations d’identités en assurant que le produit certifié réponde à des critères de qualité et d’authenticité reconnues par un organisme indépendant. Il est également à noter que les appellations réservées représentent un outil de mise en marché indispensable pour certains producteurs qui désirent exporter leurs productions sur les marchés étrangers.
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Catherine Deschamps, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2014)

Économie et rapports sociaux : les procès de la cour supérieure du district judiciaire de Trois-Rivières, 1900-1935

Dir. : Nootens, Thierry

Les historiens du droit ont trop souvent souligné l’absence d’études dans le domaine de l’histoire de la justice civile. Le présent mémoire s’articule autour de la question suivante : en quoi la mise en place d’une société marquée par la grande industrie, mais dans le contexte d’une région se distinguant par l’exploitation de ressources primaires s’est-elle accompagnée de tensions dans les rapports socioéconomiques entre les acteurs de la société québécoise du temps ? La Mauricie offre un terrain d’étude qui permet de confronter plusieurs réalités telles que le développement d’entreprises de grande taille, le parachèvement de l’industrialisation du Québec, l’exploitation de certaines régions ressources, la présence d’une classe ouvrière nombreuse et d’une bourgeoisie entrepreneuriale et la croissance des outils d’accumulation et d’investissement des capitaux (services bancaires, caisses populaires, sociétés de fiducie, compagnies d’assurance). L’utilisation des archives judiciaires, plus spécifiquement des poursuites devant la Cour supérieure, nous permet de dévoiler les liens qui les unissent à l’histoire d’une région comme la Mauricie.

Nous articulons notre argumentation autour de trois thèmes majeurs. Il s’agit dans un premier temps de voir l’évolution de la nature des causes entendues devant la Cour supérieure de Trois-Rivières. C’est la cour de première instance la plus importante de la structure judiciaire québécoise. Le corpus judiciaire est examiné pour établir un portrait général des causes à caractère économique, dont nous cherchons à retracer l’évolution au fil des ans. L’analyse de ces données est à la fois quantitative et qualitative, tant sur le plan de la forme que du fond. Dans un deuxième temps, nous examinons l’aspect social des poursuites. Il s’agit ici de comprendre « qui poursuivait qui ? » et « pourquoi ? ». Les poursuites mettant en cause des personnes morales sont étudiées séparément de celles entre individus. Nous pouvons donc voir émerger les rapports de force qui se dessinent dans la société capitaliste du début du XXe siècle. Les différents acteurs sont également positionnés dans les rapports de production : cultivateurs, ouvriers de la grande industrie, cols blancs, professions libérales, membres de la grande bourgeoisie capitaliste, entreprises, compagnies industrielles, banques, etc. Finalement, le dernier objectif de cette recherche est d’intégrer de nouvelles sources à un contexte historique plus large. Les grandes lignes de l’histoire régionale sont bien connues et font coexister quelques réalités structurelles spécifiques : cohabitation d’une agriculture commerciale et de fronts pionniers; installation et croissance de grandes entreprises basées sur l’exploitation des ressources; recours à une main-d’œuvre abondante et peu rémunérée; développement de l’urbanisation et transformation de la propriété foncière; réseaux de crédit personnel. Plusieurs évènements ou changements ont marqué le premier tiers du XXe siècle : émergence du capitalisme, transformation du réseau villageois et urbain en Mauricie, Première Guerre mondiale, début d’une période de prospérité après la guerre, krach boursier de 1929, etc. Il s’agit, par l’entremise des archives judiciaires, de voir comment étaient vécus ces changements sur le territoire de la Mauricie.
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Claire Portelance, Doctorat en études québécoises (2014)

Ce passé qui nous hante. Analyse du récit de fiction cinémographique québécois des années 1960 à aujourd'hui

Dir. : Serge Cantin

Le Québec d’après la Révolution tranquille entretient un rapport trouble avec son passé. Comme on l’a souvent souligné au cours des dernières années, la filiation canadienne-française relève d’une mémoire malheureuse, voire honteuse. La question se pose donc aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité : que faire de ce passé qui fait sans cesse retour dans le présent au gré des événements et des crises? Comment ce passé peut-il encore nous dire quelque chose sur nous-mêmes? Et comment l’identité québécoise pourrait-elle se concevoir sans référence à son passé canadien-français, autrement dit sans le travail de la mémoire? En prenant pour objet le cinéma québécois de fiction des années 1960 jusqu’à aujourd’hui, cette thèse a pour objectif d’interroger le rapport du Québec moderne à son passé. Quel regard le cinéma québécois des cinquante dernières années jette-t-il sur ce passé?

Le cinéma de fiction sera ici conçu non seulement comme une sorte de miroir de la société québécoise, mais comme l’un des vecteurs de sa conscience historique. La première partie, intitulée Cinéma et Mémoire, s’attache à définir le rapport entre cinéma et mémoire et à préciser en quoi les films de fiction peuvent être considérés comme une source d’interrogation sur l’identité d’une collectivité. La deuxième partie, qui a pour titre Genèse du cinéma québécois, montre comment s’est construit, dès les années trente, le dialogue entre le Québec et son cinéma. Le cinéma québécois qui apparaît dans les années 1960 a certes sa propre histoire, mais il n’en existe pas moins une continuité entre lui et le cinéma canadien-français des décennies précédentes, en particulier avec le documentaire. La troisième et plus importante partie de la thèse, De Léopold Z à La neuvaine, propose une analyse du cinéma québécois en tant que récit mémoriel. Le corpus se compose de six films québécois de fiction qui s’échelonnent sur une période d’une cinquantaine d’années. Ces six films, qui peuvent être considérés comme des « incontournables » de la filmographie québécoise, sont regroupés par deux, chaque groupe correspondant à un état de la conscience collective : 1) la révolution tranquille (1960-1970) est illustrée par deux films qui portent à réfléchir sur le passage du Canada français au Québec moderne, La vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carle et Mon oncle Antoine de Claude Jutra; 2) le désenchantement identitaire (1980-1990) est exposé, d’une manière particulièrement douloureuse et pessimiste, par Les bons débarras de Francis Mankiewicz et Léolo de Jean-Claude Lauzon; 3) la crise de la mémoire collective (1990-2000) est mise en relief par Jésus de Montréal de Denys Arcand et La neuvaine de Bernard Émond, deux films qui interrogent la mémoire à la lumière du passé religieux canadien-français. La conclusion récapitule les grandes étapes de notre parcours et revient sur les enjeux que soulève notre questionnement sur la mémoire.
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Guillaume Blanc, Doctorat en études québécoises (2013)

Les territoires des parcs nationaux (Canada, Éthiopie, France) : logiques identitaires, patrimoniales et nationales

Dir. : Castonguay, Stéphane
Codir. : Hirsch, Bertrand

Cette thèse propose une histoire environnementale comparée de parcs nationaux canadien, éthiopien et français, de la fin des années soixante au temps présent. Manifestations locales d’un pouvoir national, les parcs permettent d’abord le contrôle des populations vivant en leur sein ou dans leurs alentours. Produits d’un travail sur le milieu, ils constituent aussi la matérialisation d’une culture étatique de la nature. Publicisés en tant que symboles de la nation, ils invitent enfin au parcours, à la contemplation et à l’amour du territoire local et, par extension, du territoire national. À Forillon, l’État fédéral canadien s’ingénie à naturaliser la nation. Par l’élimination des traces de l’homme contemporain, ses responsables font du parc le symbole naturel d’une nation sublime et atemporelle. En Cévennes, la Ve République française s’investit au contraire dans un processus de nationalisation de la nature. Par l’entretien d’un paysage agro-pastoral, les gestionnaires du parc œuvrent à la perpétuation d’une nature humanisée, emblématique d’une France rurale, traditionnelle et nostalgique. Quant à l’Éthiopie, le pouvoir se livre à une inter-nationalisation de la nature. Par la limitation de l’exploitation des sols et des forêts des montagnes Semēn, l’État offre aux visiteurs occidentaux un espace édénique fait de faune, de flore et de panoramas. Reliquat menacé mais encore indemne d’un continent sauvage, le parc suscite la reconnaissance internationale et peut favoriser, de ce fait, la fierté nationale. N’ayant de national que sa qualité internationale, le parc se révèle cependant inter-national.

Au-delà de cette apparence de paysage « naturel », le parc national apparaît intrinsèquement contradictoire. Espaces de vie convertis en espaces de visite dédiés à la consommation nationale et internationale d’une nature préservée, les parcs évoluent au gré d’une négociation écologique, économique et touristique à l’issue de laquelle, systématiquement, les populations de l’extérieur l’emportent sur celles de l’intérieur. Un métarécit patrimonial et national accompagne le processus. Dans les Cévennes, la valorisation de la dimension traditionnelle du territoire participe à la mise en mémoire de la nation, entité conservant sa pertinence au regard de son seul passé. Inversement, à Forillon, la réification d’une nature vierge et apolitique soutient une construction nationale qui cherche à dépasser une histoire manquant de passé mais débordant de conflits. Quant au Semēn, l’abolition du droit à l’exploitation de l’espace vise à asseoir la légitimité de l’État éthiopien. En adoptant les représentations éco-racistes d’institutions transnationales, selon lesquelles là où l’Européen façonne, l’Africain détruit, le pouvoir reste nommément national et il est dès lors d’autant plus à même de poursuivre l’éthiopianisation de son territoire. La réussite de l’entreprise exige que l’État exerce une violence à la fois concrète et symbolique sur les populations locales et environnantes. Sans cesse, afin que celles-ci s’approprient ou se soumettent à l’ordre naturel et national qui soutient l’existence du parc, les pouvoirs politiques mobilisent alors la coercition et la rhétorique.

Au début du XXIe siècle, chaque administration s’engage, à sa manière, à réformer la gestion des parcs. Il reste que, à ce jour, les parcs nationaux demeurent tout de même le lieu d’une véritable lutte paysagère.
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Marie-Joëlle Côté, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2013)

Le commerce du sexe en Mauricie (1850-1916) : pratiques sociales et répression étatique

Dir. : Nootens, Thierry

Dans des grandes villes comme Montréal ou Toronto, nous avons une idée de la manière dont était structuré le commerce du sexe à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Mais qu’en est-il pour une région plus rurale comme la Mauricie? Pour une petite ville de quelques milliers d’habitants comme Trois-Rivières? C’est là l’objectif de notre projet de recherche : faire un portrait des pratiques et structures de ce milieu, sans oublier des acteurs impliqués, ainsi qu’une étude des sanctions imposées, pour un pôle régional du Québec, mais aussi pour un milieu plus rural comme la campagne environnante.

D’abord, le portrait d’un type de déviance est à dessiner. Les archives municipales et judiciaires permettent de mieux comprendre les pratiques sexuelles illicites, les lieux de ces activités, qui se déroulent parfois loin des regards indiscrets, mais d’autres fois trop près de voisins dérangés qui se plaignent de bruits ou scènes inappropriés. L’intempérance, l’autre vice à combattre par les réformateurs de l’époque, est souvent mêlée aux affaires de prostitution, puisque l’alcool et la sexualité vénale forment une combinaison fréquente à l’époque. Des acteurs atypiques, comme les charretiers, sont profondément impliqués dans ce milieu complexe. Sans oublier quelques constables qui créent scandale en protégeant certains bordels. Du côté des acteurs plus typiques, nous avons les récidivistes, qui se font arrêter parfois dès leur sortie de prison. Dans les accusations liées aux maisons de débauche, les individus entretiennent fréquemment des liens de toutes sortes entre eux. Les défendeurs plaident la plupart du temps non-coupable et doivent convaincre les juges de paix de leur innocence. La majorité de ceux-ci échouent et sont sanctionnés par le système de justice trifluvien. L’influence du sexe et du type de délit est à considérer lors de l’analyse des sanctions imposées aux coupables. Lors de toutes les étapes du processus judiciaires, des individus interviennent parfois en adressant des lettres au greffier de la paix, ce qui peut influencer le verdict, la peine et la durée de l’incarcération.

Notre recherche confirme que le commerce charnel en Mauricie comporte des spécificités, même si des aspects peuvent être comparables à certaines caractéristiques ou traits généraux mis en évidence dans d’autres études sur la prostitution dans les grandes villes.
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Audrey Martel, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2013)

« Rien que pour être splendides »: le vêtement féminin chez l'élite de Québec, 1760-1799

Dir. : Turcot, Laurent

« Être splendides » est tout ce qui importe aux femmes de Québec selon le voyageur Perh Kalm, de passage dans la ville en 1749. Mais être splendides pour qui ? Et surtout comment ? L’objectif principal de cette étude repose sur l’analyse de la mode féminine chez l’élite de Québec, entre 1760 et 1799. Le tissu social particulier et la forte mobilité sociale qu’il entraine permettent au vêtement de devenir le véhicule d’une distinction sociale certaine. L’analyse démontre qu’au cours de ces années, on assiste au développement d’une commercialisation de la mode, qui permet aux femmes de reproduire les modèles européens. L’importance qu’elles accordent à la mode parisienne et londonienne limite le réel développement des particularités vestimentaires canadiennes.
C’est donc par l’étude de La Gazette de Québec, des inventaires après décès et des récits de voyage que ce mémoire de maîtrise entend faire ressortir les traits particuliers des habitudes vestimentaires des femmes de Québec.
Cette recherche vient combler une lacune dans l’historiographie québécoise, qui s’est peu attardée à la question du vêtement et sur les motivations qui mènent à choisir ce que l’on portera. Ce mémoire ouvre donc la voie à une toute nouvelle vision des habitudes vestimentaires canadiennes, dans leur fonction sociale et culturelle.
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Aubert Poirier Forest, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2013)

Le potentiel des plans d'assurances anciens pour l'étude des villes industrielles, l'exemple de Trois-Rivières 1879-1917

Dir. : Bellavance, Claude

Cet essai porte sur l’analyse de trois documents historiques : l’atlas de la ville de Trois-Rivières et du comté de Saint-Maurice, les plans d’assurance de 1888 actualisés en 1903 et les plans d’assurance de 1917. Les quatre décennies touchées par cette étude s’inscrivent au centre d’une période de profondes transformations pour la ville de Trois-Rivières. Stimulée par le dynamisme de l’industrie forestière, la ville connaît une expansion démographique importante qui s’accompagne d’un développement majeur de l’espace urbain. Ce sont ces transformations morphologiques de la ville qui se révèlent à travers l’étude des sources que propose cet essai. D’abord, notre travail retrace l’histoire des plans d’assurance. Nous exposons le processus de collecte d’informations et de confection qui mène à la création de ces documents. Puis, nous détaillons les divers exemples d’utilisations modernes de ces sources par les chercheurs s’intéressant aux études urbaines, environnementales, économiques, architecturales et démographiques.
Dans la seconde partie de notre étude, nous explorons les possibilités de recherche qu’offrent les éléments de notre corpus. Nous présentons chacun des documents succinctement en mettant l’accent sur l’état du cadre bâti et sur les modifications qui apparaissent dans chacune de nos trois sources. Nous sommes à la recherche des éléments marquants du cadre bâti permettant de déceler les développements économiques, sociaux, gouvernementaux et religieux de la ville de Trois-Rivières. Par la suite, nous analysons les éléments d’information qui apparaissent sur nos documents dans le but de soulever des pistes de recherches futures. Nous souhaitons démontrer que le potentiel des atlas et les plans d’assurance ne se borne pas à constituer une source riche permettant d’étudier le cadre bâti. En effet, nous suggérons que ces sources prennent toute leur valeur lorsqu'elles sont croisées avec d’autres documents historiques tels que les listes de recensement nominatives, les rôles d’évaluation, les baux notariés et bien d’autres. Nous avançons également que le haut degré de standardisation qu’offrent les plans d’assurance permet la constitution de grilles d’analyse transposables d’une ville à l’autre, ce qui offre des avantages méthodologiques évidents.
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Nathalie Ricard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2013)

Risque, droit et société : les enquêtes du coroner du district de Trois-Rivières, 1850-1950

Dir. : Nootens, Thierry

Notre étude porte sur les enquêtes du coroner du district judiciaire de Trois-Rivières menées entre 1850 et 1950. À l'époque, le coroner est chargé d'enquêter en cas de mort violente ou soudaine et de produire un rapport sur les circonstances et les causes de décès, en plus d'identifier les individus qu'il croit criminellement responsables. Les travaux en histoire de la justice criminelle se sont principalement intéressés jusqu'à présent à la formation et à la mise en place des corps policiers de même qu’à certains officiers de justice, comme les juges de paix, œuvrant au sein des échelons inférieurs de l'appareil judiciaire. Or, peu d’études ont été consacrées spécifiquement au coroner et à son travail concret en tant qu'officier de justice.

Notre problématique de recherche comporte deux volets. D’une part, en quoi les enquêtes des coroners sont-elles symptomatiques de la précarité et des risques sociaux qui guettent la population de l'époque? D’autre part, en quoi le travail des coroners est-il révélateur des modifications que subit le système de justice et des rapports qu'entretiennent droit et société?

À partir des verdicts d'enquête du coroner, le premier chapitre dresse un portrait détaillé des types de décès. Une typologie des causes de décès a été élaborée en étudiant leur nature et leur récurrence. S'ensuit une analyse de leur évolution mise en rapport avec les grandes transformations socioéconomiques qui marquent la période étudiée. Nous présentons ensuite le profil des victimes en fonction de la cause de décès. Le second chapitre examine en détail, sur le plan qualitatif, les diverses circonstances de décès telles que rapportées dans les témoignages.

Le troisième chapitre s'intéresse à la place qu'occupe le coroner au sein de l'appareil judiciaire. L'évolution de la législation sur les coroners, l'apparition des procédures sommaires et les changements relatifs à l'environnement matériel et institutionnel de leurs enquêtes sont considérés. L'examen de son pouvoir discrétionnaire, de son implication dans le système de justice criminelle et de son pouvoir de recommandation permet aussi de comprendre son rôle particulier de régulation sociale. Le dernier chapitre se consacre aux différents acteurs qui participent aux enquêtes du coroner. Nous y mettons à contribution le concept d'internormativités et une approche du droit vu « par le bas ». La participation à plusieurs titres des gens ordinaires reçoit une attention particulière. L'influence des acteurs bénéficiant d'un certain pouvoir (médecin, agent de police, avocat, procureur général et curé) et qui interviennent à différentes étapes du processus d'enquête est en outre examinée.
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Olivier Thériault, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2013)

Entre raison et passion. Les discours sur le jeu au Québec (1764-1810). Société et culture

Dir. : Turcot, Laurent

Le jeu de hasard prend une ampleur inégalée au XVIIIe siècle. Aussi, le discours le concernant se modifie-t-il. Diverses voix s'élèvent alors, des théologiens aux philosophes en passant par les littéraires pour en faire la critique ou l'apologie. Ce qui n'était que cas individuels laissés à la conscience de chacun devient un problème collectif, du moins dans les discours. Utilisé afin de véhiculer des critiques à peine dissimulées du pouvoir ou des élites, le jeu quitte ainsi la sphère purement ludique. Nous nous interrogeons dans les pages suivantes sur les jeux de hasard comme révélateurs de débats de société plus larges. Quels liens permettent-ils de faire entre la société, l'État et l'Église? Afin d'y répondre nous traiterons en premier du discours européen sur le jeu avec objectif de le placer en contrepoint des idées se trouvant exprimées dans nos sources. Ensuite, deux chapitres traiteront respectivement des discours répressifs sur les jeux de hasard puis des discours favorables et des diverses implications culturelles du loisir. Nous tenterons donc de démontrer que les discours sur le jeu ne relèvent pas que du ludique, ils sont aussi le reflet des débats politiques et culturels au sein de la société civile, car ils sont un des canaux permettant de saisir l'articulation de deux grandes tendances qui sont la religion et le politique.
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Charles Bussières-Hamel, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

"Les gants ont tombé, les bâtons ont été échappés et on s'est cogné sur la gueule". Étude de la justification de l'utilisation de la violence au hockey (1950-1985).

Dir. : Lanthier, Pierre

L'objectif recherché avec ce mémoire de maîtrise est de démontrer au travers les propos des acteurs impliqués dans le monde du hockey qu'il existe des comportements violents qui sont justifiables et d'autres qui ne le sont pas.
Deux événements incontournables dans l'histoire sportive québécoise établissent les balises temporelles de l'étude. L'émeute du Forum de Montréal suite à la suspension de Maurice Richard en mars 1955 sert de point de départ. L'aspect social de cet événement et le rôle du Rocket dans la société québécoise ont été largement étudiés par les scientifiques. Nous insistons plus précisément sur les événements menant à la suspension de Maurice Richard. L'étude se conclut avec la bagarre du Vendredi saint d'avril 1984 au Forum de Montréal.
Cinq exemples ont été choisis afin de prouver que dans certains cas, les acteurs impliqués expliquent les raisons motivant leurs actes tandis que dans les autres ils doivent condamner leurs agissements. Il est impossible négliger la presence des bagarres au hockey. Le but recherché est de faire la lumière sur les rituels les entourant tout en essayant de comprendre les raisons qui incitent les joueurs à enlever leurs gants et à s'affronter dans un duel à poings nus. Par la suite, ceux-ci expliquent les raisons les ayant menés à adopter un tel comportement. Bien que les autorités des ligues professionnelles laissent les belligérants se battre, il n'en demeure pas moins que les bagarres demeurent condamnées. Trois exemples servent à expliquer les raisons qui motivent les joueurs à utiliser leurs poings pour se faire justice et pourquoi il était justifié de procéder ainsi. Les deux autres concernent des incidents que les acteurs ne peuvent pas défendre. Cela permet d'aborder le fait que les coups salauds peuvent provoquer des débordements inexcusables. La bagarre du Vendredi saint entre les Canadiens et les Nordiques ne représente pas un événement isolé. Ces deux équipes étant impliquées dans une rivalité, il y a eu une escalade des tensions et la création d'un sentiment de vengeance qui devait inévitablement résulter en une des plus célèbres bagarres générales de l'histoire du hockey.
Le dépouillement de La Presse, du Montréal-Matin et du Journal de Montréal a servi à la constitution du corpus. L'argumentation s'appuie sur les propos recueillis par les journalistes auprès des joueurs, des entraineurs et de certains autres intervenants du monde du hockey. Ceux-ci expriment leurs impressions sur ce qui s'est passé durant le match. À l'occasion, l'utilisation des opinions des chroniqueurs sportifs soutient l'argumentation.
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Rachel Caux, Doctorat en études québécoises (2012)

L’argent du lait : famille, genre et marché dans la région de Québec, 1870-1930

Dir. : Rousseau, Yvan
Codir. : Séguin, Normand

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la grande région de Québec connaît une phase de commercialisation plus intensive de sa production de beurre domestique. Nombre de fermières sont amenées à tisser des liens serrés avec le marché. Les familles activement engagées dans le commerce du beurre domestique en retirent d'intéressants revenus et les femmes, principales responsables de cette production, en ressortent vraisemblablement avec une meilleure reconnaissance. Les activités liées à la fabrication de beurre n'échappent cependant pas à la logique de la reproduction familiale. La participation accrue des filles aux revenus de la famille pose avec une nouvelle acuité la question des inégalités entre frères et sœurs dans le partage du patrimoine familial. Ce phénomène touche également les familles de Saint-Pierre-de-l’Île d’Orléans qui commercialisent le fromage « raffiné ». Un terroir clos et des coûts élevés du sol contraignent plusieurs d'entre elles à contrôler la sexualité de leurs enfants en retardant l'âge au mariage. Ce service familial allongé n'a cependant pas les mêmes répercussions sur les filles dont les fruits du travail constituent un rouage important de la reproduction familiale.

L'intensification de la commercialisation des productions domestiques entraîne donc, paradoxalement, des conséquences différentes en fonction du type de production, mais surtout du cadre dans lequel s'effectue la reproduction sociale de la paysannerie. D'un côté, le marché tend à affranchir les fermières, alors que de l'autre, il appelle à un renforcement de l'emprise patriarcale sur elles.

La transmission exogame des savoirs liés à la fabrication du beurre et du fromage entre en conflit avec les besoins de capitalisation de la production laitière sur ces fermes. La solution qui s'imposera sera de transférer la production vers les fabriques. Ces dernières, en effet, deviennent le lieu où s'opère une redéfinition du genre associé au travail de transformation des produits laitiers. D'ailleurs, la production en fabrique amène l'État à intervenir directement et à déplacer les modes de transmission des connaissances hors du contrôle « traditionnel » des femmes, afin de mieux en encadrer le contenu et la diffusion.

La croissance rapide du nombre de fabriques dans la région ne réussit pas à évincer du marché la production domestique des fermières. Cette dernière parvient même à freiner le déploiement des fabriques en certains endroits de la région de Québec. Le maintien d'une production domestique commerciale amène plusieurs commentateurs influents de la scène agricole à inciter les familles à transférer leur production vers les fabriques. L'enjeu ne concerne pas uniquement la domination d'un mode de production par un autre, il porte aussi sur la redéfinition des rôles « masculin » et « féminin » dans les familles rurales. Les fabriques ont constitué les lieux où se cristallise cette redéfinition du genre de la transformation laitière. Ce processus s'étend bientôt aux autres opérations de la filière laitière, réduisant graduellement le travail des fermières à la « tenue de maison ». Plusieurs finissent ainsi par intérioriser certaines des valeurs des « ménagères rurales » qui les confinent au domaine domestique, alors que les hommes tendent dorénavant à être davantage identifiés au modèle des « breadwinners » transposé au contexte rural québécois.
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Alexandre Dumas, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

L'abbé Pierre Gravel : Comment concilier le syndicalisme avec le nationalisme d'extrême droite (1924-1949)

Dir. : Lanthier, Pierre

L’abbé Pierre Gravel (1899-1977) est un organisateur syndical et un conférencier nationaliste dont la popularité s’étend à l’échelle de la province. Influencé par Lionel Groulx, Henri Bourassa et Charles Maurras, ce prêtre se fait connaître en présentant aux Canadiens français un projet de profonde réforme de la société. Ce projet s’inspire à la fois de la doctrine sociale de l’Église, de la droite intellectuelle française et plus tard des dictateurs européens, en particulier d’Oliveira Salazar et de Philippe Pétain. Très populaire à son époque auprès des ouvriers et de la droite nationaliste, l’abbé Gravel est aujourd’hui généralement oublié et absent de l’historiographie.

L’analyse du discours de l’abbé Pierre Gravel permet de jeter un regard nouveau sur certains courants de pensée jusqu’ici étudiés de façon superficielle. Certaines mises au point semblent encore nécessaires alors que certains historiens et essayistes présentent toujours le Québec des années 30 et 40 comme une société profondément fasciste et antisémite. Sans nier les sympathies qu’on pouvait retrouver pour les dictateurs européens ou les attaques à l’encontre des Juifs, nous nous proposons de mettre en lumière la façon dont ces tendances pouvaient s’inscrire dans un discours plus large. Par exemple, quel intérêt un nationaliste qu’on pourrait qualifier d’extrême droite trouvait-il dans l’activité syndicale? Peut-on être à la fois syndicaliste et fasciste? Des préoccupations sociales sincères peuvent-elles mener à l’autoritarisme?

La Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale présentent un contexte propice aux profondes remises en question. Ce qui est perçu comme l’échec de la Confédération mène à un nationalisme de plus en plus radical où s’insère parfois le séparatisme. Les conséquences de la Crise économique amènent à considérer des mesures drastiques pour y remédier. Ainsi, on passe de simples critiques à l’égard de la démocratie à de profondes sympathies pour les États autoritaires européens. Finalement, on passe d’une simple méfiance envers les Juifs à un antisémitisme de plus en plus prononcé et hargneux. L’abbé Pierre Gravel s’inscrit parfaitement dans ces courants en pleine évolution.

Ce mémoire vise donc, par l’étude d’un personnage, à jeter un regard nouveau sur la droite nationaliste québécoise. Notre travail se consacre toutefois à un seul personnage et non à un courant dans son ensemble. Il nous semble tout de même nécessaire de considérer le cas de Pierre Gravel dans le cadre de l’étude d’un « fascisme québécois », à savoir si un tel courant a existé et, dans ce cas, comment se définissait-il.
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Sylvain Giguère, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

Perception de la mixité scolaire par les élèves de la Mauricie et leurs enseignants

Dir. : Roy, Jean
Codir. : Lebel, Christine

La séparation des sexes dans les classes est un fait ancien au Québec. Certes, il se trouve des exemples pour montrer qu’il n’en fut pas continuellement ainsi, principalement dans les écoles rurales ou encore là ou le nombre d’écoliers ne le permettait pas. Toutefois, l’École publique de la Révolution tranquille est mixte. En effet, la grande majorité des écoles, tous niveaux confondus, acceptent les deux sexes dans leurs salles de cours. Même que le nombre d’institutions d’enseignement réservées à un ou l’autre sexe est actuellement en diminution.

Or, cette mixité scolaire n’a pas manqué de susciter des débats et des études sur ses bienfaits ou ses inconvénients. Évidemment, les conclusions de ces travaux vont dans plusieurs sens. Alors que certains auteurs défendent à tout prix la mixité, d’autres sont pour la séparation des sexes à certaines périodes de la vie scolaire de l’enfant ou encore pour l’enseignement de matières scolaires choisies. Enfin, d’autres appuient la séparation des garçons et des filles au primaire et au secondaire.

Cependant, très peu d’études s’intéressent à la façon dont les élèves et les enseignants vivent cette mixité devenue la norme dans les écoles publiques depuis l’application du Rapport Parent. Il en va ici de l’originalité de ce travail. L’objectif est de comprendre comment, aujourd’hui, les différents acteurs du milieu de l’éducation, soit les enseignants et les élèves, pensent et vivent la mixité scolaire.

Nous avec donc sondé des enseignants du primaire et du secondaire ainsi que leurs élèves dans le but de connaître leurs agissements dans les classes publiques mixtes et leur opinion sur la mixité scolaire. Il s'agit d'une recherche qualitative sur les comportements. Par ailleurs, les réponses aux questionnaires permettent une quantification des informations qualitatives.

L’enquête démontre que, si les agissements des élèves et de leur enseignant peuvent varier selon l’année scolaire, certaines constantes ressortent. Les garçons sont indisciplinés, proactifs et aiment contrôler la classe sur les plans physique et sonore, ce contrôle devenant de plus en plus important au fur et à mesure qu'ils gravissent les échelons scolaires. De leur côté les filles, passives, disciplinées, aidantes et attentionnées s'imposent pas leur sérieux et leur souci de la réussite scolaire. Il n’y a pas d’étonnement à voir les enseignants accorder beaucoup d'attention aux garçons, que ce soit pour scruter leurs travaux, pour les ramener à l'ordre ou simplement pour faire des blagues. Finalement, cette étude démontre clairement que la mixité scolaire est très appréciée des élèves et de leurs enseignants.
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Tomy Grenier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

Des promesses et des votes : Clivages idéologiques et participation politique lors des élections de 1935 et 1970 au Québec

Dir. : Lanthier, Pierre

Si, au cours du XXe siècle, le débat politique québécois apparaît monopolisé par la question constitutionnelle – voire circonscrit entre souverainisme et fédéralisme –, les programmes et les discours des partis politiques révèlent pourtant la présence – sous-estimée – d’un autre clivage idéologique : gauche-droite. Certes, une forte attraction circonscrit les partis politiques au centre, mais une divergence idéologique subsiste néanmoins quant à la définition du rôle de l’État et s’amplifie lorsque les enjeux sont importants.

La présente étude a pour objectif d’analyser les principaux clivages idéologiques qui ont marqué la scène politique du XXe siècle québécois et de démontrer que les forts enjeux, qui les suscitent, stimulent à la fois l’avènement de nouveaux partis et l’augmentation de la participation électorale.

À cet effet, les élections de 1935 et 1970 constituent des échantillons pertinents qui permettent de mettre en lumière les deux principaux clivages caractérisant la scène politique québécoise : gauche-droite et souverainisme-fédéralisme. Sous la forme d’une mise en perspective des programmes des partis avec les discours des candidats rapportés par La Presse et Le Devoir (programmes et discours étant les deux grands vecteurs de communication des partis en direction de l’électorat), notre recherche met en évidence leur définition de l’interventionnisme étatique dans les domaines économique et social et expose les camps idéologiques dans lesquels se rangent les différents partis politiques lors de ces élections.

En substance, les résultats de cette étude confirment l’existence d’un lien entre la montée de la participation électorale et l’arrivée de nouveaux partis à l’Assemblée nationale, consolidé par la présence d’enjeux forts. De plus, ils révèlent une nette distinction idéologique entre les partis politiques, exposent les élections étudiées en tant que point de rupture dans la transition entre vieux et nouveaux partis politiques, et suggèrent, somme toute, l’attachement de l’électorat québécois tant au bipartisme qu’aux idées centristes.
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Steven Hill-Paquin, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

L'institutionnalisation des organisations populaires : l'exemple des associations coopératives d'économie familiale - 1961-1985

Dir. : Rousseau, Yvan

Les nouveaux développements de la société de consommation dans l’Après-guerre s’accompagnent d’un renouvellement des problématiques sociales liées au surendettement des ménages ouvriers. Interpellées directement par ces questions, les différentes institutions syndicales, coopératives et étatiques s’engagent dans plusieurs initiatives pour améliorer la situation financière des familles en milieu populaire. Ces interventions soulèvent de nombreux débats sur le rôle de l’État dans la réglementation des activités commerciales et la protection du consommateur.

Les Associations coopératives d’économie familiale (ACEF), qui voient le jour au cours des années 1960, s’imposent rapidement comme un des principaux groupes de pression en matière de droits des consommateurs. En étudiant l’histoire de ces associations entre 1961 et 1985, ce mémoire se penche sur les transformations et les tensions internes qu’elles connaissent dans ce qu’il convient d’appeler le champ de la consommation. L’analyse est centrée sur les rapports complexes, et souvent conflictuels, que les ACEF ont historiquement entretenus avec les différentes institutions qui les entourent. Il s’agit de comprendre comment ces relations ont amené ces associations de défense des consommateurs à s’orienter davantage vers le développement des services directs aux usagers. L’étude proposée situe cette transformation dans le cadre élargi de stratégies de professionnalisation et de spécialisation des activités du Mouvement ACEF, lesquelles visent à établir sa crédibilité et son expertise en tant qu’institution légitime dans le champ de la consommation. En cela, les ACEF connaissent un processus d’institutionnalisation semblable à celui d’autres groupes du mouvement populaire québécois au cours des mêmes années.
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David Laporte, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

Voyage au pays des " vrais hommes " : utopie et mythe américains dans La Saga des Béothuks de Bernard Assiniwi

Dir. : Marcotte, Hélène

Résumé non disponible.
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Mathieu Lessard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

L'image des camps et des atrocités nazis dans la presse montréalaise (1944-1965)

Dir. : Lanthier, Pierre

Devant la découverte des conséquences humaines de la Seconde Guerre mondiale, les Montréalais eurent à se créer un cadre de référence afin de s’assurer de bien en saisir le sens. Dans cette optique, comment, par la couverture médiatique offerte par les journaux The Gazette, La Presse et Le Devoir, la population a-t-elle pu se représenter les atrocités commises par les nazis? L’hypothèse de départ reposait sur l’importance des titres et des sous-titres dans l’accession au contenu journalistique. Ce fut donc sous l’angle de la présentation du contenu, mais également des méthodes et des lieux d’extermination que furent analysés ces quotidiens.

Dès la libération des premiers camps, les lecteurs eurent droit à la description des conditions physiques de soldats prisonniers. Après la visite du général Eisenhower dans les camps, les informations devinrent beaucoup plus crues, plus spécifiques. Ces dernières étaient doublées par l’ajout de témoignages de survivants. À la lumière des articles, les Allemands étaient les responsables, au même titre que l’armée et les nazis, de ces atrocités.

Immédiatement après la guerre, plusieurs procès furent institués. Celui de Nuremberg (1945-1946) mettait l’accent sur les mécanismes déployés par les nazis afin d’accomplir leur objectif de domination, voire de destruction. La lumière fut ainsi faite sur les principales victimes ainsi que sur leurs bourreaux, c’est-à-dire les dirigeants du Reich. Quelques années plus tard, le procès Eichmann (1961-1962) permit de savoir comment fonctionnait la machine nazie. L’image des victimes se concrétisait et les responsables du carnage nazi se singularisaient. Le second procès d’Auschwitz (1963-1965), quant à lui, venait ajouter quelques détails sur les méthodes mises de l’avant dans les camps tout en accusant le personnel d’Auschwitz. Finalement, il est intéressant de constater comment le visage des victimes et de leurs bourreaux a changé au fil du temps : des victimes militaires aux victimes juives, des bourreaux allemands aux dirigeants nazis.

La représentation des atrocités était sensiblement la même pour The Gazette et La Presse, les deux utilisant des titres et des sous-titres évocateurs permettant ainsi aux lecteurs d’avoir une idée du contenu de l’article. La situation était tout autre au Devoir : différence dans la présentation des articles, mais aussi par la présence de courriers des lecteurs donnant une bonne idée de l’impact de ces découvertes au sein de la population.
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Maélie Richard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

Les instituts familiaux de Trois-Rivières et de Cap-de-la-Madeleine : traditions et innovations

Dir. : Ferretti, Lucia

Jusqu'à maintenant, lorsqu'elle s'est intéressée à l'éducation des filles, l'historiographie a cherché surtout à faire part des luttes menées pour l'accession de celles-ci à une formation professionnelle ou aux études classiques (de M. Dumont et N. Fahmy-Eid (dir.), Les couventines, 1986 à L.-H. Albert, L. Ferretti et al., Collège et collégiennes, 2005). Ces cheminements scolaires, en effet, ont été les plus susceptibles d'assurer l'émancipation économique et sociale des jeunes filles et de faire progresser les mentalités au sujet de l'égalité des hommes et des femmes. Notre recherche porte sur l'évolution de la conception de la femme au foyer au Québec au milieu du XXe siècle. L'abbé Albert Tessier, Trifluvien, est nommé, selon une volonté commune aux autorités ecclésiale et politique, visiteur-propagandiste des écoles ménagères en 1937. Ces écoles ont alors en période de stagnation. L'abbé Tessier, par les liens qu'il entretient avec les milieux pédagogiques, politiques et ecclésiastiques, réussit à s'entourer de personnes compétentes qui lui permettront d'attirer des jeunes filles vers une formation axée sur les rôles de mère et d'épouse et qui vise à rétablir les valeurs chrétiennes et familiales jugées par le clergé en détérioration rapide dans la société du milieu du XX siècle. Après son arrivée à la tête du mouvement d'enseignement ménager, et en collaboration avec le père Alcantara Dion, l'abbé Tessier s'implique dans l'élaboration d'un nouveau programme axé sur la famille et les rôles de la femme dans cet univers plutôt que sur l'univers agricole et ménager traditionnel. Ce nouveau programme conserve une série d'éléments et de cours traditionnels, mais mise sur un renouveau pédagogique qui atténue les hiérarchies sociales et s'adapte à l'environnement dans lequel les jeunes filles devront vivre. De plus, des innovations proposées et testées par certaines congrégations religieuses permettent de modifier lentement le programme pour tenter de l'adapter aux nouvelles réalités sociales. C'est pourquoi, dans le cadre du présent travail, nous nous sommes concentrés sur les instituts familiaux de Trois-Rivières et de Cap-de-Ia- Madeleine tenus par les Filles de Jésus, congrégation ayant établi plusieurs liens avec Mgr Tessier. Cette adaptation amène un changement de nom des écoles pour l'adapter aux nouvelles réalités de cet enseignement. C'est ainsi qu'en 1950, peu de temps après sa prélature, Mgr Tessier modifie le nom des écoles pour instituts familiaux. En étant attentive aux valeurs diffusées dans les pages des manuels scolaires ainsi qu'aux sujets théoriques et pratiques qu'ils ont couverts ainsi qu'aux nombreux articles et ouvrages rédigés par des proches du mouvement d'enseignement familial, nous pourrons cerner l'évolution de la formation dispensée à celles dont on voulait principalement faire des épouses et des mères modèles; et, par là, saisir en quoi, sous la poussée entre autres des revendications féminines de ces années, la conception de la femme au foyer a pu se transformer peu à peu.
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Carl Veilleux, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2012)

Les conditions d’existence d’un périodique culturel au Québec : la revue Séquences

Dir. : Ferretti, Lucia

Portés par les idéaux de groupes cherchant à s’exprimer publiquement, les périodiques culturels forment un univers caractérisé par la précarité, car tant d’entre eux n’ont que des existences brèves, voire même éphémères. Notre mémoire s’intéresse aux facteurs qui favorisent la longévité d’un périodique culturel en retraçant les conditions d’existence de la revue de culture cinématographique Séquences. Nous cherchons à savoir ce qui incite un groupe à créer un périodique culturel, ses motivations et l’objectif qu’il assigne à la revue qu’il fonde. Nous avons choisi d’étudier cette question en observant deux périodes distinctes dans l’histoire de la revue Séquences. Son type de gouvernance a été modifié au cours de ces deux périodes, ce qui a eu des conséquences directes sur ses objectifs et sur ses moyens. Alors que dans la première période, Séquences se présente comme bulletin de liaison d’un organisme relevant de l’Église catholique, dans la seconde, il est devenu un périodique culturel indépendant.

Fondé en 1953, le Centre diocésain du cinéma de Montréal a pour but d’éduquer la jeunesse québécoise. L’Église considère que celle-ci est de plus en plus exposée au cinéma d’origine étrangère, et elle déplore certaines des valeurs qui y sont véhiculées. Avec l’objectif de sensibiliser ses fidèles au respect de la morale catholique au cinéma, le Centre crée diverses publications sur le cinéma, qu’elle diffuse à travers ses différents réseaux de sociabilité scolaire ou communautaire. La naissance de la revue Séquences, en 1955, fait partie de ces initiatives. Jusqu’en 1970, Séquences est l’outil pédagogique proposé à la jeunesse étudiante membre des ciné-clubs.

Lorsque nous reprenons l’étude de ce périodique en 1994, nous retrouvons la même revue, mais avec une nouvelle équipe de direction, un modèle d’affaires différent et surtout un nouvel environnement culturel des plus compétitifs, où il devient de plus en plus difficile de défendre sa ligne éditoriale et surtout sa rentabilité. Afin de situer Séquences dans le paysage des périodiques culturels québécois, nous proposons pour la seconde période une analyse comparative avec une étude portant sur les 25 périodiques culturels subventionnés par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dont Séquences fait partie.

Au terme de notre analyse, qui est de type internaliste, la revue Séquences apparaît donc comme une revue appropriée pour développer un questionnement sur les conditions d’existence des revues culturelles, puisque ce périodique présente en deux époques distinctes, soit 1955 à 1970 et 1994 à 2008, deux types de gestions différentes. La revue a su s’adapter à l’environnement où elle évoluait et elle a perduré pour devenir la plus ancienne revue culturelle encore en activité.
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Felipe Antaya, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2011)

Pierre Vallières ou le danger d'occulter le passé

Dir. : Ferretti, Lucia

L’objectif principal de la recherche est de situer le parcours personnel de Pierre Vallières dans les mouvements sociaux québécois des années 1950 à 1990 et aussi situer son analyse de la société québécoise dans la production idéologique de son temps.

Pierre Vallières, ce penseur québécois né en 1938 d’un père ouvrier et d’une mère au foyer, a suivi un parcours sinueux. D’ailleurs, il se veut un représentant à la fois typique et atypique de la gauche québécoise de son époque. Par ses écrits, il a contribué avec toute la jeunesse de gauche, voire la plus grande partie de la jeunesse des années 1960 et 1970, à rejeter l’Église institution, pilier de la société québécoise traditionnelle. Également, il avait la profonde conviction, comme bien d’autres jeunes de l’époque, qu’une révolution indépendantiste et/ou socialiste allait assurer la libération, l’autonomie et le développement de la société québécoise, qui allait désormais s’établir à partir de nouvelles bases. En ce sens, son parcours est bien typique de celui de ses contemporains. Toutefois, avec la crise économique des années 1980, est apparue la désagrégation du lien social résultant d’un État tourné davantage vers les solutions néolibérales. Cette situation sociale d’ensemble a coïncidé, pour Pierre Vallières, avec une réflexion renouvelée, nourrie par une appropriation de la spiritualité franciscaine, sur les moyens de parvenir à un changement social durable et profond susceptible de renforcer les liens sociaux et de tisser une vie communautaire plus serrée. C’est à ce moment qu’il effectue un retour à Dieu; il le redécouvre sous une nouvelle forme qu’il ne l’avait fait, dans sa jeunesse, lors des années 1960. Il perçoit le christianisme non plus comme étendard d’une Église institution de pouvoir, mais comme ferment d’un authentique désir et élan de fraternité humaine. En cela, Vallières devient atypique de sa génération. Par ailleurs, l’analyse de Vallières, à cet égard emblématique du peuple québécois, permet de constater qu’un rapport hostile et honteux à son passé et à soi-même perturbe de telle sorte le sens de l’identité personnelle et collective qu’il empêche de bâtir un avenir libérateur. En grande partie, Vallières a eu de la difficulté à donner une direction rectiligne à sa vie et à se projeter vers un avenir reluisant. Particulièrement, car il a eu de la difficulté à assumer son histoire et à considérer de manière positive l’héritage traditionnel canadien-français. Sans ancrages, il a, à plusieurs reprises, tenté de se libérer ou de libérer la société québécoise en rejetant son passé. Du coup, il s’est inscrit auprès de différents groupes sociaux, qui avaient parfois des visions opposées, afin de favoriser des moyens personnels ou collectifs de libération. En fait, il a trouvé sa véritable voie de libération lorsqu’il s’est réconcilié avec son passé et les éléments de sa culture cléricale et canadienne-française. À ce moment, il renoue avec le christianisme, d’une manière renouvelée grâce au franciscanisme, et une paix intérieure l’habite enfin. Dès lors, il s’appuie sur de solides bases pour libérer les siens.
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Marie-Line Audet, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2011)

Protéger, transformer : l’«agent des Sauvages» et la réserve des Abénaquis de la rivière Saint-François (Québec), 1873-1889

Dir. : Taschereau, Sylvie

Ce mémoire de maîtrise concerne l’application locale de la politique autochtone du gouvernement canadien à travers l’analyse de deux mandats d’un agent du gouvernement fédéral, Henri Vassal, en poste auprès des Abénaquis de la rivière Saint-François, entre 1873 et 1876, puis de 1879 à 1889. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le gouvernement canadien met en place un système de réserves indiennes où il nomme des agents chargés de le représenter. Ces « agents des Sauvages », comme on les désigne à l’époque, ont pour mandat d’assurer l’encadrement des communautés autochtones et surtout de veiller à l’application des politiques fédérales émises par le ministère de l'Intérieur, puis à partir de 1880, par le département des Affaires des Sauvages. Notre période d'étude couvre justement l'organisation de ce département, qui élabore alors un programme visant à accélérer la « civilisation » et l'assimilation des populations autochtones au Canada.

Notre analyse est basée non seulement sur les rapports officiels que Vassal adresse chaque année au Surintendant des Affaires des Sauvages, mais aussi sur la correspondance qu’il échange avec les fonctionnaires fédéraux, les Abénaquis et divers acteurs locaux. À partir de ces sources, nous avons cherché à mieux comprendre les rapports qu’il entretient avec les uns et les autres, la position qu’il occupe et le travail qu’accomplit, dans les faits, ce représentant des autorités canadiennes. Cette étude contribue ainsi à expliciter la nature des interactions qui existent, à la fin du XIXe siècle, entre les Autochtones et le gouvernement canadien, plus spécifiquement celles qui se développent à travers le système des réserves. Elle montre que les politiques fédérales, principalement pensées en fonction des populations amérindiennes de l'Ouest du pays, peuvent être appliquées différemment et parfois avec moins de rigueur dans un contexte, comme c’est le cas au Québec et dans la réserve de la rivière Saint-François, où la population amérindienne est déjà sédentarisée et christianisée.

Si Henri Vassal, un notable local, correspond au profil que l'historiographie a tracé des « agents des Sauvages » jusqu'à maintenant, il s’en démarque de par ses origines métisses et du fait qu'il a grandi sur la réserve et côtoie les Abénaquis depuis toujours. Bien qu'il adhère parfaitement aux valeurs de la société eurocanadienne de l'époque et au programme des Affaires des Sauvages définit à Ottawa, sa connaissance des Abénaquis, de leur culture et de leur mode de vie l'amène à adopter une position de médiateur dans le but de protéger leurs intérêts tels qu’il les conçoit, c’est-à-dire dans les limites de la politique canadienne d’assimilation, tout en s'assurant que la gestion de ces rapports ne cause pas de soucis au gouvernement. L'exemple de Vassal apporte ainsi un nouvel éclairage au travail des agents fédéraux en poste dans les réserves, que l'on a surtout dépeint comme des agents de coercition qui utilisent leurs pouvoirs de façon autocratique pour appliquer, sans compromis, les mesures dictées par la loi canadienne.
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Benoît Bourbeau, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2010)

Le déploiement du réseau postal au Centre-du-Québec (1867-1902)

Dir. : Normand, France

Le présent essai porte sur le déploiement du réseau postal sur le territoire de la région appelée aujourd’hui Centre-du-Québec de 1867 jusqu’au début du XXe siècle. Il vise à mieux comprendre les grandes étapes de la consolidation du service de courrier. Au chapitre premier, nous présentons les principaux acteurs qui ont contribué à la mise en place et à l’exploitation du service dans la région d’étude. Le chapitre deux s’attache tout d’abord à retracer les origines lointaines du réseau postal et à reconstituer les modalités d’établissement d’un bureau de poste. La dernière partie du chapitre permet de suivre la progression des bureaux de poste dans les temps et dans l’espace, tout en mettant en lumière les conditions d’émergence de nouveaux services, les mandats-poste et les caisses d’épargne postales, notamment. Au final, notre étude de l’évolution du système postal contribue à une meilleure connaissance des transports et des communications au Centre-du-Québec, et, plus largement, apporte un éclairage nouveau sur la transformation du mode de vie rural au tournant des XIXe et XXe siècles.
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Myriam Brouillette-Paradis, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2010)

Les mutations de l’agriculture au Québec : l’introduction du maïs-grain dans la vallée du Richelieu après la Seconde Guerre mondiale

Dir. : Castonguay, Stéphane

Les années 1950 à 1980 sont le théâtre de transformations profondes dans la société québécoise et touchent notamment le monde agricole. Après avoir vécu à la fin du 19e siècle une spécialisation laitière, l’agriculture québécoise connaît au cours de la période à l’étude une seconde phase de modernisation. Les répercussions de la modernisation agricole au cours de la seconde moitié du 20e siècle auront une influence marquée sur le paysage agricole et se traduiront par une consolidation et une intégration poussée des exploitations et une spécialisation des productions. Ces transformations mèneront au modèle que nous connaissons aujourd’hui, soit une agriculture industrielle, fortement intégrée au marché, subventionnée par l’État, et à la recherche d’une haute productivité afin d’être compétitive sur les marchés mondiaux.

Dans le cas qui nous préoccupe spécifiquement, soit celui de la culture du maïs-grain dans la vallée du Richelieu, nous voyons se substituer aux cultures fourragères des monocultures qui sont principalement visées par la refonte de la politique agricole du gouvernement provincial tournée vers l’autosuffisance. Appuyée par les organisations agricoles, syndicales et coopératives, ainsi que les transformateurs et les fournisseurs d’intrants, cette politique vise à réduire la centralité de la production laitière dans l’économie agricole du Québec en diversifiant les productions animales. Or pareille diversification se heurte à la structure agricole en place depuis la fin du 19e siècle et à un approvisionnement en grains de provende depuis les provinces de l’Ouest, deux phénomènes que les politiques du gouvernement fédéral ont renforcés durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, la elle apparaît nécessaire pour surmonter les difficultés auxquelles font face les agriculteurs québécois depuis la fin de la guerre : exode rural, faiblesse du revenu agricole, surproduction chronique dans le secteur laitier dominant.

L’implantation du maïs-grain dans la vallée du Richelieu illustre le changement du rôle de l’agriculture au Québec ainsi que la transformation de l’environnement pour répondre aux nouvelles attentes de la classe agricole et à l’intégration poussée de l’agriculture aux autres secteurs de l’économie. Bien que la région du Richelieu soit présentée comme « naturellement propice » à la culture du maïs-grain, la généralisation de cette céréale a nécessité l’amélioration de la plante et la création d’hybrides hâtifs, ainsi qu’une modification des capacités du sol pour être cultivée à grande échelle. De même, en dépit des discours vantant l’existence d’une vaste demande pour le maïs-grain au Québec, l’écoulement de cette nouvelle production requérait la structuration d’un marché et la mise en place d’infrastructures pour l’entreposage, la transformation et la distribution.

L’étude de l’implantation du maïs-grain dans la vallée du Richelieu nous permet donc d’illustrer les transformations paysagères découlant de la mise en place des politiques d’autosuffisance du gouvernement provincial, ainsi que la nécessaire complémentarité des sphères écologiques et économiques dans la modernisation de l’agriculture au Québec entre 1950 et 1980.
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Jean-François Cloutier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2010)

La désillusion tranquille chez les intellectuels québécois : les cas de Jacques Ferron et de Jean-Paul Desbiens

Dir. : Lanthier, Pierre

La Révolution tranquille comporte une série d’événements et de transformations capitales pour le Québec moderne. Cette ère de changements a mobilisé une pléiade de forces, de groupes et d’acteurs sociaux, parmi lesquels interviennent les intellectuels québécois : ils se sont engagés, en paroles, en actes et en écrits pour mettre de l’avant leurs idées et leurs valeurs. Dans le cadre de ce mémoire de maîtrise, deux intellectuels retiennent notre attention : Jacques Ferron (1921-1985), médecin et écrivain, louvoyant dans les milieux de la gauche québécoise, défendant les petites gens de sa municipalité de Ville Jacques-Cartier, réclamant le passage de la médecine privée à la médecine d’État et participant au passage du nationalisme canadien-français au néonationalisme québécois; et Jean-Paul Desbiens (1927-2006), frère mariste, mieux connu sous le pseudonyme du frère Untel, qui, avec ses Insolences, dénonce la vacuité de la langue, de l’éducation et de la pensée canadiennes-françaises pour ensuite, entre autres, œuvre à la mise sur pied de nouvelles institutions scolaires en tant que haut-fonctionnaire du ministère de l’Éducation créé en 1963.

À partir de 1970, Ferron et Desbiens expriment de sévères critiques sur les changements réalisés : plutôt que de répondre à leurs aspirations, les transformations politiques, sociales et culturelles les déçoivent grandement : ils développent, au cours des décennies 1970 et 1980, une désillusion profonde à l'endroit de la société québécoise contemporaine, une « désillusion tranquille ». Pour Ferron, la désillusion prend la forme d’une amère défaite personnelle. Pour Desbiens, elle se conçoit avant tout comme un conflit d’interprétation sur le sens même de la Révolution tranquille. Les deux chapitres, le premier consacré à Ferron et le second à Desbiens, sont construits de la même façon : la première partie, couvrant de 1960 à 1970, souligne leurs attentes et leurs engagements respectifs; la seconde partie, couvrant de 1970 à 1996, relate l’évolution des idées de chaque intellectuel afin de comprendre la formation de leur désillusion. En guise de conclusion, nous présentons une comparaison des « désillusions tranquilles » de Ferron et de Desbiens afin de mieux comprendre leur divergence d’appréciation de la Révolution tranquille, mais également de dégager quelques similitudes sur le phénomène de la désillusion tranquille au-delà du cadre de l’expérience personnelle.
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Catherine Lampron-Désaulniers, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2010)

La vie culturelle à Trois-Rivières dans les années 1960 : démocratisation de la culture, démocratie culturelle et culture jeune. Histoire d’une transition.

Dir. : Ferretti, Lucia

L’objectif principal de cette recherche vise à mettre en lumière la transition culturelle qui s’effectue à Trois-Rivières au cours des années 1960. Le milieu culturel se transforme à plusieurs niveaux : les lieux de diffusion culturelle, les acteurs ainsi que la programmation culturelle en sont des exemples. L’analyse démontre tout le processus de démocratisation de la culture cultivée pris en charge par l’élite ainsi que l’émergence, à la fin de la décennie, de la démocratie culturelle mise de l’avant par une jeunesse qui sait s’imposer. Ces deux groupes ont su démontrer les caractéristiques dominantes de la diffusion de la culture cultivée dans une ville moyenne comme Trois-Rivières. Les élites professionnelles et l’Église passent peu à peu le flambeau à une jeunesse privilégiée, qui prend d’assaut le monde culturel qui l’entoure.

Nous proposons ainsi une lecture de ce que fut le Trois-Rivières culturel, en ciblant les années 1960 à 1962 et 1967 à 1969, les institutions marquantes, ainsi qu’un fort réseau d’acteurs en charge de culture. Au cours de ces années, le milieu s’organise : implication grandissante de l’État, déclin de l’esprit d’amateur et du bénévolat qui font place à une professionnalisation du milieu des arts et de la culture. On passe d’un esprit d’éducation à la culture cultivée à l’éclosion d’une culture beaucoup générale, alors que la définition du beau en matière d’art et de la « bonne culture » se redéfinit pour donner un nouveau visage au paysage culturel trifluvien.
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Simon Bernier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2009)

Des réseaux locaux aux monopoles régionaux. La régionalisation des marchés de l’électricité au Québec, 1900-1935

Dir. : Bellavance, Claude

Ce mémoire vise à rendre compte des enjeux liés au déclin des réseaux d'électricité locaux et à l'essor d'entreprises d'envergure régionale, intégrant la production et la distribution d'électricité à grande échelle, au cours des trois premières décennies du XXe siècle.

Dans un premier temps, nous nous intéressons aux différentes entreprises d'électricité en activité sur le territoire québécois au sortir de la Première Guerre mondiale alors que cette industrie connaît sa plus grande diversité. Nous sommes en mesure d'identifier sept types des réseaux et nous faisons ressortir les caractéristiques propres à chacun. Cette démarche est essentielle pour bien comprendre la dynamique de l'industrie de l'électricité tout au long de la période.

Cette diversité est rapidement menacée au cours des années 1920 alors que la plupart de petits réseaux sont rachetés par les grandes entreprises d'électricité qui s'affirment dès lors comme de véritables monopoles régionaux. Les économies d'échelles réalisées sont en partie responsables de la vigueur du processus de concentration et d'intégration territoriale. Toutefois, ce mémoire montre que l'efficacité des grands réseaux n'est pas seule en cause. Les forces et faiblesses des entreprises d'envergure locale et intermédiaire expliquent également pourquoi certaines d'entre elles sont parvenues à tenir tête aux grandes firmes, alors que d'autres ont été rachetées rapidement.

Par ailleurs, la montée en force des monopoles régionaux durant les années 1920 et leur domination presque sans partage durant la décennie suivante n'est pas qu'un simple processus de rationalisation économique. D'autres facteurs ont également favorisé l'essor de ces grands réseaux. L'analyse de la stratégie territoriale de Southern Canada Power, l'entreprise dominante dans l'Estrie et la Montérégie, nous permet de mettre en évidence certains enjeux sociaux fondamentaux liés à la formation et à la consolidation des monopoles régionaux. Pour ce faire, nous adoptons aussi bien le point de vue de ses dirigeants que celui des municipalités, des élites locales et des simples citoyens. Notre démarche nous conduit enfin à examiner plus en détail les raisons qui ont poussé les municipalités à se départir de leurs réseaux. Cela nous permet notamment de redonner vie aux débats passionnés qui opposaient, pendant les premières décennies du siècle dernier, les apôtres de la municipalisation aux partisans des entreprises privées.
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Manon Bussières, Doctorat en études québécoises (2009)

De la voie de passage au chemin public. Le réseau routier et ses représentations dans la province de Québec : l’exemple du Centre-du-Québec, 1706-1841

Dir. : Bellavance, Claude
Codir. : Normand, France

Jusqu'à récemment, la plupart des études canadiennes et étrangères ont abordé la route à partir de considérations essentiellement économiques, politiques ou techniques, s'attachant à mettre en évidence son rôle majeur dans la structuration d'un espace national et d'une économie de marché. Or, depuis peu, de nouveaux courants de recherche sont venus placer la route au cœur d'un univers de symboles et de représentations qui la particularisent désormais en tant qu'espace identitaire. Notre thèse sur l'évolution du système routier et de ses représentations au Centre-du-Québec, entre le milieu du XVIII' siècle et le milieu du siècle suivant, s'inscrit dans cet effort de renouvellement des perspectives. Nous avons choisi d'appréhender la route non seulement comme un support matériel à la vie de relations, mais également une production sociale originale, résultant des interactions continuelles entre les acteurs à l'œuvre tant à l'échelle locale que globale. Mettant à profit une base documentaire riche et diversifiée (procès-verbaux des grands voyers et documents afférents, rapports administratifs, témoignages de contemporains, etc.), nous tentons de reconstituer la genèse et les mutations des chemins, tout en cernant le rôle des acteurs sociaux et autres agents du changement.

Nous proposons une périodisation des transformations de la route en deux étapes distinctes. Dans un premier temps (1706-1790), le régime des grands voyers, avalisé par les autorités coloniales françaises puis britanniques, s'organise et se consolide progressivement, participant de la construction de l'État aussi bien que de la voie publique. L'infrastructure routière apparaît alors rudimentaire : elle se résume bien souvent à un simple axe local, qui suffit néanmoins aux besoins encore limités du faible nombre d'occupants. Puis, les années 1790 marquent les débuts d'un temps nouveau, caractérisé à la fois par une décentralisation administrative, par une prédominance du droit sur les obligations coutumières et par l'ouverture à la colonisation des seigneuries de l'intérieur et des cantons. Bien que le besoin de chemins publics se fasse dès lors plus pressant, le réseau routier s'implante lentement, surtout en territoire cantonal, où l'aménagement et l'entretien des voies posent des difficultés particulières. L'abolition du régime des grands voyers au profit d'une gestion plus locale de la route se présentera dans les années 1840 comme la solution aux problèmes de voirie, et annonce en cela le passage au mode de gestion municipale.
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Marie-Pier Dion, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2009)

Une stratégie tranquille. Serge Mongeau et le Centre de planification familiale du Québec dans la société québécoise, 1965-1972

Dir. : Ferretti, Lucia
Codir. : Gervais, Diane

Les importants changements sociaux et culturels qui caractérisent la Révolution tranquille ont fait l'objet de plusieurs études. Notre mémoire s'intéresse à un aspect toutefois peu étudié jusqu'à maintenant : le mouvement d'émancipation des couples canadiens-français de la morale sexuelle catholique. L'étude de ce mouvement se fera par l'analyse du Centre de planification familiale du Québec (CPFQ), un organisme au coeur de la lutte, menée par des intervenants laïcs, en faveur du droit à la contraception pour tous. Par l'étude de son discours, de ses actions sociales et de ses initiatives auprès des gouvernements fédéral et provincial, nous cherchons à saisir l'influence de ce Centre dans une société en pleine transformation, notamment dans ses rapports à l'Église catholique.

Fondé en 1967 par Serge Mongeau, un médecin devenu travailleur social, en collaboration avec les agences catholiques de service social, le CPFQ vise à répondre aux besoins de contraception de la population canadienne-française en formant à la planification familiale des intervenants agissant auprès des milieux défavorisés. Il apparaît à une époque où l'opinion publique est déjà sensibilisée à la question mais où la société semble encore divisée. L'intérêt qu'il suscite traduit le désir de plusieurs couples de s'affranchir des directives de l'Église ainsi que la conscientisation qui s'effectue, dans quelques milieux catholiques et chez certains intervenants sociaux, devant l'urgence d'agir auprès des couples. Malgré tout, le CPFQ doit faire face à des obstacles provenant non seulement des autorités religieuses mais aussi des autorités politiques et même d'une certaine partie de la population qui craint, par exemple, d'user de méthodes contraceptives non acceptées par l'Église. Ces obstacles témoignent de son influence encore importante, même si elle est elle-même divisée sur la question. Une influence qui se fait sentir jusque dans le Centre, officiellement indépendant de l'Église, mais dont le comité aviseur est composé entre autre d'agences sociales catholiques ainsi que de plusieurs prêtres et religieuses.

Le CPFQ nous apparaît donc comme le véritable reflet de la société dans laquelle il se trouve : en pleine transition, il participe de la culture catholique dans laquelle il baigne mais il revendique aussi de profonds changements, notamment la légalisation de la contraception et de l'avortement.

Cette analyse est complétée par une comparaison avec le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), un mouvement similaire créé en France dix ans avant le CPFQ. Partageant les mêmes objectifs, ces deux mouvements divergent toutefois quant à leur structure, à l'idéologie qui les anime et aux stratégies d'action qu'ils empruntent pour parvenir aux objectifs qu'ils se sont fixés. Ces différences sont, à notre avis, causées par les contextes particuliers dans lesquels ils évoluent ainsi que par la personnalité de leurs membres fondateurs. Cette comparaison permet de démontrer la singularité d'un organisme qui s'inspira de ses prédécesseurs pour s'en dissocier et envisager la planification familiale d'une façon inédite.
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Fanny Le Roux, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2009)

L’invention du XXe siècle dans la Revue d’histoire de l’Amérique française

Dir. : Lanthier, Pierre

Ce mémoire a pour objet d’étude la perception du XXe siècle par les historiens de la Revue d’histoire de l’Amérique française. Notre objectif est de dégager les grandes tendances de cette dernière, à la fois sur la période en question (le siècle) et sur les différents aspects de cette époque. Le découpage chronologique retenu couvre les années 1947 à 2007. La première date marque la création de la Revue et la seconde, son soixantième anniversaire, alors que le XXe siècle vient juste de se terminer, ce qui permet un aperçu global de la question. Afin de couvrir le plus largement possible la problématique envisagée, nous avons divisé l’analyse en trois grands chapitres : l’histoire de la RHAF, un questionnement sur le concept de XXe siècle et une déclinaison de la manière dont sont abordés différents aspects de celui-ci.

Nous utilisons comme point de départ une définition pratique du XXe siècle, le faisant débuter en 1900 et finir en 2000. Notre hypothèse est que les historiens de la RHAF n’ont pas associé d’identité spécifique à ce découpage chronologique. Elle sera vérifiée par une analyse systématique des articles de la Revue portant sur le XXe siècle, abordés d’un point de vue quantitatif et qualitatif.

Cette recherche montrera que le XXe siècle n’apparaît effectivement pas en tant que tel dans les écrits des historiens et ne revêt pas de caractère fort qui lui donnerait une identité marquée dans le cours de l’histoire québécoise. La chronologie dégageant une période contemporaine dans l’histoire québécoise est privilégiée. Il ressort de l’observation plus fine de cette période que, si certaines grandes dates de l’histoire occidentale apparaissent dans une certaine mesure, le tournant important se situe autour des années 1960 et de la Révolution tranquille. Il marque, dans un premier temps, une différence entre deux époques, différence peu à peu atténuée par la suite dans les recherches. Ce tournant majeur ne fait cependant pas oublier que les chronologies privilégiées sont celles des sujets abordés, en relation avec les grandes tendances religieuses, politiques, économiques, sociales, idéologiques ou culturelles du siècle. Le XXe siècle de la RHAF apparaît donc avant tout comme une époque aux évolutions multiples, au fur et à mesure que les champs géographique et thématique de la Revue se diversifient. Dans cet esprit, elle n’emprunte pas de chemin spécifique, au regard de débuts marqués par une perspective nationaliste, et s’insère parfaitement dans le paysage historiographique du Québec actuel.

Ce mémoire est une contribution à l’étude des représentations québécoises, à travers la perception par les historiens de leur époque et contribuera également à la réflexion plus globale sur la discipline historique relancée au Québec dans les années 1990.
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François Antaya, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

La traite des fourrures dans le bassin du Saint-Maurice. Les conditions de travail des engagés au début du XIXe siècle, 1798-1831.

Dir. : Normand, France
Codir. : St-Onge, Nicole

Au cours du premier tiers du XIXe siècle, des marchands indépendants et de grandes compagnies font la traite des fourrures dans le bassin du St-Maurice. Le contrôle de la Haute-Mauricie constitua un important enjeu pour la North West Company, entre 1802 et 1814, et pour la King's Posts Compamzy et la Hudson 's Bay Company, entre 1822 et 1831. Puis, tout au long de cette période, mais avec une hausse marquée de leurs activités entre 1815 et 1822, des marchands indépendants, disposant de moyens largement inférieurs à ceux de ces trois monopoles, tentèrent également de tirer profit des pelleteries du St-Maurice. Tous, marchands indépendants et compagnies, recrutèrent des individus, des « engagés », presque exclusivement des hommes, qu'ils chargèrent d'assurer le transport des diverses marchandises de traite et des fourrures, en canot ou en raquettes, entre Trois-Rivières et divers endroits localisés à l'intérieur du bassin du St-Maurice.

Au début du XIXe siècle, ces embauches occasionnaient régulièrement une visite chez le notaire, où les termes de l'entente étaient inscrits dans un contrat d'embauche : l'engagement. L'exploitation des greffes des notaires trifluviens nous a permis de relever 336 engagements liés à la traite des pelleteries dans le bassin du St-Maurice. À partir de ces documents de première main, nous avons voulu jeter un nouvel éclairage sur les activités des différents marchands et compagnies que nous avons identifiés plus haut, et plus particulièrement sur celles des marchands indépendants à propos desquels nous ne savions que très peu de choses. Cela étant, nous avons surtout cherché à cerner les conséquences des nombreux changements d'employeurs sur le statut des engagés du St-Maurice. À cet égard, les contrats d'embauche livraient un certain nombre d'informations nous permettant de dresser un portrait assez juste des conditions de travail des engagés : nom de l'engagé, nom du marchand ou de la compagnie, lieu de résidence de l'engagé, durée de son contrat, fonction, salaire, etc.

À l'examen des premiers résultats, nous fûmes frappés par la forte présence autochtone parmi les effectifs employés dans le bassin du St-Maurice. Cette observation, qui contredisait l'idée que nous nous faisions du rôle des Amérindiens dans la traite des fourrures, nous a incité à privilégier une perspective comparative. Ainsi, nous avons choisi de comparer les activités des marchands indépendants et des compagnies, de même que les conditions de travail des engagés selon leur employeur et selon qu'ils soient Amérindiens ou Canadiens. Au final, notre travail est porteur d'un certain nombre de réponses, mais il apporte surtout un grand nombre de pistes de réflexion qui restent encore à être explorées. Des recherches supplémentaires seront donc nécessaires pour mieux comprendre le fonctionnement et la dynamique de la traite des fourrures en Haute-Mauricie au début du XIXe siècle, mais surtout en ce qui concerne les motivations des engagés du St-Maurice.
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Aurélio Ayala, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

La relation franco-québécoise et la perception française de la crise bas-canadienne des années 1830

Dir. : Roy, Jean
Codir. : Bianchi, Serge

L'objectif de ce mémoire est d'étudier la relation franco-québécoise dans les années 1830 à travers la perception de la crise bas-canadienne des années 1830 par certains voyageurs, observateurs et journaux français.

L'expérience et les écrits des voyageurs et des observateurs français sur le Canada reflètent tout d'abord un fort intérêt pour les États-Unis et une grande ignorance envers l'ancienne colonie française. Cependant, la redécouverte du Canada suscite chez eux un grand enthousiasme. Au Bas-Canada, leur vision insiste sur les fondements de la nation : l'exaltation de l'histoire de la Nouvelle-France et l'étonnante persistance de l'Ancien régime, spécificité du Bas-Canada. Le regard qu'ils portent sur la crise patriote des années 1830 laisse transparaître un nationalisme identitaire.

Les événements des Rébellions bas-canadiennes de 1837 et 1838 suscitent un intérêt relatif dans la presse française. L'information canadienne y est de qualité variable, provient majoritairement des journaux anglais et américains et prend un aspect très britannique. De plus, les journaux français « américanisent » la crise canadienne en l'intégrant à la marche étasunienne pour la domination du continent contre la puissance britannique. Ainsi, les analyses des rédacteurs de presse française se situent sur le terrain d’idées politiques et de la diplomatie et non pas du nationalisme. Les oppositions idéologiques françaises se retrouvent aussi dans les interprétations de la crise patriote bas-canadienne.

En définitive, ce mémoire a tenté de cerner les grandes composantes de la relation franco-québécoise dans les années 1830 : enthousiasme nationaliste, britannisme, américanisme, et luttes idéologiques françaises caractérisent le rapport des Français au Québec.
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Olivier Craig-Dupont, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

Idéal de nature sauvage et transformation des territorialités au parc national de la Mauricie, 1969-1977

Dir. : Castonguay, Stéphane

L'objectif principal de ce mémoire est d'analyser les modalités de la construction sociale des parcs nationaux. Pour mener cette recherche, je m'appuie sur le cas du parc national qu'implante l'agence fédérale Parcs Canada pendant les années 1970 en Mauricie. Je déconstruis l'histoire des paysages du parc national de la Mauricie pour en retracer les bases matérielles et symboliques dans le temps et dans l'espace. Je révèle les négociations qui ont eu lieu entre différents acteurs politiques, industriels, scientifiques et populaires autour des contours et objectifs de ce parc, et ce, de 1969 à la fin des années 1970.

Une telle analyse en histoire environnementale permet de voir que l'agence Parcs Canada implante sur le territoire mauricien un idéal de nature sauvage qu'elle véhicule depuis les premiers parcs nationaux de la fin du XIXe siècle dans les montagnes Rocheuses. Au fil de son histoire, l'agence fédérale institutionnalise ces sensibilités pour le sublime sauvage des paysages de l'Ouest. Les parcs montagnards des Rocheuses deviennent alors l'aune à laquelle l'agence Parcs Canada mesure le potentiel touristique de ses futurs parcs.

Cette sensibilité institutionnelle pour le sublime sauvage influence toujours les politiques de Parcs Canada en 1970. C'est précisément cet idéal qui oriente la mise en place du parc national en Mauricie. Lors des premières années du projet, Parcs Canada fait la promotion d'un parc touristique et pittoresque pour cette région aux prises avec des difficultés économiques marquées. Un parc national doit rendre les beautés naturelles de la Mauricie tout aussi lucratives que celles des parcs de l'Ouest canadien.

L'idéal de nature sauvage et grandiose de Parcs Canada contredit toutefois plusieurs dimensions biogéophysiques et anthropiques de la territorialité mauricienne, laquelle est marquée par une activité industrielle et récréative pluriséculaire. Pour transformer les paysages humanisés de la Mauricie, Parcs Canada mobilise l'écologie scientifique. Par des concepts tirés de cette discipline, l'agence fédérale sélectionne les dimensions du paysage local qui doivent composer le parc national de la Mauricie. Cette réinterprétation scientifique du territoire évacue de l'histoire officielle du parc les dimensions anthropiques du paysage mauricien qui contreviennent à l'idéal de nature sauvage des parcs nationaux canadiens.

Cette transformation de la territorialité mauricienne est source de tensions entre Parcs Canada et une partie de la population locale, laquelle est confrontée à un parc récréo-scientifique aux symboles et aux usages nouveaux. Pour neutraliser ces tensions, Parcs Canada développe un discours critique sur la nécessité d'harmoniser la territorialité mauricienne à l'exemple que doit être le parc national pour l'utilisation adéquate de l'environnement.

Plutôt qu'un espace socialement neutre et préservé par le cadre législatif et scientifique de Parcs Canada, le parc national de la Mauricie apparaît, au fil de ce mémoire, comme un outil de structuration du paysage, de transformation des territorialités locales et d'éducation populaire aux représentations institutionnelles de Parcs Canada sur l'environnement.
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Violaine Damphousse, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

Le cimetière en Mauricie: espace sacré, espace social et lieu de mémoire. Le cas du cimetière Saint-Louis de Trois-Rivières (1865-1950)

Dir. : Normand, France

Le présent mémoire de maîtrise porte sur le cimetière Saint-Louis de Trois-Rivières, le plus ancien cimetière catholique de la ville encore ouvert. Nous avons choisi d'aborder le cimetière en tant qu'espace sacré, espace social et lieu de mémoire. L'étude s'appuie principalement sur une documentation de première main en provenance des archives de l'évêché de Trois-Rivières. Elle couvre la période 1865 à 1950.

Le travail est divisé en quatre chapitres. Le premier présente un survol de l'historiographie pertinente et identifie les grands thèmes de recherche privilégiés dans ce mémoire (rôle de la paroisse et de la fabrique, gestion et politiques d'aménagement du territoire, conceptions et représentations de la mort, etc.).

Le chapitre deux retrace l'historique du cimetière pour la période délimitée. Le plus souvent longuement planifiées, les transformations qui y furent apportées ont été déterminées par les besoins de la paroisse, sous l'impulsion de l'Église, du Conseil de fabrique et des autorités sanitaires.

Le troisième chapitre traite de l'inhumation et de l'exhumation. Il s'attache à démontrer que les pratiques funéraires ont été strictement encadrées et organisées par l'Église et l'État, à travers la réglementation ecclésiastique et la législation provinciale en matière d'hygiène et de santé publique.

Le dernier chapitre nous conduit au coeur du terrain d'enquête. Mettant à profit un vaste inventaire des choix de sépultures et de services constitué à partir du casuel de la paroisse de l'Immaculée-Conception pour les années 1866 à 1936, de même qu'un corpus de plus d'une vingtaine de requêtes pour exhumation (1871-1903), nous nous efforçons de retracer les indices de différenciation sociale à l'oeuvre dans le cimetière. En dernière analyse, l'examen des dossiers d'exhumation nous amène à réfléchir sur la consolidation des liens de filiation comme enjeu de la translation des corps.
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Marie-Josée Dorion, Doctorat en études québécoises (2008)

Les coopératives et l’électrification rurale du Québec, 1945-1964

Dir. : Bellavance, Claude
Codir. : Séguin, Normand

Cette thèse est consacrée à l'histoire de l'électrification rurale du Québec, et, plus particulièrement, à l'histoire des coopératives d'électricité. Fondées par vagues successives à partir de 1945, les coopératives rurales d'électricité ont été actives dans plusieurs régions du Québec et elles ont électrifié une partie significative des zones rurales.

Afin de comprendre le contexte de la création des coopératives d'électricité, notre thèse débute (première partie) par une analyse du climat sociopolitique des années précédant la naissance du système coopératif d'électrification rurale. Nous y voyons de quelle façon l'électrification rurale devient progressivement, à partir de la fin des années 1920, une question d'actualité à laquelle les divers gouvernements qui se succèdent tentent de trouver une solution, sans engager - ou si peu - les fonds de l'État. En ce sens, la première étatisation et la mise sur pied d'Hydro-Québec, en 1944, marquent une rupture quant au mode d'action privilégié jusque-là. La nouvelle société d'État se voit cependant retirer son mandat d'électrifier le monde rural un an après sa fondation, car le gouvernement Duplessis, de retour au pouvoir, préfère mettre en place son propre modèle d'électrification rurale.

Ce système repose sur des coopératives d'électricité, soutenues par un organisme public, l'Office de l'électrification rurale (OER). L'OER suscite de grandes attentes de la part des ruraux et c'est par centaines qu'ils se manifestent. Cet engouement pour les coopératives complique la tâche de l'OER, qui doit superviser de nouvelles sociétés tout en assurant sa propre organisation. Malgré des hésitations et quelques délais introduits par un manque de connaissances techniques et de personnel qualifié, les commissaires de l'OER se révèlent perspicaces et parviennent à mettre sur pied un système coopératif d'électrification rurale qui produit des résultats rapides. Il leur faudra cependant compter sur l'aide des autres acteurs engagés dans l'électrification, les organismes publics et les compagnies privées d'électricité. Cette période de démarrage et d'organisation, traitée dans la deuxième partie de la thèse, se termine en 1947-48, au moment où l'OER et les coopératives raffermissent leur maîtrise du système coopératif d'électrification rurale.

Les années 1948 à 1955 (troisième partie de thèse) correspondent à une période de croissance pour le mouvement coopératif. Cette partie scrute ainsi le développement des coopératives, les vastes chantiers de construction et l'injection de millions de dollars dans l'électrification rurale. Cette troisième partie prend également acte des premiers signes que quelque chose ne va pas si bien dans le monde coopératif. Nous y verrons également les ruraux à l'œuvre : comme membres, d'abord, mais aussi en tant que bénévoles, puis à l'emploi des coopératives.

La quatrième et dernière partie, les années 1956 à 1964, aborde les changements majeurs qui ont cours dans l'univers coopératif; il s'agit d'une ère nouvelle et difficile pour le mouvement coopératif, dont les réseaux paraissent inadaptés aux changements de profil de la consommation d'électricité des usagers. L'OER sent alors le besoin de raffermir son contrôle des coopératives, car il pressent les problèmes et les défis auxquels elles auront à faire face. Notre étude se termine par l'acquisition des coopératives par Hydro-Québec, en 1963-64.

Fondée sur des sources riches et variées, notre démarche propose un éclairage inédit sur une dimension importante de l'histoire de l'électricité au Québec. Elle permet, ce faisant, de saisir les rouages et l'action de l'État sous un angle particulier, avant sa profonde transformation amorcée au cours des années 1960. De même, elle apporte quelques clés nouvelles pour une meilleure compréhension de la dynamique des milieux ruraux de cette période.
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Amanda Dreyer, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

L’implantation et le développement de l’église baptiste évangélique de Trois-Rivières : 1966-2006

Dir. : Ferretti, Lucia

L’Église baptiste évangélique de Trois-Rivières (EBETR) est fondée dans les années 1960 par des missionnaires arrivés de milieux anglophones avoisinants. Dans les premières années de son existence, la congrégation croît lentement probablement parce que les Québécois méconnaissent toujours les protestants, mais aussi parce que l’Église est instable géographiquement et parce qu’elle change de pasteur à plusieurs reprises. Même s’il est petit entre 1966 et 1977, son développement bien réel en dépit des défis peut s’expliquer par le fait qu’elle s’active pour atteindre deux objectifs principaux, soit l’édification des fidèles et l’évangélisation des non-convertis, en même temps qu’elle s’adapte au contexte local francophone et québécois. Les Trifluviens rejoints par l’EBETR en ces premières années sont principalement des hommes, ouvriers, âgés de 30 ans ou plus au début ensuite moins de 30 ans, et qui passent le plus souvent par un changement de religion, en délaissant le catholicisme pour la foi évangélique. Entre 1978 et 1986, la désaffection envers le catholicisme et la recherche par plusieurs Québécois d’un nouveau cadre de référence ainsi que la situation interne favorable de l’Église, tous ces facteurs concordent pour que l’EBETR connaisse une croissance exceptionnelle. Puisqu’elle conserve toujours ses deux mêmes objectifs principaux, la congrégation sait comment canaliser ses efforts pour profiter peut-être davantage du moment opportun. Elle se dote aussi d’une saveur davantage québécoise.

Les nouveaux convertis en ces années sont, pour la majorité, des femmes de moins de 30 ans et, pour un bon nombre, de la classe ouvrière. Ils ont probablement été baptisés dans la religion catholique, mais ne pratiquent plus leur foi au moment de leur conversion évangélique. À partir du milieu des années 1980, un sentiment d’indifférence envers la religion organisée s’installe chez les Québécois et l’EBETR doit dorénavant multiplier ses efforts d’évangélisation. Aussi, elle doit se stabiliser à la suite de son expansion rapide. L’Église traverse alors une période d’essou8fflement qui dure jusque vers la fin des années 1990. Toutefois, elle semble s’en sortir grâce, encore une fois, à la poursuite de ses deux objectifs fixes.

Dans les années 2000, la congrégation fait preuve d’une nouvelle vitalité par l’agrandissement de son édifice, l’accroissement de son équipe pastorale, l’ajout de nouvelles initiatives en édification et en évangélisation ainsi que par sa maturité spirituelle. Entre 1987 et 2006, l’EBETR connaît alors un développement notable. Pendant cette dernière période, les travailleurs non manuels sont plus nombreux que les ouvriers parmi les fidèles et d’autres cheminements de conversion s’observent peut-être plus souvent. Plusieurs convertis ne vivent pas de changement de religion puisqu’ils ont eu des parents évangéliques ou n’ont été exposés à aucune religion avant leur conversion évangélique. Donc, l’implantation et le développement de l’EBETR peuvent être attribués au fonctionnement particulier de cette congrégation : elle garde, en tout temps, ses finalités d’édification et d’évangélisation, dont découle la majeure partie de son activité, et elle se montre prête à renouveler ses méthodes ou à s’adapter au contexte local en conséquence, voir pour mieux atteindre son double objectif.
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Francine Dupras, Doctorat en études québécoises (2008)

“Allliés ou agglutinés” : l’enjeu du rapport homme et femme dans Le sexe des étoiles de Monique Proulx

Dir. : Guillemette, Lucie
Codir. : Roy, Lucie

Considérant que toute modélisation artistique est le fruit de la projection d’une certaine herméneutique, d’un certain type de savoir ou modèle de connaissance, nous entendons démontrer en quoi cette projection tend à constituer, à reproduire symboliquement une figure de l’Éden. Dans le cinéma contemporain, l’interaction problématique entre cette projection de l’imaginaire et la notion de réalité apparaît, entre autres, dans l’ambivalence des notions de Pays et d’Avenir : survie ou mort de l’espèce, nouvel ordre ou explosion anarchique. En ce sens, les films pourraient être perçus comme projetant « par en avant » les mêmes images structurelles que les mythes nous renvoient « par derrière ».
Nous analyserons donc les images spatio-temporelles qui, dans les films québécois sélectionnés, suggèrent symboliquement « Le Québec » comme une figure de l’Éden, autant sous sa forme nostalgique de paradis perdu que sous sa forme projetée d’Utopie et d’Uchronie. Nous dégagerons des facteurs de mutation à l’œuvre dans la formation symbolique de ce qu’on pourrait appeler « La société québécoise ».
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Chantal Dureau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

La publicité de l’assurance vie au Québec : stratégies et discours (1920-1960)

Dir. : Taschereau, Sylvie

Entre 1920 et 1960, pour s'attirer de nouveaux clients et mettre en garde leur clientèle établie contre les risques et les malheurs dont elles prétendent les protéger, les sociétés d'assurance vie élaborent sans cesse des campagnes publicitaires qu'elles diffusent dans les journaux. Ces campagnes font constamment référence à la conjoncture et au contexte social, économique et politique. On veut en effet démontrer les bénéfices de l'assurance vie et faire en sorte que les consommateurs puissent s'identifier aux messages véhiculés.

Cette recherche s'intéresse aux types de campagnes publicitaires mises au point par les assureurs vie, aux grands thèmes et stratégies sous-jacentes, à la manière dont ces sociétés présentent l'assurance vie en tant que service, ainsi qu'aux valeurs et motivations sur lesquelles elles misent pour convaincre le public du besoin qu'il a de l'assurance vie. Elle examine les efforts consentis pour faire le lien entre la réalité et le produit qu'offrent les assureurs; elle examine aussi l'évolution du discours des sociétés d'assurance en lien avec les transformations de la société, notamment entre la première et la deuxième partie du XXe siècle, alors que l'État met en place des mesures et des programmes qui établissent un filet de sécurité sociale. Enfin, cette recherche se penche sur la manière dont les publicités d'assurance vie dépeignent la famille et le rôle de chacun de ses membres ainsi que la façon dont elles formulent leur message, selon qu'elles s'adressent aux hommes ou aux femmes.

Notre étude montre que les compagnies d'assurance vie sont particulièrement sensibles à l'image qu'elles projettent et que leurs campagnes de publicité sont bien structurées et d'une grande qualité. Elles visent avant tout à modeler l'opinion publique, qui de prime abord se montre réticente à l'égard d'un produit qui aborde et tire profit de l'éventualité d'une mort prématurée.
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Darin Kinsey, Doctorat en études québécoises (2008)

Fashioning Freshwater Eden : Elite Anglers, Fish Culture, and State Development of Quebec's Sport Fishery

Dir. : Castonguay, Stéphane

Québec possesses such a vast assemblage of freshwater rivers, lakes, and streams filled with so many iconic game fish that many nineteenth-century British and American anglers came to view it as a pristine and even Edenic aquatic landscape. Contrary to the anglers' perceptions, Québec's "aquatic landscape" was a collection of complex habitats filled with fish species that had evolved over millions of years; habitats that in many ways had already been integrated into the fishing traditions of Amerindians and French colonists who preceded them. Aithough initially a small foreign cohort, the elite anglers who came to Québec represented a significant new cultural force. This angling elite shared an intellectual conception of nature, which caused them to infuse the landscape with new values even as they sought to control it for their own purposes. By the second half of the nineteenth century, govermnent policies increasingly brought anglers' ideas and activities under State regulation through laws, licenses and leases, the use of fish culture, and well-targeted promotional schemes. Uitimately, anglers' efforts to create an exclusive paradise for their activities merged with this auxiliary intervention by the State to produce a cultural and environmental legacy that included the subourdination of people, the diminution of the social importance of non-game species, and the creation of novel aquatic ecosystems through the introduction of foreign species. This study integrates scholarship from Environmental History, Québec Studies and Aquatic Sciences to reveal and analyse the environmental and cultural changes that accompanied elite anglers' acquisition of Québec's freshwater aquatic landscape and their role in its transformation from an idyllic and largely mythicai "Anglers' Eden," to a Statemanaged fishery for sport.
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Marilyne Lafrenière, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

Les représentations de la femme dans l’oeuvre scénique de Diane Dufresne, 1975-1984

Dir. : Ferretti, Lucia

Ce mémoire de maîtrise vise à identifier les représentations de la femme proposées par la chanteuse Diane Dufresne entre 1975 et 1984, afin de mettre en lumière la contribution d’une artiste individuelle et officiellement non-engagée au discours public du Québec de ces années. Les deux dimensions de la communication – l’émission et la réception – y sont traitées et comparées.

Une analyse thématique des paroles des chansons de Diane Dufresne, mise en relation avec différents aspects de ses mises en scène, nous ont permis de cerner l’univers de l’artiste ainsi que les modèles féminins qu’elle propose. Il s’agit de femmes solitaires, instables, sexuelles, sensuelles, parfois agressives et généralement apeurées face au monde dans lequel elles évoluent. Ainsi, les diverses origines du malaise existentiel des héroïnes – le quotidien lassant, la vitesse, le stress, les normes sociales, la vieillesse et la dictature de l’image – sont autant d’entraves ressenties dans leur quête de liberté et de critiques adressées au monde contemporain. Leurs attaches sont d’ordre familial et professionnel. Les héroïnes embrassent également deux causes : la protection de l’environnement et la liberté d’expression. Cette dernière – par la créativité qu’elle implique – est présentée comme un exutoire efficace au mal de vivre. Les héroïnes incarnées par Diane Dufresne s’inscrivent en marge des modèles généralement diffusés dans la chanson des décennies 1970 et 1980.

L’étude de la presse culturelle québécoise et des entrevues avec des fans de l’artiste nous renseignent sur la réception de Diane Dufresne et de son œuvre dans la société où elles sont diffusées. Étonnamment, les journalistes et les fans ne se sont pas avérés être des récepteurs si distincts. En effet, s’ils commentent parfois âprement la vie personnelle de Diane Dufresne, son comportement hors de la scène ou ses prises de position face à l’industrie, l’apparente fascination des journalistes en regard de l’art de Diane Dufresne les situe plus près d’un public d’admirateurs que de la critique. C’est avec complaisance, sauf quelques rares exceptions, que les journalistes ont relayé l’image que Diane Dufresne voulait donner d’elle-même. Cette image est néanmoins incomplète puisque la douceur et la conscience sociale de l’artiste y sont amenuisées par rapport aux autres dimensions de sa persona. Les journalistes culturels ont aussi contribué à créer une autre dimension au personnage public qu’est Diane Dufresne qu’ils associent à l’émancipation féministe, alors qu’elle-même refusait clairement cette étiquette.

Alors que l’aspect féministe est évacué du discours des fans, la force de l’affirmation de Diane Dufresne, voire son émancipation individuelle persiste et constitue un des piliers de leur attachement fidèle et constant à l’artiste. Leur identification profonde à Diane Dufresne, la spécificité qu’elle reconnaît à chaque spectateur et l’invitation qu’elle lance à chacun d’assumer sa différence lors de ses spectacles scelle le lien entre l’artiste et son public.
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Alison Longstaff, Doctorat en études québécoises (2008)

Un artiste au quotidien au tournant du XXe siècle : le cas de Ludger Larose 1868-1915

Dir. : Lanthier, Pierre

Dans le prolongement de notre mémoire de maîtrise, dans lequel nous avons étudié les idées et l’engagement intellectuel de Ludger Larose (1868-1915), nous poursuivons l’analyse de la vie de ce peintre, professeur de dessin, franc-maçon, espérantiste et libre-penseur anticlérical, en nous appuyant sur la documentation conservée par sa famille, et notamment sur son journal intime. D’une richesse insoupçonnée, cette documentation nous fait pénétrer dans son univers quotidien et permet d’explorer et de comprendre de nombreuses facettes de la vie d’un individu complexe et équivoque. Notre problématique part de ce qui pourrait sembler antinomique chez Larose : qu’un libre-penseur épris de modernité produise un art traditionnel, paradoxe qui incite à une réflexion sur la modernité de la société et de l’art au Québec à la Belle époque. Il s’avère que Larose considère que la mission du peintre canadien à ce moment est de participer à la mise en place d’un système d’enseignement local, d’où sa volonté de transmettre un art « académique », techniquement correct, accessible à la collectivité, un art servant au relèvement du Canada français. Mais si son art est traditionnel, ses idées sur l’art, inspirées de l’approche sociologique et positiviste d’Hippolyte Taine, sont intimement liées à la modernité intellectuelle, ce qui rend compte des changements de mentalités en rapport à l’art dans la période appelée « prémoderne ». Ses écrits intimes démontrent que Larose ne se borne pas à la pratique de l’art ; il investit des énergies à de nombreuses autres activités. Il manifeste une passion pour l’enseignement comparable à celle qu’il ressent pour l’art. Par les nombreuses transactions immobilières, l’exploitation d’une imprimerie et des placements d’argent, Larose se montre un homme d’affaires nettement intéressé à sa mobilité ascendante. Du même coup, son journal fait découvrir un mode de vie qui reflète celui d’une partie de sa classe sociale, la petite bourgeoisie francophone montréalaise du tournant du siècle. À l’intime, plusieurs pratiques prouvent que Larose est un penseur moderne et progressiste : sa curiosité intellectuelle, ses lectures, son féminisme et son ouverture face à des pratiques nouvelles telles que l’hypnotisme et l’espéranto ; par son anticléricalisme, son darwinisme et son ouvriérisme, il est évident qu’il va plus loin que bon nombre de réformistes autour de lui. Sa vie associative reflète ses positions progressistes. Dans une douzaine d’associations, comme la loge maçonnique l’Émancipation, la Saint-Vincent-de-Paul, le Club de l’Indépendance du Canada et la Ligue de l’Enseignement, il utilise sa position sociale de petit bourgeois comme plate-forme à partir de laquelle stimuler le progrès et les réformes. Nous remarquons qu’il évolue progressivement vers l’action politique et une lutte de plus en plus ouverte pour le progrès. L’étude de ses relations sociales pour quatre années (1894, 1896, 1901 et 1907) révèle qu’il circule dans une variété de réseaux sociaux qui sont non seulement des regroupements ponctuels où se vit une convivialité petite-bourgeoise, mais aussi, à en juger par les individus que Larose identifie, des lieux d’expression du projet social de l’aile progressiste de la petite bourgeoisie francophone du tournant du siècle. Les fréquentations du réseau des artistes prouvent que les peintres francophones à Montréal se livrent à une sociabilité réelle mais qui n’aboutit pas à une vie associative formelle. L’analyse approfondie des différents aspects de la vie de Larose a permis de percevoir la cohérence derrière des ambivalences apparentes chez lui : à la fois petit bourgeois et progressiste non loin du socialisme, artiste et capitaliste, anticlérical et ami des membres du clergé, universaliste et nationaliste. À travers ses intérêts et prises de position variés, il ne se contredit pas, car il tend invariablement vers les mêmes buts : le progrès, l’amélioration de la condition humaine, la fin de l’asservissement et le respect de la dignité individuelle et collective. En plus d’arriver à une appréciation plus nuancée d’un individu dans ses constances et dans sa globalité, nous avons pu rendre compte des idées modernes qui animaient la société québécoise du tournant du siècle, tout en démontrant qu’il n’y a pas nécessairement adéquation parfaite entre modernité et art moderne.
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Philippe Marcotte, Maîtrise en communication publique (2008)

Le discours de légitimation des journalistes québécois : l’idéologie à l’oeuvre

Dir. : Charron, Jean
Codir. : de Bonville, Jean

 
 

François Mathieu, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

Les cloches d’églises du Québec: objets du culte, sujets de culture

Dir. : Ferretti, Lucia

À une époque où se joue l'avenir de nos biens d'église, il importe de se demander pourquoi le Québec a jadis mis tant d'emphase sur ce patrimoine. Pour ce faire, c'est notamment aux valeurs plurielles d'aujourd'hui qu'il faut comparer ce qui, de ces augustes témoins de transcendance, traverse le temps. Plusieurs penseurs insistent avec raison sur la part de culture qui, dans les biens d'églises, permet de mieux comprendre leur valeur passée et à venir. Ce paradigme de culture, parce que plus intemporel, transcende mieux la courte histoire d'un Québec de plus en plus ouvertement laïque, et permet de croire en son potentiel d'actualisation.

Au Québec, nous bénéficions désormais d'une abondante littérature qui tente de tisser des liens généreux entre les cultures de ces différentes époques, incluant la nôtre. Il y a certes des éléments de continuité pour comprendre tous ces changements, même s'il est tentant d'en parler aussi en termes de rupture. En fait, beaucoup de gens cherchent un sens non plus au culte lui-même, mais à ce qu'il nous laisse en héritage matériel.

Parce que les biens d'église les plus divers ont obtenu leur part d'attention, nous abordons ce qui a été moins couvert : les cloches d'églises ont toujours été des sujets de culture, et le présent mémoire qui les expose en est donc un de campanologie.

Un bref historique du patrimoine campanaire québécois évoque d'abord nos premiers fondeurs itinérants du Régime français, jusqu'aux importations des siècles suivants. Que ce soit comme pièces d'excellence artisanale ou comme objets d'émulation identitaire, nous montrons comment certaines cloches permettent de faire une bonne lecture des communautés, petites et grandes, qui les ont acquises.

Prenant en exemple des ouvrages de campanologues européens, nous tenons ensuite d'identifier au Québec des cloches qui représentent d'importants vecteurs culturels. C'est ainsi que nous évoquons la cloche Marguerite-Michel de Saint-Denis-sur Richelieu qui, en 1837, a appelé les Patriotes au combat. Le bourdon Jean-Baptiste, de l'église Notre-Dame de Montréal, est la plus lourde cloche du Québec. Elle fut à son époque un étalage de puissance des Sulpiciens. Cette culture campanaire s'exprime aussi en termes artistiques. Le carillon de l'oratoire Saint-Joseph est le seul de ces instruments qu'on puisse trouver au Québec. De plus, une guilde de sonneurs à l'anglaise s'exécute dans la ville de Québec, seul lieu de la province où il est possible d'entendre ces sonneries très typiques. Datant de 1666, la plus vieille cloche du Québec a été cédée à une institution muséale. Enfin, une présentation des Carillons Touristiques de Rivière-du-Loup et de quelques autres projets de mises en valeur permettent de réfléchir à des options d'avenir pour ces objets du culte, qui nous parlent désormais de culture.

Compte tenu de la grande variété des spécimens étudiés, et par delà l'idée maîtresse de culture, c'est dans un potentiel d'identification que réside la richesse de notre patrimoine campanaire.
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Mirela Matiu, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

La vision de la nation chez Lionel Groulx et chez Lucian Blaga dans l’entre-deux-guerres

Dir. : Lanthier, Pierre


Lionel Groulx (1878-1967) était prêtre, historien, romancier et publiciste. Lionel Groulx avait le mérite d'être un précurseur dans plusieurs domaines. Il a fondé notamment la revue l'Action française en 1917, dont il a été le premier rédacteur en chef. Dans l'entre-deux-guerres, il fut le titulaire de la première chaire d'histoire du Canada et bâtisseur des fondations du futur département d'histoire de l'Université de Montréal.

Lucian Blaga (1895-1961) était philosophe, diplomate, poète et dramaturge. A l'univers culturel roumain de l'entre-deux-guerres, il a apporté sa vision originale et avant-gardiste du fait littéraire. Il a été récompensé pour son apport artistique en étant nommé membre de l'Académie Roumaine en 1936. Entre 1926 et 1936, il a été attaché culturel dans plusieurs capitales européennes : Varsovie, Prague et Berne et, entre 1938-1939, a été nommé ambassadeur au Portugal. Comme Roumain de Transylvanie ayant vécu sous un régime étranger dans sa jeunesse, il a dédié toute sa vie à la cause nationale, en publiant de nombreux articles et pièces de théâtre qui s'attachent à révéler et à défendre la spécificité nationale des Roumains.

L'objet de ce mémoire est de cerner l'essentiel de la pensée de chacun de ces deux intellectuels nationalistes dans l'entre-deux-guerres et de la mettre en contexte. Nous nous proposons d'analyser la diversité des visions de ces deux intellectuels parfois tout à fait opposées et d'autres fois assez convergentes. En employant une approche comparative de la vision nationaliste de ces deux intellectuels, nous examinons la relation entre mythologie et littérature nationales. De la sorte, nous abordons un problème important pour notre époque, celui de la formation et du fonctionnement de la mythologie nationale. Cette démarche nous aidera à trouver un début de réponse à la question suivante : Pourquoi sommes-nous ainsi? Question que tant les Roumains que les Québécois n'ont jamais cessé de se poser. Cette approche comparée de la vision nationaliste de deux intellectuels nous permettra de mieux saisir comment, dans l'entre-deux-guerres, s'est formulée la question de la construction de l'identité nationale en Roumanie et au Québec.
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Karine Maurais, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2008)

Activité et propriété maritimes dans la région du Bas-Saint-Laurent (1874-1920)

Dir. : Normand, France

La présente recherche a pour double objectif de mettre en lumière le renouvellement et le financement de la flotte de navires du Bas-Saint-Laurent au cours des années 1874 à 1920. À partir d'une étude des navires (taille et caractéristiques) et des activités de propriété navale, notre mémoire vise à mieux comprendre les transformations qui s'opèrent, à micro-échelle, dans cette région à vocation maritime et agricole, qui entreprend véritablement son industrialisation à l'orée du XXe siècle, sous la poussée de nouveaux secteurs d'activités, notamment l'industrie forestière.

La période retenue nous permet d'appréhender l'évolution de la batellerie à la lumière des changements technologiques qui ont marqué le secteur de la navigation, notamment l'introduction de la vapeur. Notre étude montre une diminution progressive des investissements à partir du XXe siècle, alors que la batellerie demeure à peu près stable sur le plan de sa composition. Certes, l'examen des transactions effectuées sur les navires indique une légère hausse des achats au début du siècle. Toutefois, la caducité des unités en service, jointe aux accidents en mer, viendra bientôt contrebalancer ces gains, rendant le déclin de la flotte inévitable.

L'analyse suggère par ailleurs que la bourgeoisie locale a joué un rôle limité dans le financement des navires, le crédit provenant principalement d'intérêts extrarégionaux.
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Saeko Yamauchi, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2008)

L’évolution du mouvement souverainiste québécois dans l’Action nationale (1995-2005)

Dir. : Ferretti, Lucia

Curieusement, sinon paradoxalement, depuis le référendum de 1995, qui a provoqué une onde de choc à travers tout le Canada et fait prendre conscience aux Canadiens de la gravité de la crise que traverse la confédération, le mouvement souverainiste québécois semble s’être engagé dans une impasse. D’un côté, un haut mur se dresse : celui, politico-juridique, de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Loi fédérale sur la clarté référendaire, l’une et l’autre s’appuyant sur le droit international pour contester on seulement la légitimité, mais la légalité même du processus d’accession à l’indépendance, qui demeure l’objectif déclaré du Parti québécois. De l’autre côté, au Québec, le Parti québécois semble ne plus trop savoir comment se sortir du piège où il s’est lui-même enfermé avec sa doctrine de la souveraineté-association, qui le rend de plus en plus vulnérable à la rhétorique juridico-politique d’Ottawa.
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Bertrand Rainville, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2007)

Le crédit à la consommation dans le Québec d'après-guerre: une enquête exploratoire

Dir. : Rousseau, Yvan

Le crédit à la consommation se développe de manière déterminante dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les salaires augmentent, les couvertures contre les aléas de la vie se développant (assurances, politiques sociales, etc.) et l’accès au crédit devenant plus facile, cette nouvelle conjoncture permet l’acquisition rapide de plusieurs biens de consommation et entraîne par le fait même une mutation des modes de vie. Une certaine aisance s’installe graduellement chez beaucoup de familles salariées du Québec. Le rapport Tremblay-Fortin nous permet un regard extrêmement précis sur la situation prévalant dans ces familles à la fin de la période couverte par notre étude, en 1959. Cela ne va pas sans quelques résistances, puisque l’idéologie conservatrice dominante, caractérisée par la prudence face au crédit, par la religiosité, par les valeurs traditionnelles en somme, sera mise à rude épreuve. Le sénateur Cyrille Vaillancourt mènera une lutte acharnée contre l’ouverture trop grande des Caisses populaires Desjardins au crédit à la consommation. Une bataille qui durera une trentaine d’années, de l’intérieur même du mouvement qu’il dirige, avec de puissants moyens, dont la revue Desjardins. Il la perdra.

Les témoins rencontrés dans le cadre de cette enquête exploratoire, nous ont dressé un tableau simple, mais limpide, de leur cheminement. Ils avaient peur d’utiliser le crédit. Ils y ont eu recours, massivement certes, mais avec prudence. L’image générale qu’il nous reste de cette époque, c’est que les hommes travaillaient beaucoup dans le but d’améliorer ce qu’on appelle dans les milieux savants leur ascension sociale, ce qui se manifestait pour eux par l’acquisition d’une auto, de mobilier et d’une maison.

Quant aux femmes, elles étaient manifestement la cheville ouvrière de cette ascension. Dans une conjoncture qui leur était très défavorable, tant du point de vue légale qu’économique, cela n’allait pas sans une bonne dose d’ingéniosité, de compétence sur le plan financier, de savoir-faire technique et domestique; bref, les femmes étaient généralement en avance sur leur conjoint dans la compréhension de ce qui se passait dans la société et elles agissaient en conséquence.
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Mario Bergeron, Doctorat en études québécoises (2006)

Changements sociaux et culturels du Québec à Trois-Rivières, par la voie d’un événement rassembleur: le cas de l’exposition de Trois-Rivières, de 1896 à 2005

Dir. : Lanthier, Pierre
Codir. : Hardy, René

Cette recherche a comme propos l’histoire de l’Exposition agricole et industrielle de Trois-Rivières, de 1896 à 2005. L’objectif de ce travail vise à analyser les changements sociaux et culturels véhiculés par l’Exposition par la voie de la participation des groupes sociaux impliqués.

En premier lieu, nous brossons un tableau rapide de deux antécédents de l’Exposition : les foires de la Renaissance et les Expositions internationales du dix-neuvième siècle. Ensuite, nous nous concentrons sur la transposition de cet héritage sur le territoire du Québec et de Trois-Rivières, au cours de la période 1850 à1890, en nous attardant aux trois éléments qui seront en vedette à l’Exposition : l’agriculture, l’industrie et le commerce, ainsi que les divertissements. Nous terminons cette mise en contexte par un troisième chapitre qui nous présente une histoire générale de l’Exposition, divisée en périodes représentatives de son évolution.

Les trois chapitres suivants nous plongent dans les éléments de la démonstration de notre objectif. Les discours présentés sont d’abord ceux de participants qui avaient la parole officielle : les membres de la bourgeoisie trifluvienne, les politiciens et les journalistes. Le chapitre suivant examine le grand public, avec une attention portée aux femmes et aux enfants. Nous compléterons le parcours de ce cinquième chapitre par la sociabilité et la transgression. Le dernier chapitre s’attarde aux discours identitaires relatifs à l’histoire de l’Expositions.

L’analyse de tous ces discours trace une nette démarcation entre ceux de 1896 et 1940 et ceux de 1946 à 2005. Il s’agit d’une frontière entre deux univers culturels du Québec, vus, dans notre démarche, par la parole de citoyens de diverses classes sociales de Trois-Rivières et de la Mauricie. Cette recherche épouse notre intérêt d’historien pour les lieux de rassemblements publics en milieu urbain et pour les discours qui les accompagnent.
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Véronique Burla, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2006)

Élisabeth Bégon : un exemple de préceptorat féminin en Nouvelle-France

Dir. : Guillemette, Lucie
Codir. : Bernier, Marc-André

Les historiennes et historiens spécialistes de l’éducation des filles en Nouvelle-France ont presque tous dirigé leurs recherches et analyses vers les milieux conventuels, faisant presque abstraction aux autres lieux de transmission du savoir. Le préceptorat féminin, c’est-à-dire l’éducation des filles à la maison, une pratique pourtant si répandue au sein des familles privilégiées de l’Ancien Régime, n’a jamais fait partie intégrante d’une recherche historique.

Ce mémoire de maîtrise comble, de ce fait, une lacune dans l’historiographie québécoise sur l’histoire des femmes en Nouvelle-France et ouvre la recherche sur la pratique privée (ou domestique) de l’instruction des filles durant la première moitié du XVIIIe siècle. La correspondance d’Élisabeth Bégon (1748-1753) forme le corpus qui a inspiré cette recherche.
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Amélie Mainville, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2006)

La vie musicale à Trois-Rivières, 1920-1960

Dir. : Ferretti, Lucia

L’objectif principal de la recherche est de mettre en lumière les conditions locales, et notamment les facteurs sociaux, grâce auxquels la vie musicale s’est développée à Trois-Rivières entre 1920 et 1960. L’analyse démontre que, durant toute la période étudiée, le dynamisme artistique du milieu trifluvien prend appui principalement sur l’implication bénévole des acteurs et sur le soutien de la communauté immédiate. Ces caractéristiques demeurent des constances dans un champ musical qui, par ailleurs, connaît de grandes transformations au fil des ans.

Jusqu’au milieu des années 1930, la vie musicale à Trois-Rivières est surtout marquée par la présence des artistes amateurs. Ceux-ci s’impliquent bénévolement dans la production culturelle locale afin de produire une musique de divertissement et de circonstance destinée à animer le quotidien de toute la communauté. Ces artistes amateurs réussissent à faire vivre la scène musicale grâce au soutien actif du milieu, qui se mobilise d’autant mieux que les activités et le répertoire privilégiés correspondent de près aux attentes des élites politiques et religieuses et à celles des classes populaires de la ville. Quant aux musiciens eux-mêmes, ils puisent dans une intense sociabilité de groupe le goût et l’énergie de continuer à s’investir dans l’animation musicale de la ville. En marge de cette vie culturelle essentiellement populaire, la musique savante trouve difficilement sa place. Les récitals sont rares, car des contraintes à la fois matérielles, financières et démographiques dissuadent les imprésarios bénévoles.

La situation de la musique sérieuse connaît toutefois une amélioration dès le milieu des années 1930. À cette époque, une nouvelle génération de musiciens veut accroître la diffusion de la musique de concert à Trois-Rivières. La réorientation progressive des activités des groupements amateurs vers les concerts en salle et à la radio, l’avènement des sociétés de concerts, l’importance accordée à l’éducation du public et la mise en place de mesures facilitant l’accès aux manifestations artistiques permettent à un public élargi d’accéder au monde de la musique classique. Par ailleurs, l’apparition de ces nouvelles activités artistiques crée une vitalité culturelle qui stimule les artistes locaux. Dès lors, ceux-ci multiplient les projets qui permettent aux chanteurs et instrumentistes d’exercer leurs penchants artistiques, notamment au sein du premier véritable orchestre symphonique local.

Cependant, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la modernisation de la société québécoise et la diffusion accrue des moyens modernes d’écoute musicale contribuent au déclin de cette vie artistique basée sur l’amateurisme. Le désintéressement des musiciens bénévoles et du public, l’absence de relève à la direction des organismes locaux et le désengagement des autorités municipales dans la sphère culturelle constituent quelques-uns des facteurs qui expliquent la disparition de cette dynamique amateure. À la même époque, des organismes comme les Jeunesses musicales du Canada, en s’attachant surtout à l’éducation de la jeunesse et en sollicitant l’aide des gouvernements fédéral et provincial, indiquent déjà l’apparition d’une nouvelle logique de production culturelle, qui prendra son essor définitif dans les années 1960 grâce à l’intervention plus décisive de l’État dans le développement des arts.
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Pierre Richard, Doctorat en études québécoises (2006)

Une histoire sociale du curling au Québec, de 1807 À 1980

Dir. : Hardy, René

En proposant une histoire sociale du curling au Québec de 1807 à 1980, cette thèse s’attache aux questions relatives à la sociabilité selon trois axes. Qui sont les acteurs sociaux de ce sport? Quelles sont les valeurs qui sous-tendent leur pratique? Comment ce sport pose-t-il les jalons de sa pérennité?

Tout au long du XIXe siècle, l’absence remarquée des femmes, des Canadiens français et de la classe ouvrière permet de poser les premiers éléments de la problématique. Pour chacun de ces groupes, nous avons par la suite établi les moments de la divulgation et de l’appropriation du sport. La participation féminine en curling s’exprime dans la première décennie du XIXe siècle avec la formation du Montreal Club. À cette époque, les sports d’hiver ne sont pas le lieu d’une camaraderie essentiellement masculine. Le curling obéit à cette tendance et, phénomène remarquable, la mixité émerge relativement tôt sans que des réticences particulières ne soient observées. Dans l’après-guerre, les femmes s’approprient l’activité et deviennent ensuite des partenaires de premier plan. Le retard des francophones est marqué et nous en avons étudié les raisons. Contrairement à ce que l’historiographie a pu laisser croire, ce retard ne tient pas à un refus global des valeurs sportives ou à une prise de distance associée à la culture anglo-saxonne. Jusqu’aux années 1970, le curling demeure un sport de classe réservé à une élite bourgeoise. À l’inverse d’autres activités, c’est tardivement qu’il finit par joindre la masse. La baisse de popularité du sport combinée à une offre excédentaire de places congédie pur de bon toute prétention de distinction.

Un mécanisme rigide de sélection par cooptation aura eu pour effet de tenir en marge de ce sport tous ceux qui ne participaient pas au réseau social de la bourgeoisie anglo-protestante. De cet angle, le phénomène représente une forme de discrimination directe, de favoritisme.

L’importance que les acteurs du curling ont accordée à leur activité tient au fil du temps à un ensemble diversifié de représentations. Toutefois, la sociabilité est une valeur qui surpasse toutes les autres et confère au curling sa personnalité unique. L’essence de la sociabilité n’interdit pas la présence de compétitivité ou, dirons-nous, de sportivité. En revanche, le gain de l’un se sera réalisé au détriment de l’autre. Grâce à une observation étendue dans le temps, il a été possible de reconnaître l’évolution de ce couple sociabilité/sportivité. L’expression de cette valeur touche un sommet au milieu du XXe siècle et décline par la suite avec la montée d’un curling plus « sportif » Élevé au rang de discipline olympique.

Dans un sport qui n’a jamais été plus spectaculaire, le curling aura assumé sa pérennité sur près de deux siècles ne vivant un premier déclin qu’au tournant des années 1970. Cette étonnante stabilité dans le temps ne tient pas à un facteur primordial mais à un ensemble de facteurs qui agissent en concomitance : continuité psychologique malgré l’écoulement du temps, utilisation du droit comme mode de normativité, constitution de patrimoines physiques imposants, cumul des actes d’institutionnalisation. Tout en représentant un ingrédient de cette survie, la sociabilité, stage avancé de l’action réciproque des individus, ne peut être le garant du maintien d’une forme sociale. Délesté de son contenu sportif, tout regroupement qui n’est plus que le prétexte à la rencontre court à l’extinction. Ce constat pourrait se généraliser à d’autres sphères de l’activité humaine.

En se donnant pour cadre théorique la sociologie formelle de Simmel, cette thèse reconnaît le sport comme une configuration nouvelle, un modèle inédit qui prend racine au XIXe siècle à l’échelle mondiale. Toutefois, à l’intérieur de cette unité sociale, chaque sport adopte son propre rythme et bâti son rapport compétitif en fonction d’un contenu de socialisation donné, c’est-à-dire les motivations des individus qui s’y regroupent. Par rapport à d’autres sports, le curling se configure avec lenteur sans jamais que sa survie ne soit menacée par ailleurs.
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Bryan Hamel, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2005)

La formation de la «machine duplessiste» dans la circonscription provinciale de Trois-Rivières, 1923-1939

Dir. : Ferretti, Lucia
Codir. : Paradis, Jean-Marc

Entre 1923 et 1927, Maurice Duplessis passe du statut de candidat défait à celui de député conservateur provincial grâce à l’appui d’un bon réseau de mobilisation. Sa présence mousse l’intérêt des Trifluviens pour la vie politique, ce que confirme l’augmentation du taux de participation aux élections, autant du côté libéral que conservateur. Devenu en 1927 le nouveau député de Trois-Rivières, Duplessis fait tout pour représenter le mieux possible ses concitoyens, mais plus particulièrement ses partisans, face à un gouvernement qui n’est pas de son parti. Il contribue ainsi à augmenter sa popularité et donc, à assurer ses réélections.

Les victoires conservatrices locales aux élections provinciale et fédérale de 1931, dans un contexte où le Parti conservateur forme désormais le gouvernement à Ottawa, donnent à l’organisation politique de Duplessis les moyens de s’enraciner solidement à Trois-Rivières, notamment par le contrôle des « travaux de chômage » et celui du patronage. Son éclatant triomphe local à l’élection de 1935 renforce encor cet état de fait. Le réseau de mobilisation se transforme alors en réseau clientéliste.

La victoire des Libéraux aux élections fédérales de 1935 et celle de l’Union nationale au scrutin provincial de 1936 n’affectent pas le réseau clientéliste de Duplessis. Mais le patronage relève désormais seulement de Québec. Devenu Premier ministre du Québec, Duplessis distribue en effet une bonne partie de l’administration du patronage unioniste à ses représentants locaux. Aussi, la victoire libérale provinciale de 1939 n’empêche pas sa réélection dans Trois-Rivières, avec une forte majorité. Ceci s’explique par le fait que les électeurs de cette circonscription ont confiance en ce politicien rusé, qui leur procure de bons services et de l’emploi depuis 1927.
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Marie-Eve Lachapelle, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2005)

L'indemnisation des accidentés du travail au Québec, fin XIXe à 1931: le débat et ses enjeux

Dir. : Rousseau, Yvan
Codir. : Guérard, François

Travailler, mais à quel prix? Au Québec, avant 1909, la date à laquelle la Loi des Accidents du Travail reconnaît formellement la théorie du risque professionnel, les employés devaient faire la preuve devant la justice que leur employeur était en faute pour se faire indemniser. Durant la période où la loi de 1909 fut appliquée, les employeurs n’avaient toutefois pas l’obligation de cotiser à une assurance et aucun organisme public ne veillait à la mise en œuvre de la loi. Il faudra plus de 20 ans avant que la responsabilité collective des employeurs soit reconnue lors d’accidents du travail et qu’une organisation étatique gère cette loi en obligeant les patrons à cotiser dans un fonds d’assurance.

Il semble que la grande majorité des acteurs de l’époque – patrons, travailleurs, assureurs et médecins – s’entendent sur la nécessité d’instaurer une loi des accidents du travail, mais l’enjeu des débats semble se situer à d’autres niveaux : 1er De qui relève la responsabilité? Les patrons ou les travailleurs? 2e Qui doit contribuer aux assurances? 3e Comment ce paiement sera-t-il perçu et distribué?

Notre hypothèse est que la Commission des Accidents du Travail (CAT) se devait de voir le jour, en raison de la tendance mondiale d’intervention étatique afin de réduire les tensions sociales, mais qu’elle n’a pas pris forme sans heurts et que ces divergences d’opinons on résulté d’intérêts contradictoires.
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Nancy Gadoury, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2004)

L'encadrement du mouvement de colonisation dans le Piedmont des Laurentides dans Lanaudière, 1810 à 1890

Dir. : Brouillette, Normand
Codir. : Morissonneau, Christian

 
 

Maureen Hayes, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2004)

Lecteur et intertexte dans L'Antiphonaire d'Hubert Aquin

Dir. : Guillemette, Lucie

 
 

Roxanne Martin, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2004)

Une communauté fragmentée: enquête exploratoire sur les réseaux de sociabilité au sein du milieu homosexuel trifluvien

Dir. : Rousseau, Yvan
Codir. : Brouillette, Normand

 
 

Martine Tousignant, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2004)

La gestion des finances des fabriques de Cap-Santé et de Deschambault, 1830-1840

Dir. : Roy, Jean
Codir. : Martin, Paul-Louis

 
 

Dominique Comtois, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2003)

Le soutien à domicile au Québec: contexte d'émergence et principaux enjeux

Dir. : Rousseau, Yvan
Codir. : Paquet, Mario

 
 

Annie Desaulniers, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2003)

Le secours mutuel en transformation: l'Alliance nationale (1892-1948)

Dir. : Rousseau, Yvan

 
 

Frédérick Durand, Doctorat en études québécoises (2003)

Le transfert culturel du roman-feuilleton français dans le réseau de la presse québécoise du XIXe siècle: contre-légitimation de la déviance et de l'excès dans l'imaginaire littéraire

Dir. : Brunet, Manon

Genre littéraire déviant dans la société québécoise du XIXe siècle, le roman-feuilleton français est aussi diffusé que critiqué dans la presse de 1875-1900. L'institution littéraire québécoise encore en formation ne permettant pas l'existence d'un discours littéraire autonome sur le genre, la critique du roman-feuilleton s'appuie sur les valeurs définies par d'autres institutions (sphères religieuse, politique, économique) : moralité, religion, aspect national du texte. Le roman-feuilleton y est dénoncé comme propagateur du vice, de la perte de la foi, du trouble de l'ordre établi, du refus du type de gouvernement en place, de la justification du suicide, de l'adultère, de la description de la criminalité ou de la recherche des plaisirs.
Les condamnations du genre ne convainquent cependant pas le lectorat, qui prouve sa fidélité à la littérature populaire en réclamant sa dose quotidienne de feuilletons, conformes aux règles du genre et à ses représentations. Par la contre-légitimation, les lecteurs manifestent leur intérêt envers ces textes, notamment en écrivant des lettres et en participant à des concours.
Il existe une différence notable entre les représentations sociales légitimées en France et au Québec à la même période : concubinage, divorce, attaques contre l'Église, communisme et socialisme sont autant d'éléments mieux acceptés en France qu'au Québec au XIXe siècle, de même que la critique des grandes institutions. Conscients de l'engouement du lectorat pour le genre et de l'influence que ce dernier peut exercer, les institutions dominantes de l'époque accordent beaucoup d'attention aux feuilletons et se chargent de leur réception critique de différentes manières : articles, lettres officielles, censure. Au Québec, la littérature nationale veut stimuler la foi, l'amour de la patrie, la vertu, le respect des lois, la transmission de la tradition et de la langue. La littérature est perçue au Québec comme l'outil d'élaboration d'une conscience historique québécoise, d'une référence identitaire collective. Ce projet social a donc peu à voir avec les enjeux des romans-feuilletons, jugés légers, amoraux ou immoraux et ancrés dans la réalité sociale présente où l'individu prend plus de libertés par rapport aux institutions et traditions. Il faudra donc, pour les diffuseurs québécois de feuilletons français, chercher à rapprocher les feuilletons de la littérature nationale pour rendre les textes importés plus acceptables. Le transfert culturel permettra de faire accepter ces romans dans la société et dans les journaux québécois, afin de satisfaire à la fois les critiques et le lectorat de masse.
La déviance (individualisme, marginalité, contre-modèles sociaux) et l'excès (domination des pulsions et des désirs sur la raison) sont deux constantes des romans-feuilletons. Les représentations sociales des sphères privée et publique véhiculées par les feuilletonistes constituent l'aspect problématique majeur du genre et expliquent toutes les autres pratiques (transfert culturel, modifications éditoriales, critique, diffusion, contre-légitimation...). Les romans français sont donc modifiés et censurés avant d'être publiés au Québec. Coupes, ajouts et modifications constituent autant de manières pour les journaux québécois de conformer le plus possible leurs feuilletons français aux visées de la littérature nationale.
Le réseau de transfert culturel mis en place s'assure de la production et de la diffusion de ces textes censurés. La déviance et l'excès seront examinés, dosés et modifiés attentivement, afin de satisfaire le lectorat tout en se conformant aux idéologies jugées acceptables. Les textes seront choisis, retitrés, corrigés, en tenant compte de l'état actuel de la censure, des idées, des autres romans publiés par les différents agents du réseau. Cependant, malgré ce travail éditorial, nombre de représentations non légitimées de la déviance et de I'excès subsistent dans les textes français publiés au Québec : amours coupables, suicides, enlèvements, duels, tentatives de viol, descriptions d'anatomies féminines...
Cette thèse étudie l'inscription sociale du feuilleton dans la société québécoise et les différentes étapes du transfert culturel à l'aide de trois romans-feuilletons français diffusés et censurés au Québec : Les Trois Mousquetaires (1844), d'Alexandre Dumas; Le Maître de forges (1882), de Georges Ohnet , et L'Enfant du faubourg (1875), d'Émile Richebourg. Cette thèse désire contribuer à la recherche sur le privé et sur les littératures marginales et populaires ou paralittéraires en dévoilant un pan encore peu connu de l'histoire littéraire québécoise. En effet, ce genre littéraire assez ignoré jusqu'à maintenant n'en rejoignait pas moins un lectorat nombreux, beaucoup plus considérable que celui de la littérature nationale institutionnalisée. La diffusion massive des journaux diffuseurs de romans-feuilletons nous le signale clairement, si l'on songe à des périodiques comme La Presse, qui atteignait à Montréal un tirage de 67 822 exemplaires en 1900.
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Luc Marchand, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2003)

L'enracinement des caisses populaires en milieu urbain. Le cas de Trois-Rivières : 1945-1980

Dir. : Rousseau, Yvan
Codir. : Levasseur, Roger

 
 

Béatrice Porco, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (2003)

Quelle fut la vie quotidienne à Shawinigan durant la crise économique de 1929.

Dir. : Brouillette, Normand

 
 

Diane Raymond, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2003)

La fille taboue ou la prise en charge des filles-mères par les soeurs de Miséricorde à Trois-Rivières, de 1943 à 1971

Dir. : Brouillette, Normand
Codir. : Goulet, Denis

 
 

Karl-Xavier Thomas, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2003)

Un pour tous. Les aspirations démocratiques des leaders étudiants de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal, 1958-1969

Dir. : Ferretti, Lucia
Codir. : Rousseau, Yvan

 
 

Guy Boisclair, Doctorat en études québécoises (2002)

Étude d'un mouvement de modernisation de l'agriculture. Les premières années de l'Union catholique des cultivateurs dans le diocèse de Joliette, 1924-1952

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Levasseur, Roger

L'essor du syndicalisme agricole dans la première moitié du XXe siècle annonce une étape décisive de la modernisation de l'agriculture québécoise. Son implantation dans le diocèse de Joliette révèle l'existence d'un mouvement social de développement où sont engagés non seulement les agriculteurs impliqués dans l'organisation mais aussi les acteurs institutionnels importants que sont l'État et l'Église.
La modernisation dont il est question ici concerne le processus d'adaptation et de transformation des structures et des pratiques agricoles pour permettre leur intégration à l'économie de marché. Cela se traduit par une utilisation croissante du capital dans la production agricole, particulièrement pour le remplacement des facteurs principaux de production que sont la terre et l'équipement. Cette modernisation renvoie, aussi, à des changements fondamentaux des rapports sociaux, politiques et culturels.
Un examen du syndicalisme agricole au niveau local, près de ceux qui se sont impliqués dans ce mouvement, s'imposait car l'essentiel de la compréhension que nous avons de l'Union catholique des cultivateurs repose sur une historiographie qui, quoique riche et intéressante, ne considère l'organisme que par sa tête et n'aborde trop souvent celui-ci que par le biais du discours idéologique.
La lecture proposée dans cette thèse, faite en marchant dans le champ, amène à reconsidérer le rôle des trois acteurs qui ont soutenu ce projet ainsi que les rapports qui les définissent. On verra en l'État québécois, plus spécifiquement en ses agents, ici les agronomes, l'inspirateur de la relance agricole et un partenaire de l'UCC. L'Église, dont la participation à l'organisme avait plutôt été perçue de façon négative, se montrera moins ombrageuse, plus ouverte qu'on ne l'avait entrevu. Par leur implication, des curés et vicaires se révéleront comme de véritables agents de la modernisation agricole. Enfin, il sera possible d'obtenir un portrait plus précis des agriculteurs qui s'engagent dans le mouvement et qui doivent apprivoiser cette institution nouvelle que représente pour eux le syndicalisme.
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Hugues Brunoni, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

Les pratiques religieuses en Beauce, 1852-1940

Dir. : Hardy, René
Codir. : Roy, Jean

 
 

Manon Bussières, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

Les pratiques religieuses dans le diocèse de Nicolet, 1855-1955

Dir. : Hardy, René
Codir. : Roy, Jean

 
 

Caroline Coulombe, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

Un siècle de prescriptions culinaires: continuités et changements dans la cuisine au Québec, 1860-1960

Dir. : Martin, Paul-Louis

 
 

Pascal Gagnon, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

La pratique de la chasse dans le comté de Rimouski, 1930-1980

Dir. : Martin, Paul-Louis
Codir. : Brouillette, Normand

 
 

Denise Lamontagne, Doctorat en études québécoises (2002)

Le culte à Sainte Anne en Acadie. Étude ethno-historique

Dir. : Hardy, René
Codir. : Dumais, Monique

Sainte Anne est connue dans l'histoire de l'Église comme la mère de Marie. Si l'on retrouve Marie dans les évangiles, sa mère par contre y est absente. Elle ne possède aucune base scripturaire puisqu'elle appartient aux évangiles apocryphes. N'ayant jamais été reconnue canoniquement par les défenseurs de la recta ratio théologique, sainte Anne bénéficie d'une faible légitimité auprès des élites religieuses et son lieu de mémoire est essentiellement marginal.

D'ailleurs, au lendemain du concile de Trente, le processus de purification doctrinale lié au culte des saints devait assimiler le culte à sainte Anne à celui de Marie réduisant ainsi ces deux figures jadis autonomes au culte marial. En principe, sainte Anne ne devait plus être fêtée pour elle-même, mais bien comme simple justificatrice de l'Immaculée conception de Marie. Or, l'historiographie religieuse se rapportant au culte à sainte Anne retient deux principaux lieux de résistance où la sainte triomphe encore aujourd'hui dans ses sanctuaires : Sainte-Anne-d'Auray en Bretagne et Sainte-Anne-de-Beaupré dans la province de Québec.

Il s'agit de deux lieux de pèlerinage majeurs qui, par leur grande popularité, laissent dans l'ombre de multiples autres lieux de dévotion qui sont autant de lieux de résistance de la figure de sainte Anne qui demandent à être explorés.

En Acadie, sainte Anne connaît le même destin de figure marginale qu'on lui attribue dans l'histoire de l'Église. L'Acadie, ce lieu mythique au regard de la géographie canonique, figure sous forme de blanc de mémoire sur la carte du monde. Première colonie française en Amérique du Nord, elle aura vite été détrônée par sa voisine désormais représentante officielle de l'Amérique française, soit la province de Québec. Privés de lieu identitaire sur le plan territorial, les Acadiens ont tout de même réussi à conserver un lieu de parole, voire même un lieu de discours qui, jusqu'au milieu du XXe siècle, fut monopolisé par une certaine élite clérico-nationaliste qui a choisi, pour l'ensemble des Acadiens, la figure de Marie de l'Assomption comme seule patronne et protectrice du peuple. L'Acadie se présente dès lors comme un lieu de discours partageant avec sainte Anne le fait d'être témoin d'un processus de rationalisation autour de l'unique figure de Marie.

Le zèle déployé par les institutions qui définissent l'identité acadienne dans ce travail de promotion de la figure de Marie renvoie l'historien des religions à une énigme : comment expliquer la persistance de la dévotion à sainte Anne chez les Acadiens?

Le culte à sainte Anne, en effet, est demeuré bien vivant en Acadie pendant toutes ces années malgré sa marginalisation par l'élite clériconationaliste. Cette résistance de la figure de sainte Anne en Acadie, tout comme dans l'histoire de l'Église, invite le chercheur à revoir le concept de marginalité d'une part, et elle renvoie d'autre part à la nécessité d'explorer l'univers symbolico-religieux d'un peuple en dehors des lieux de discours officiels. Ces derniers se révélant alors comme des lieux de mémoire qui occultent « ce qui est » au profit de « ce qui devrait être ». Ce que nous voulons démontrer, en dernière analyse, c'est que seule une exploration de l'imaginaire, qui se laisse moins définir par les discours officiels que par la littérature orale (folklore), est en mesure de dévoiler le véritable univers symbolique de l'homo religiosus. L'histoire religieuse d'un peuple risque de se faire théologie politique lorsque l'historien néglige l'histoire vue d'en bas, du lieu de la marginalité qui ignore l'orthodoxie.

L'étude de ce qui est marginal se révèle dès lors comme le miroir de l'inconscient collectif, ce lieu de mémoire d'une marginalité structurale certes, mais non pas d'une marginalité statistique.
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Maude Roux-Pratte, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

Les élites locales et les politiques sociales durant la crise des années 1930 à Drummondville

Dir. : Rousseau, Yvan
Codir. : Bellavance, Claude

 
 

Geneviève Roy, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

Méthodologie pour la reconstitution historique d'un intérieur domestique vers la fin du XIXe siècle. Interprétation d'une intimité: le cas de la maison d'Alphonse et de Dorimène Desjardins à Lévis

Dir. : Martin, Paul-Louis

 
 

Jacques Vézina, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2002)

La professionnalisation de la Sûreté provinciale du Québec, 1960-1970

Dir. : Ferretti, Lucia

 
 

Bérangère Bourget, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2001)

La Crise du Lac Saint-Jean (Québec 1926-1935)

Codir. : Bellavance, Claude

 
 

Isabelle Dupuis, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2001)

Mémoire commune, mémoire collective : le cas de la grève de Louiseville, 1952-1953

Dir. : Lanthier, Pierre
Codir. : Brouillette, Normand

 
 

France Fouquet, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2001)

La presse écrite; reflet de l'évolution de la famille québécoise de 1972 à 1995

Dir. : Roy, Jean
Codir. : Guillemette, Lucie

 
 

Jean-François Martel, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2001)

Les pratiques funéraires en usage dans les milieux populaires ruraux et urbains de la Mauricie entre 1945 et 1998

Dir. : Hardy, René

 
 

Jacinthe Plamondon, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2001)

Élaboration d'une perspective environnementale dans le secteur de l'hydroélectricité au Québec 1890-1939

Dir. : Bellavance, Claude
Codir. : Martin, Paul-Louis

 
 

Jacinthe Mercier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2000)

Culture québécoise et culture médiatique
: analyse des discours sociaux à travers
l'étude comparée des agendas de neuf
médias québécois."

 
 

Jocelyne Murray, Doctorat en études québécoises (2000)

La scolarisation au Québec (1850-1900), l'exemple de la Mauricie

Dir. : Hardy, René
Codir. : Gagnon, Serge

Cette recherche porte sur I'expansion de I'école primaire catholique et française dans les comtés de Champlain, de Maskinongé et de Saint-Maurice et de la ville de Trois-Rivières entre 1850 et 1900. A compter de 1841, les enfants des différentes couches de la société ont enfin accès à l'école grâce à la prise en charge par I'État du système de scolarisation. Cependant, la généralisation de I'instruction reposera sur une modification des comportements culturels qui exigera du temps, de I'énergie et un consentement populaire. C'est cette facette de I'histoire de I'éducation, celle qui met en cause la société et son adhésion au projet l'instruction primaire publique qui est approfondie dans cette thèse. II est démontré que le développement du système scolaire et I'ouverture des écoles ne s'effectuent pas de la même façon partout et au même rythme dans l'ensemble du territoire de la Mauricie. Entre les villages et la ville, le décalage est marqué. II I'est davantage entre les terres de colonisation et les paroisses bien établies. Les ressources financières des localités, le milieu géographique et les préoccupations des contribuables influencent les choix en matière d'éducation. Il s'ensuit que les collectivités appréhendent différemment le système scolaire et ses objectifs. Ce travail expose comment les communautés rurales, villageoises et urbaines dotent leur milieu respectif d'écoles qui reflètent leur mentalité, leurs moyens financiers et leur idéal.
La thèse se divise en huit chapitres qui analysent le monde scolaire local, depuis la formation des corporations jusqu'à I'évaluation des écoles en passant par le déroulement des affaires scolaires mettant en cause, selon les circonstances, commissaires, contribuables, écoliers et personnel enseignant. Le premier chapitre expose comment, dès sa fondation et tout au long de son existence, toute commission scolaire est représentative de son milieu. L'élection des commissaires, le choix d'un président et la nomination d'un secrétaire-trésorier assurent, année après année, le maintien de cette institution au sein des localités. Comme la plupart des décisions prises par les commissaires d'écoles ont un impact pécuniaire, le deuxième chapitre présente une analyse du financement des corporations scolaires, ce qui fait ressortir les disparités régionales. Cette étude constitue une toile de fond qui permet de mieux comprendre le contexte général du fonctionnement des commissions scolaires dans les chapitres subséquents.
Le troisième chapitre met en relief la dynamique sociale qui s'établit entre commissaires et contribuables dans l'administration. des affaires scolaires. Ouverture ou fermeture d'écoles, construction ou réparation, choix d'emplacernent, établissement d'une école modèle, représentent les sujets habituels sur lesquels tout conseil scolaire doit statuer, tout en tenant compte de I'avis de la population. Les décisions prises par les commissaires ne font pas toujours I'unanimité parmi les contribuables. Des oppositions se manifestent, des coalitions se forment, des leaders apparaissent. Au coeur de toute cette effervescence qui rompt l'harmonie de la vie sociale et paroissiale, les curés essaient de concilier les opinions. Chefs de file de leur paroisse, ils s'intéressent grandement aux questions touchant les écoles et, entre autres, à certaines décisions du conseil des commissaires dont ils font parfois partie. Chacun, selon sa manière, veut agir sur le déroulement des affaires scolaires dans son milieu.
L'engagement des instituteurs représente une des tâches les plus complexes pour les commissaires d'écoles. Recrutement, gestion de personnel, salaires, voilà autant de décisions à prendre pour le bon fonctionnement des écoles. Le quatrième chapitre scrute les diffirents aspects de cette responsabilité. La signature d'un contrat d'engagement ne lie pas uniquement un individu avec une corporation scolaire, mais avec toute une collectivitié. Cette coexistence n'est pas sans anicroches, comme le relate le chapitre cinq. La pratique de cette profession permet néanmoins à certains enseignants de faire une longue carrière et de se mériter une bonne renommée dans leur localité, voire au-deIà.
Les "maisons d'école" parsèment graduellement tout le territoire de la Mauricie. En pierre, en brique ou en bois, avec ou sans clocheton, des fenêtres tout autour, les écoles présentent une apparence variée et offrent un confort inégal. Tel que démontré au début de ce sixième chapitre, le chemin qui mène à I'école est tout aussi diversifié que les immeubles qui attendent les élèves. Quoi qu'il en soit, le but ultime de toute l'organisation scolaire n'est-il pas d'amener les enfants à fréquenter ces écoles? Le septième chapitre brosse un tableau de la. population écolière. Garçons et filles fréquentent-ils I'école dans des proportions semblables, à quel âge quittent-ils I'école et qu'en est-il de leur assiduité? Les écoliers de la ville sont-ils davantage favorisés que les enfants de la campagne?
Le huitième et dernier chapitre propose une évaluation de I'école. Qu'apprennent donc les élèves au terme d'une scolarisation maintes fois entrecoupée et que pense-t-on du personnel enseignant responsable des apprentissages? Combien de temps faudra-t-il pour que chaque élève sorte de I'école muni de l'indispensable savoir que sont la lecture, l'écriture et I'arithmétique? Cette incursion dans I'école se termine par une esquisse de la sociabilité écolière. Règlements, corvées, célébrations diverses et récompenses contribuent à faire de I'école un lieu spécifique. Il s'établit graduellement une manière d'être et d'agir propre aux élèves et à leurs maîtres. Au fil des ans, le monde scolaire deviendra de plus en plus codifié, mais n'est-ce pas Ià une réponse à une plus forte affluence?
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Patrick Provencher, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2000)

La Chambre de commerce de Trois-Rivières, activités et composition socioprofessionnelle

Dir. : Lanthier, Pierre

 
 

Jacques Thivierge, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (2000)

Les représentations sociales de l'enfant dans la chanson québécoise : l'exemple de Madame Bolduc et de Gilles Vigneault

Dir. : Brunet, Manon

 
 

Mario Bergeron, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1999)

Société québécoise, salles de cinéma au Québec et à Trois-Rivières : quatre aspects

Dir. : Lanthier, Pierre

 
 

Daniel Boutet, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1999)

Le mouvement d'opposition au monopole de l'électricité à Québec dans l'entre-deux-guerres

Dir. : Bellavance, Claude
Codir. : Levasseur, Roger

 
 

Alison Longstaff, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1999)

Vie intellectuelle et libre-pensée au tournant du XXe siècle : le cas de Ludger Larose

Dir. : Lanthier, Pierre
Codir. : St-Hilaire, Marc

 
 

Sylvain Royer, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1999)

Dollard Dubé : un chercheur et un écrivain passionné de la Mauricie

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

Martin St-Pierre, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1999)

Les manuels d'agriculture au Québec (1850-1930)

Dir. : Hardy, René
Codir. : Hamel, Thérèse

 
 

Alain Tapps, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1999)

La grande maison rurale au tournant du XXe siècle : un indicateur du changement culturel

Dir. : Martin, Paul-Louis

 
 

Marie-Josée Dorion, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1998)

Le processus d'électrification rurale du Centre du Québec, rive sud du fleuve, 1920-1963

Dir. : Bellavance, Claude
Codir. : Séguin, Normand

 
 

Isabelle Ethier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1998)

L'intertextualité dans La Servante écarlate : la femme comme sujet en devenir

Dir. : Guillemette, Lucie
Codir. : Rousseau, Guildo

 
 

Lori Fitch, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1998)

Newspaper Coverage of the FLQ Crisis by La Presse and The Toronto Daily Star : A Study of Opinions on Canadian Democracy / La couverture de la crise d'octobre 1970 examinée dans La Presse et The Toronto Daily Star : une analyse d'opinion sur la démocratie canadienne

Dir. : Levasseur, Roger

 
 

Yannick Gendron, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1998)

L'émergence de deux municipalités suburbaines de la Mauricie dans l'après-guerre : Shawinigan-Sud et Trois-Rivières-Ouest, 1945-1974

Dir. : Lanthier, Pierre
Codir. : Brouillette, Normand

 
 

Mathilde Kang, Doctorat en études québécoises (1998)

La fortune littéraire du Journal d'Eugénie de Guérin au Québec : intertextualité et formes de l'intime (1850-1950)

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Baudouin, Daphni

 
 

Katleen Leblanc, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1998)

L'Affaire Dreyfus et les intellectuels québécois, 1894-1906

Dir. : Lanthier, Pierre
Codir. : St-Hilaire, Marc

 
 

Jocelyn Morneau, Doctorat en études québécoises (1998)

Petits pays et grands ensembles : les articulations du monde rural au XIXe siècle. L'exemple de Berthierville et de Louiseville

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Courville, Serge

 
 

Martine Tremblay, Doctorat en études québécoises (1998)

Les rituels du mariage dans la vallée du Haut-Richelieu au XXe siècle, indicateurs de la différenciation sociale et marqueurs culturels

Dir. : Hardy, René
Codir. : Bouchard, Gérard

 
 

René Verrette, Doctorat en études québécoises (1998)

Les idéologies de développement régional. Le cas de la Mauricie 1850-1950

Dir. : Hardy, René
Codir. : Séguin, Normand

 
 

Clémence Bélanger, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1997)

Origine et évolution d'une caisse populaire en milieu urbain : le cas de la caisse populaire Sainte-Marguerite de Trois-Rivières, 1938-1980

Dir. : Levasseur, Roger

 
 

René Bergeron (feu), Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1997)

Encadrement clérical en contexte d'urbanisation à Shawinigan (1908-1930)

Dir. : Hardy, René
Codir. : Brouillette, Normand

 
 

Marie-Josée Boisvert, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1997)

Les rituels du mariage des ouvriers de Trois-Rivières, 1925-1940

Dir. : Hardy, René
Codir. : Bouchard, Gérard

 
 

Luc Bellerive, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1996)

Problèmes conjugaux et divorce dans les courriers du cœur de la fin des années soixante au début des années quatre-vingt

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Nadeau-Lacour, Thérèse

 
 

François Lachance, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1996)

L'exploitation industrielle de l'ocre en Mauricie, 1850-1918

Dir. : Martin, Paul-Louis
Codir. : Bellavance, Claude

 
 

Meenakshi Gupta, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1995)

Les entrepreneurs indiens à Montréal. De 1967 à nos jours. The Indian Business Community in Montreal. From 1967 to Present

Dir. : Lanthier, Pierre

 
 

France Normand, Doctorat en études québécoises (1995)

Pratiques et conditions de la petite navigation sur le Saint-Laurent dans les dernières décennies du XIXe siècle: le cas de la batellerie du port de Québec

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Courville, Serge; Robert, Jean-Claude

 
 

Richard Yen, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1995)

Promotion de l'alcool et mouvement antialcoolique au Québec (1900-1935) : le marchand, le prêtre, le médecin et l'État

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Rousseau, Guildo

 
 

Paule Giasson, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1994)

Le légendaire de l'archipel de l'Îsle-aux-Grues

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

Christine Hudon, Doctorat en études québécoises (1994)

Encadrement clérical et vie religieuse dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, 1820-1875

Dir. : Roy, Jean
Codir. : Gagnon, Serge

 
 

Mireille Le houx, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1994)

Élus municipaux et promotion industrielle à Trois-Rivières, 1870-1920

Dir. : Levasseur, Roger
Codir. : Hardy, René

 
 

Yvan Rousseau, Doctorat en études québécoises (1994)

L'enracinement et la transformation d'un mouvement social. La Fédération régionale des caisses populaires Desjardins du centre du Québec et ses établissements affiliés, 1909-1970

Dir. : Levasseur, Roger
Codir. :

 
 

Micheline Champoux, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1993)

De l'enfance ignorée à l'enfant roi: cinquante ans d'enfants modèles dans les manuels scolaires québécois (1920-1970)

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Hardy, René

 
 

Vincent Dubost, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1993)

Étude socio-pragmatique linuistique du discours publicitaire en fonction de la variable « sexe »: le cas des Pilules rouges et des Pilules Moro (1910-1950), décembre 1992, iv-144 p.

Dir. : Tousignant, Claude
Codir. : Cossette, André

 
 

Claude Léveillé, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1993)

État et évolution des conditions du logement à Trois-Rivières (1910-1930)

Dir. : Hardy, René

 
 

Alain Ruest, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1993)

Le développement des institutions municipales à Grand-Mère de 1898 à 1925

Dir. : Lanthier, Pierre
Codir. : Brouillette, Normand

 
 

Stéphane Filion, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1992)

Les réseaux métaphoriques dans le « Manifeste 1965-66 » de la revue Parti Pris

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

Yun-Juan Hu, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1992)

L'image de la Chine dans la pensée des Sœurs missionnaires (1909-1938)

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

Normand Roussel, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1992)

Radiophonie, technologie et transfert culturel: le cas de CKAC (1926-1930)

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Parmentier, Francis

 
 

Sylvie Brouillette, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1991)

Les marchés publics à Montréal, 1840-1860

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Courville, Serge
Codir. : Robert, Jean-Claude

 
 

Gilles De l’isle, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1991)

Arthabaska et son élite, seconde partie du XIXe siècle

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Bellefleur, Michel

 
 

Linda Lavoie, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1991)

La métaphore du sang: la sexualité de la jeune fille dans l'encyclopédie américaine Le médecin de la famille (1892-1893)

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Paradis, André

 
 

Yolande Potvin, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1991)

La femme et l'avortement à la fin du XIXe siècle: les points de vue d'un médecin rigoriste et d'un médecin français jugé déviant

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Paradis, André

 
 

Mario Lachance, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1990)

Shawinigan Falls de 1898 à 1921: formation d'une ville et contrôle de l'espace foncier par la Shawinigan Water and Power

Dir. : Brouillette, Normand

 
 

Hélène Naubert, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1990)

Maternité et pathologie: étude du discours médical sur la grossesse et l'accouchement au Québec (1870-1900)

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Paradis, André

 
 

Gilles Vallée, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1990)

La Chambre de Commerce de Trois-Rivières, 1871-1981: participation et assises sociales du mouvement

Dir. : Levasseur, Roger
Codir. : Séguin, Normand

 
 

Suzanne Benoît, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1989)

Le dédoublement hystérique dans le discours médical et paramédical québécois de la fin du XIXe siècle

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

Lison Bertrand, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1989)

Le mythe de l'éternelle jeunesse dans le discours publicitaire au Québec (1920-1950)

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Gagnon, Serge

 
 

Hélène Colas de la Noue, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1989)

Dystopie et science-fiction au Québec (1963-1973): étude des représentations des sciences et des techniques

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Gouanvic, Jean-Marc

 
 

Louise Fugère, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1989)

Le Centre de femmes de Shawinigan: dimensions organisationnelles et insertion dans le milieu

Dir. : Levasseur, Roger

 
 

Jacques Lefebvre, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1989)

Création et évolution de l'aire villageoise de Saint-Stanislas-de-la-Rivière-des-Envies, 1827-1881

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Jocelyn Morneau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1989)

Industries rurales, agriculture et monde villageois: le cas de Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup, 1831-1900

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Courville, Serge

 
 

François Roy, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1989)

Le crépuscule d'un rouge: J.-A. Tessier, maire de Trois-Rivières, et l'enquête Désy de 1920

Dir. : Hardy, René

 
 

René Verrette, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1989)

Le régionalisme mauricien des années trente

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Hardy, René

 
 

Hélène Desnoyers, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1988)

Le logement ouvrier à Trois-Rivières 1845-1945: l'exemple du secteur Hertel

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Hardy, René

 
 

Mario Marchand, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1988)

La publicité automobile au Québec. Du moyen de transport à l'imaginaire (1905-1930)

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Rousseau, Guildo

 
 

Jocelyne Murray, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1988)

Les marchés de Trois-Rivières: étude de sociabilité urbaine, 1850-1900

Dir. : Hardy, René

 
 

France Normand, Maîtrise en études québécoises (1988)

Navigation intérieure et faits d'échange à Québec au dernier quart du XIXe siècle

Dir. : Séguin, Normand
Codir. : Courville, Serge

 
 

Andrée Delachaux, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1987)

Marie de l'Incarnation: modèle de femme 1864-1966 (de Casgrain à Groulx)

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

Robert Riopel, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1987)

La concertation au Québec: prolongement d'un rapport de force

Dir. : Hardy, René

 
 

Yvan Rousseau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1987)

Vie associative et rapports sociaux: le cas de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie 1934-1975

Dir. : Levasseur, Roger
Codir. : Séguin, Normand

 
 

Martine Tremblay, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1987)

La représentation de l'idéal féminin en milieu rural québécois au XIXe siècle

Dir. : Hardy, René

 
 

Claude Bélizaire, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1986)

Mode de vie et pastorale sociale dans une paroisse ouvrière de Trois-Rivières: Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, vue à travers le Bulletin paroissial, 1916-1950

Dir. : Hardy, René

 
 

Robert Benoît, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1986)

Étude de l'intégration sociale d'une troupe de théâtre amateur: le cas des Copains de Grand-Mère

Dir. : Pagé, Raymond

 
 

Guy Lavoie, Maîtrise en études québécoises (avec essai) (1986)

Crédit et activités foncières: étude de trois marchands ruraux du comté de Champlain en Mauricie (1850-1950)

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Denis Goulet, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1985)

L'ostentation du corps-outil; étude sur les représentations dans le discours médico-publicitaire au début du siècle

Dir. : Rousseau, Guildo
Codir. : Gagnon, Serge

 
 

Édith Manseau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1985)

La presse du cœur: un indicateur culturel

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

Pauline Bouchard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1984)

L'apport du Manuel des parents chrétiens à la formation d'une idéologie de la femme au Québec (mythe et réalité)

Dir. : Carrier, Maurice

 
 

Maurice (décédé) Milot, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1984)

Les Forges de Drummondville 1880-1911: fin d'une industrie artisanale au Québec

Dir. : Carrier, Maurice

 
 

Benoît Gauthier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1984)

La sous-traitance et l'exploitation forestière en Mauricie 1850-1875

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Denis Guay, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1984)

Le sens de la quête initiatique dans les contes littéraires de Sylvain (Auguste Panneton)

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

François Guérard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1984)

Les notables de Trois-Rivières au dernier tiers du XIXe siècle

Dir. : Hardy, René

 
 

Simon Savard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1984)

Le théâtre à Saint-Hyacinthe de 1850 à 1900

Dir. : Tourangeau, Rémi

 
 

Claude Bellavance, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1983)

Le patronat de la grande entreprise en Mauricie 1900-1950

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Claire-Andrée Fortin, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1983)

Les travailleurs forestiers en Mauricie au XIXe siècle

Dir. : Hardy, René

 
 

Pierre Girouard, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1983)

La culture dans l'œuvre journalistique de Germaine Guèvremont

Dir. : Houde, Roland

 
 

André Miville, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1983)

L'évolution de l'agriculture dans les comtés de Champlain et Nicolet de 1900-1950

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Guy Trépanier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1983)

Économie, population et mobilité géographique en milieu rural: la paroisse Sainte-Flore en Mauricie, 1860-1901

Dir. : Hardy, René

 
 

Robert Gauthier, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Recherche sur un indicateur global des activités économiques et des mutations culturelles régionales; les greffes des notaires de Trois-Rivières (1851-1871)

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Roy, Jean

 
 

Nicholas Hancock, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Le diable dans les contes des Forges du Saint-Maurice

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

Daniel Robert, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Les préoccupations pastorales des évêques de Trois-Rivières, à travers les procès-verbaux de visites: 1852-1898

Dir. : Gagnon, Serge
Dir. : Roy, Jean

 
 

Carmen Rousseau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Les débuts de la radio abitibienne 1939-1957

Dir. : Rousseau, Guildo

 
 

Guy Toupin, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Le mythe de Santa Claus dans la presse de 1890 à 1914

Dir. : Gagnon, Serge
Codir. : Guilmette, Armand

 
 

John Willis, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Fraserville and its Témiscouata Hinterland 1874-1914: Colonization and Urbanization in a Peripheral Region of the Province of Québec

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Claude Wintgens, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1982)

Pouvoir social et encadrement religieux et moral des curés de Nicolet d'après les cahiers de prônes: 1870-1910

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

André Audet, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1981)

Pouvoir, contrôle social et vie quotidienne à Saint-Hilarion 1870-1925

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

Alain Dion, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1981)

L'industrie des pâtes et papiers en Mauricie 1887-1929

Dir. : Séguin, Normand

 
 

Jacques Beaudry, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1980)

Fragments pour une philosophie de l'écriture québécoise

Dir. : Houde, Roland

 
 

Louise Cameron, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1980)

L'anecdote militaire dans la publicité de marque 1914-1918

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

Alain Gamelin, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1980)

La Compagnie des moulins à vapeur de Pierreville, 1866-1906

Dir. : Gagnon, Serge

 
 

James Herlan, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1980)

Le Survenant de Germaine Guèvremont: une étude comparative du roman et du radio-roman

Dir. : Pagé, Pierre

 
 

Jacques Belleau, Maîtrise en études québécoises (avec mémoire) (1979)

L'industrialisation de Trois-Rivières, 1905-1925

Dir. : Séguin, Normand

 
 
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Dernière mise à jour : Mardi 5 novembre 2013 - © Tous droits réservés, Études québecoises, 2017